Fort Duquesne, fort français (Pittsburgh, Pennsylvanie)

Un fort dans la vallée de l’Ohio

Le fort Duquesne fut construit là où se rejoignent les rivières Monongahela et Allegheny pour devenir la rivière Ohio. Le fort était situé à l’emplacement de ce qui est aujourd’hui le Point State Park,  sur le territoire de la ville de Pittsburgh, Pennsylvanie. Le fort a été en usage entre 1754 et 1758.

En 1754, le gouverneur de la Nouvelle-France Michel-Ange Duquesne de Menneville donna comme mission à  Claude-Pierre Pécaudy de Contrecœur de renforcer la présence française dans la vallée de l’Ohio. C’est le 16 avril 1754 que de Contrecoeur et ses troupes délogèrent les Anglais du fort Prince George, un fort en construction, qui fut détruit. Sur le même site, les Français érigèrent un fort nommé Duquesne en l’honneur du gouverneur. Ce fort servit

de tremplin aux activités commerciales et à la consolidation des alliances militaires avec les autochtones de la région. (réf.)

Plan of fort Le Quesne built by the french at the Fork of the Ohio and Monongahela in 1754
Plan of fort Le Quesne built by the french at the Fork of the Ohio and Monongahela in 1754
Source: Bibliothèque nationale de France

Les relations entre Français et Britanniques dans la région n’étaient évidemment pas empreintes de cordialité. Par exemple, le 28 mai 1754, Joseph Coulon de Villiers de Jumonville et des soldats français furent tués sur le site de l’actuelle ville de Jumonville. Le commandant des troupes britanniques était alors un certain George Washington.  Un an plus tard, le 9  juillet 1755, le fort Duquesne  fût attaqué par les troupes du général Edward Braddock, mais les Français et leurs alliés amérindiens tinrent bon. L’armée britannique était composée de 2500 à 3000 soldats tandis que les Français et les Amérindiens étaient environ 2000. (réf.)

En 1758, les Britanniques tentèrent une fois de plus de faire tomber le fort Duquesne. Une bataille eut lieu au cours de la nuit du 14 au 15 septembre et la victoire alla aux Français. En octobre fût signé le traité d’Easton:  l’allégeance des tribus amérindiennes de la région bascule du côté des Anglais. Le dernier commandant du fort Duquesne, François-Marie Le Marchand de Lignery, décida alors d’abandonner le fort qui fut détruit aux alentours du 23 novembre pour éviter qu’il ne tombe aux mains des Anglais.
Plan du Fort Duquesne
Plan du Fort Duquesne
Source: Bibliothèque nationale de France

Voici comment l’artiste Alfred Waud a illustré l’arrivée des britanniques au fort, après le départ des français.

Fort Duquesne Pittsburgh, Pennsylvanie par Alfred Waud. Source Wikipedia.

Les britanniques occupèrent les lieux et y bâtirent le fort Pitt.

Ce qu’il reste du fort Duquesne

Briques marquant l'emplacement du Fort Duquesne au Point State Park de Pittsburgh Source: Wikipédia

Il subsiste peu de vestiges du fort. Pendant les rénovations du parc Point State en 2007, on a découvert un drain et possiblement une pierre d’un mur du fort.

Il ne semble pas y avoir eu de fouilles archéologiques intensives sur le site du fort.

Toujours au parc Point State, on a pu voir une plaque érigée le 8 mai 1969 commémorant le fort français (la plaque a été retirée en attendant sa relocalisation) et des lignes formées de briques indiquent l’emplacement du fort Duquesne. Au centre du tracé, on voit un médaillon sur lequel est gravé un plan du Fort Duquesne. Pour voir le médaillon, cliquez   ici. Il est inscrit sur ce monument la phrase suivante:

“This marks the exact site of Fort Duquesne, built by
the French in 1754. The fort was destroyed by the
French on the approach of the English Army in 1758.”

Voici, via Google maps, le site du fort Duquesne, tel qu’on peut le voir de nos jours.

En ce qui concerne la toponymie relié au fort et au gouverneur Duquesne, signalons que dans la région de Pittsburgh, il y a l’université Duquesne et le pont Fort Duquesne. Du côté littéraire, Gustave Aimard a publié en 1910 un roman intitué Fort Duquesne qui porte sur l’affaire Jumonville.

Bibliographie

Registres des Baptesmes et Sepultures qui se sont faits au Fort Duquesne pendant les années 1753, 1754, 1755, & 1756 (contient des actes du fort de la Rivière aux boeufs)

Daughters of the American Revolution,  Pittsburgh Chapter. Fort Duquesne and Fort Pitt Early names of Pittsburgh Street. The Eichbaum Press, Pittsburgh,  1899, 74 pages.

Fernand Grenier.  »PÉCAUDY DE CONTRECŒUR, CLAUDE-PIERRE ». Dictionnaire biographique du Canada, 1771-1800 (Volume IV). Adresse URL: http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?BioId=36253

Pierre-L. Côté. DUQUESNE (Du Quesne, Duqaine, Duquêne) DE MENNEVILLE, ANGE, marquis DUQUESNE.  Dictionnaire biographique du Canada, 1771-1800 (Volume IV). Adresse URL: http://www.biographi.ca/FR/009004-119.01-f.php?id_nbr=1872

C. J. Russ. LE MARCHAND DE LIGNERY, FRANÇOIS-MARIE.  Dictionnaire biographique du Canada, 1771-1800 (Volume IV). Adresse URL: http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=1485&&PHPSESSID=vzofxpjx

Wikipédia. [En ligne] Bataille de la Monongahela [Page consultée le 21 avril 2012] Adresse URL http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_Monongahela

Wikipédia [En ligne] Fort Duquesne [Page consultée le 21 avril 2012] Adresse URL: http://en.wikipedia.org/wiki/Fort_Duquesne

Wikipédia [En ligne] Treaty of Easton  [Page consultée le 21 avril 2012] Adresse URL: http://en.wikipedia.org/wiki/Treaty_of_Easton

Ronald J. Dale  [En ligne] L’Encyclopédie canadienne, Fort Duquesne [Page consultée le 21 avril 2012] Adresse URL; http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/fort-duquesne

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5 réflexions sur “Fort Duquesne, fort français (Pittsburgh, Pennsylvanie)

  1. On a aussi Charles de Langlade… relié à cette histoire.

    Monsieur Wikididi dit ça.

    En 1755, Charles Michel de Langlade est promu aspirant. Cette même année, il aurait planifié l’embuscade qui à partir de la Confédération des Trois Feux aurait permis à la victoire de Jean-Daniel Dumas contre Edouard Braddock près de Fort Duquesne (actuel Pittsburgh, Pennsylvanie) et George Washington à la Bataille de la Monongahela qui causera la panique de Charles Lawrence et qui aura comme conséquence la déportation des Acadiens. La défaite de Braddock à l’ouest, William Johnson contre Dieskau sur le Lac Georges au centre et l’attaque en Acadie par Robert Monckton à l’est arrive simultanément en 1755. C’était une triple attaque plutôt ratée par les Britanniques qui riposteront en s’en prenant aux civils acadiens.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Michel_de_Langlade

  2. Merci Pierre! Je suis en train de faire des recherches sur les forts dans ces coins-là, on y retrouve pleins de personnages intéressants. Et moi qui me dit à chaque fois, je vais me reposer en fin de semaine, et bien, je continue à faire des recherches :)

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