Ceux qui conduisent vite [Montréal, 1837]

Ce n’est pas d’hier que la vitesse excessive dans les rues est un problème. Même en 1837, on s’en plaignait!

Estampe | Vue de la place du Marché et de l'église catholique, haute-ville, Québec, 1832 | M6981

Vue de la place du Marché et de l’église catholique, haute-ville, Québec, 1832 On aperçoit ici plusieurs charrettes.

La Minerve, 18 janvier 1837

Depuis quelques tems nous avons entendu beaucoup de personnes proférer des plaintes contre ceux qui se permettent de conduire les voitures au delà d’un train modéré dans les rues de Montréal. Ces plaintes ne sont malheureusement que trop bien fondées. Il est déjà résulté de graves accidens de cette manie de la part de quelques cavaliers et de ceux qui conduisent les voitures. Si ceux-ci avaient pour excuse quelque motif d’urgence pour en agir ainsi, ils seraient certainement moins blâmables, mais quelque rapidement qu’on parcourt les rues, on peut toujours éviter les accidents que l’on occasionne par là aux piétons pour peu que l’on veuille prendre garde. Cependant, chose étrange! ce sont le plus souvent ceux qui peuvent le plus s’exempter de cette ridicule et étranger pratique qui en abusent davantage. Il en est qui pour se donner en spectacle au public et étaler complaisamment le luxe de leur équipage, auraient le courage d’écraser tout ce qui se rencontre sur leur chemin.

Nous le répétons, tous les jours il arrive quelque accident de ce genre, dans Montréal, faute d’un peu de précaution chez ceux qui conduisent des voitures et des chevaux. Nous pourrions au besoin citer plusieurs personnes qui ont été tout récemment victimes d’une pareille négligence. Le Docteur Valois, de la Pointe Claire, par exemple, est dans ce moment bien malade des suites de blessures que lui a faites, lundi dernier, une voiture conduite trop rapidement. Il se trouvait alors près de la boutique de tabac de M. Papin, rue St. Paul. Au moment où il allait y entrer, il fut atteint et renversé violemment par le travail d’une carriole. Il eut une côte d’enfoncée au côté droit et reçut plusieurs contusions. La personne qui conduisait cette voiture en daigna seulement pas s’arrêter pour porter secours à celui qu’elle venait de blesser si grièvement, et qui gisait sur le trottoir, privé de l’usage de ses sens.

Il est tems, ce nous semble, de mettre ordre à ces trop fréquens abus. Il existe un règlement de police qui impose une amende à toute personne conduisant des voitures, ou des chevaux seulement, au-delà d’un train modéré. Ne serait-il pas à propos de s’en prévaloir pour mettre fin à cet ordre de chose? Nous appelons l’attention des citoyens à ce sujet.

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