Parti sans laisser d’adresse [Coaticook, juillet 1891]

Début juillet 1891, on apprend que Cyrille Lamoureux, conseiller municipal de Coaticook, a quitté subitement la ville. Pourquoi?

Annonce parue dans le Coaticook Observer du 14 avril 1891

Extrait du Progrès de l’Est, 3 juillet 1891

M. Cyrille Lamoureux, de la société Quevillon & Lamoureux, marchands généraux de cette ville, a quitté subitement Coaticook pour des lieux inconnus, sans donner son adresse à ses amis mais en leur laissant, paraît-il, de lourdes obligations à rencontrer pour lui. Ce départ inattendu a pris tout le monde par surprise, car M. Lamoureux, qui était conseiller de ville, possédait l’estime et la confiance de tout le monde, et l’on  se perd en conjonctures sur les causes de cette inexplicable conduite. Son associé. M. Quévillon, à la demande des créanciers, a déposé le bilan de la société, qui comporte un passif d’environ $15,000.

Le Progrès de l’Est, 7 juillet 1891

Les victimes des fraudes de C.Lamoureux, fils, qui a lvé le pied la semaine dernière, se comptent à la douzaine.Tout ce qu’il a pu ramasser d’argent par voie d’accomodation et d’emprunts temporaires, il l’a fait, et il semble que ses amis les plus intimes soient ceux qu’il a le plus particulièrement dépouillés. Ses emprunts avant son départ varient  de $600 à 5 piastrs, et telle était la confiance que cet homme inspirait à tous que pas un n’a songé à le refuser, et que la plupart lui ont avancé des fonds de main à main, sans même exige un billet ou une reconnaissance. Maintenant que la bombe a fait explosion et qu’il est parti, on met naturellement à sa charge beaucoup de crime dont il n’est peut-être pas coupable, mais il paraît cependant évident qu’il a pratiqué la défalcation sur une assez grande échelle, et l’on assure que son dossier comporte plusieurs cas de billets et autres pièces forgés. C’est un rude coup pour la famille Lamoureux, famille respectable et universellement honorée, et l’épouse du défalcataire en  fait une maladie qui pourrait bien être fatale. Les détectives sont à ses trousses, et il est peu probable qu’il parvienne à se soustraire longtemps à leurs recherches.

Progrès de l’Est, 14 juillet 1891

Cyrille Lamoureux a été arrêté à Butte City, Montana, et est arrivé à  Sherbrooke dans la nuit du 13 par le Grand-Tronc, sous la garde du shérif, Loyd et de son député Dutton, et est logé à la prison de Sherbrooke.Il n’a fait aucune résistance et a consenti à suivre les officiers de bon gré pour venir en Canada subir son procès, sans vouloir se prévaloir d’aucune des objections qu’il aurait pu soulever contre son extradition. Trois arrestations nouvelles, sur accusations de faux, en rapport avec les transactions de Lamoureux, ont été faites ici le 13 au soir, par le grand contable Moe et ont causé un nouvel émoi facile à comprendre, vu que les accusés appartiennent tous à des familles jusqu’ici au-dessus de tout soupçon. Il y a tout lieu de croire que ces jeunes gens n’ont fait qu’assister inconsciemment Lamoureux, dans ses opérations, sans connaître la portée de l’accte qu’il leur faisait commettre. C’est une bien triste affaire, et les amis des accusés sont dans la consternation.

Le procès débute le 1er octobre 1891 (voir le Progrès de l’Est du 2 octobre) . Il a plaidé  »coupable aux sept accusations de faux portées contre lui ». Je n’ai pas trouvé la sentence qu’on lui a imposé.

Dans le recensement de 1891, on trouve Cyrille Lamoureux  ici. Et quand on google, on tombe sur ce message. On semble parler de la même personne… Les Lamoureux auraient donc déménagé dans l’état de Washington.

Billets reliés

Site web de la Société d’histoire de Coaticook

Un criminel américain capturé en Estrie [19 août 1913]

Site web de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska

La colonisation des Cantons-de-l’Est selon Benjamin Sulte (1899)

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3 réponses à Parti sans laisser d’adresse [Coaticook, juillet 1891]

  1. Pierre Lagacé dit :

    J’aime beaucoup la prose des articles…
    Comme toujours, vos articles sont du bonbon… rose.

  2. Bon matin Pierre! Des expressions comme défalcataire ne se retrouve pas souvent dans nos journaux. On en apprend tous les jours…

  3. Et j’ai hâte de voir les photos du site historique de la bataille de Châteauguay.

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