Charles Parnell à Montréal [1880]

En mars 1880, le politicien irlandais Charles Parnell fit un court séjour à Montréal.

La Patrie, 8 mars 1880

RECEPTION DE M. PARNELL – La réception faite hier soir à M. Parnell par les sociétés irlandaises de cette ville a été l’une des plus belles démonstrations dont on ait encore été témoin à Montréal.

Dès sept heures du soir une foule immense se pressait aux abords de la gare Bonaventure attendant l’arrivée du train qui ne devait avoir lieu qu’à neuf heures et demie.

Charles S. Parnell, M.P. - Irlande. C. 3 novembre 1881. Source: Library of Congress

Charles S. Parnell, M.P. – Irlande. C. 3 novembre 1881. Source: Library of Congress

MM. F. B. McNamee, J. P. Whelan et J. C. Fleming qui s’étaient rendus à Vaudreuil pour rencontrer M. Parnell revinrent sur un train qui portait ce dernier.

Au signal de l’arrivée du convoi, tous les flambeaux que portaient les membres des sociétés irlandaises furent allumés et cette multitude de lumières, dont les reflets projetés au loin ressemblaient à la lueur d’un incendie, produisit un effet magnifique. En descendant des wagons, M. Parnell faillit être écrasé par la foule qui se pressait pour le voir. On le porta plutôt qu’on ne le conduisit à un magnifique carosse orné de drapeaux et traîné par quatre chevaux blancs qui l’attendait au dehors. La procession composée de toutes les sociétés irlandaises de cette ville, au nombre de quinze, de l’association des charretiers, du club de crosse Shamrock et de treize corps de musique, tous portant des flambeaux se mit alors en marche. Une garde d’honneur à cheval entourait la voiture de M. Parnell. Le spectacle que présentait le long cordon de feu projetant une vive lueur sur tous les objects qui l’entourait était splendide.

Sur le parcours de la procession, dans le quartier Ste Anne, un grand nombre de résidences étaient illuminées. A certains endroits, de longue file de lanternes chinoises traversaient les rues.

On estime que trois mille personnes portant des flambeaux ont pris part à la procession et que les spectateurs venus pour être témoins de la démonstration étaient au nombre de vingt mille.

A mi-chemin, au coin des rues McGill et Wellington, l’enthousiasme étant à son comblole, on détacha les chevaux de la voiture de Parnell et les membres du club Shamrock y ayant attaché des cordres traînèrent le héros jusqu’au St. Lawrence Hill.

Des délégués de plusieurs villes du Canada et quelques représentants du Herald de New York occupaient des voitures précédant le carosse du patriote irlandais.

En arrivant à l’hôtel, M. Parnell fut présenté à plusieurs dames et messieurs. Une députation de Québec composée de M M. McGreevy, Sutton et autres le pria de se rendre jusqu’à Québec et il y consentit pourvu qu’on peut le ramener à Montréal par convoi spéciale le 11 courant. Après avoir poussé des hourrahs en l’honneur du défenseur de leur patrie, les sociétés irlandaises rassemblées en face de l’hôtel se dispersèrent paisiblement.

Ce matin, M. Parnell s’est occupé de sa correspondance jusqu’à midi. Il a fait ensuite une promenade en voiture au parc de la montagne. Cette après-midi il a reçu des visiteurs dans les salons du St Lawrence Hall. C’est ce soir au théâtre royal qu’il prononcera son premier discours en cette ville. MM. Dillon et Murdock qui devaient l’accompagner ont été forcés de de se rendre dans l’ouest.

La Patrie, 9 mars 1880

M. Parnell – M. Parnell a reçu hier un grand nombre de visiteurs dans les salons du St Lawrence Hall.

Au théâtre royal, le patriote irlandais a été accueilli avec enthousiasme. L’adresse lui a été présentée par l’ex maire? Beaudry, en l’absence de M. Ryan.

M. Parnell parla longuement de la tenue des terres en Irlande et dit que ce système devait être abandonné en Angleterre et en Irlande comme il l’a été dans d’autres pays. Il ajoute que l’Irlande produisait suffisament pour la consommation de ses habitants et que si la famine régnait aujourd’hui, c’est que tous les [illisible] étaient vendues pour payer l’affermage des terres. Tous les jours, dit-il, trente steamers chargés de denrées alimentaires laissent les ports d’Irlande. La famine est causée par l’avidité des spéculateurs, etc.

M. Parnell termina en demandant de prélever une souscription dans l’assistance. Quelques personnes se mirent à l’oeuvre et en peu de temps recueillirent une somme de $1100, ce qui ajouté à la recette de la soirée forme la jolie somme de $2175.

M. Parnell décida de ne pas se rendre à Québec. Il retournera sous peu en Angleterre afin de prendre part aux élections générales, qui auront lieu prochainement dans le Royaume-Uni.

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