La Bataille de Châteauguay [26 octobre 1813]

Voici une lettre publiée dans la Gazette de Québec, 4 novembre 1813 et qui relate la Bataille de Châteauguay. Le Lieu historique national de la Bataille-de-la-Châteauguay commémore cet événement.

 »MONTREAL, 1er Novembre, 1813.

Mon cher Monsieur,

Photographie | Lieut. Col. Charles-Michel d'Irumberry de Salaberry, gravure photographiée en 1868 | I-30989.1

Lieut. Col. Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, gravure photographiée en 1868

 »J’arrive du Camp du Col. de Salaberry que l’on peut regarder à juste titre, comme un des premiers officiers que nous ayons. Comme je suppose que vous êtes impatiens de connoître ce qui a conduit à la bataille du 26 dernier, je tâcherai en peu de mots de vous décrire ce grand évènement dont le résultat est d’une si grande importance pour nous: aussitôt que l’on sut la nouvelle que l’ennemi étoit entré sur notre territoire, De Salaberry avec son corps de Voltigeurs qui étoit alors cantonné sur le la Rivière Chateauguay à une lieu au-dessus de l’Eglise, se porta immédiatement en avant sur la branche droite de cette Rivière, a deux lieues environ au-dessus de la fourche. Le Chef du génie ici Col. Hughes fut immédiatement ordonné d’aller sur les lieux pour y faire jetter des embarras, afin d’arrêter l’ennemi dans sa marche. Mais le génie impatient et hardi du Col de Salaberry l’avoit fait chercher hors de ses tranchées, quelqu’endroit propice où il pourroit attaquer avec succès notre ennemi. En effet deux mille en avant des tranchées, cette branche de la Rivière Chateauguay décrit un demi-cercle de sorte que l’ennemi en passant par là se trouveroit comme dans une plaine si on y fesoit un abatis, c’est ce qu’il détermina de faire sur le champ, et aussitôt des travailleurs furent ordonnés pour exécuter ce projet hardi et qui, dans sa conséquence, devoit assurer ce succès au génie qui l’avoit enfanté. En effet, l’ouvrage n’étoit pas encore entièrement fini lorsque l’ennemi avec toute sa force se détermina sérieusement de pénetrer dans cette Province, et vint attaquer les piquets qui couvroit les travailleurs. Alors de Salabery sans perdre un instant ordonna à trois compagnies, une du Canadien Fencible et deux autres des voltigeurs, d’avancer pour soutenir les piquets. Aussitôt que l’ennemi parut dans la plaine où le piège lui étoit tendu des décharges meurtrières de la part de ces compagnies qui voyoient l’ennemi et qui étoient seulement séparées de lui par cette branche de la Rivière et partie à couvert dans les broussailles portèrent l’effroi et la mort dans les rangs ennemis. En vain le General Hampton lui même s’efforçoit il de les former en bataille, tous ces efforts furent inutiles.

De Salaberry avoit ordonné aussi à une compagnie de Milice Sédentaire de traverser au côté sud de la rivière afin de prendre l’ennemi en flanc. Mais cette compagnie ne put maintenir sa position et retraita. C’est alors qu’il fut ordonné au Capt. Daly avec sa compagnie de traverser pour remplacer la compagnie de Milice Sedentaire qui venoit de retraiter; c’est là où cette compagnie s’est couvert de gloire avec le peu de Milice Sédentaire qu’il avoit mêlée avec les siens, mais ne pouvant résister au plus grand nombre il fut obligé aussi de retraiter jusqu’à l’arrivée du Capt. Juchereau avec sa compagnie, qui prennant l’ennemi en flanc le debarassa de sa situation critique avec cinq ou six décharges de mousqueterie, et decide enfin après un combat de plus de quatre heures la victoire en faveur de cette poignée de monde qui avoit combattu durant toute l’action avec la plus grande bravoure. De Sallaberry étoit sur la première ligne monté sur une souche d’où il découvroit aisément les mouvemens de l’ennemi. Les compagnies sous son commandement ont manoeuvré dans cette journée à jamais mémorable, comme dans un jour de parade. Voila en peu de mots les circonstances de cette grande bataille. Vous avez vu le reste dans l’ordre général. Le Chevalier toujours actif et toujours vigilant s’est trouvé sur les lieux et a semblé couronner le grand oeuvre qui venoit de s’opérer; sa conduite envers les Canadiens est celle d’un père envers ses enfans, et sa présence parmi eux semble leur faire oublier les maux attachés au sort de la guerre.  »

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Une réponse à La Bataille de Châteauguay [26 octobre 1813]

  1. michel bérubé dit :

    Merci Vicky,

    C’est apprécié même si certains sont un peu tannés de la publicité que les Conservateurs font à l’événement. À ma connaissance, trois Bérubé du Bas-du-Fleuve faisait partie des milices impliquées.

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