Archives de Tag: Bas-Saint-Laurent

Aventures extraordinaires d’une jeune fille de Rimouski en 1918

Le Progrès du Golfe, 31 mai 1918

VOLEUSE ET VAGABONDE
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ARRESTATION ET CONDAMNATION D’UN HOMMASSE
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CINQ ANS DE BAGNE

Une jeune fille du nom d’Eugénie Côté, originaire de Ste-Angèle de Mérici, après une vie d’aventures extraordinaires, a été condamnée le 18 mai par le Magistrat Fiset à cinq ans de pénitencier pour vol avec effraction et vagabondage.

Le mandat d’arrestation avait été signé par le magistrat sur la plainte de Frédéric-Joseph Astle, hôtelier de Petit Métis, accusant l’inculpée, sous le nom de Xavier Côté, d’avoir cambriolé la villa d’été de Madame John-Thomas Molson.

Cet "Xavier Côté" incarcéré dans la prison de Rimouski était vêtu d’habits masculins et avait toutes les apparences et les allures d’un homme véritable. Ce fut Madame Edouard Therriault, la matrone chargée de la garde des prisonnières, qui découvrit la supercherie et qui, confrontée en Cour avec l’accusé encore affublé de ses habits d’homme, l’identifia comme étant une ancienne prisonnière répondant au nom d’Eugénie Côté, qui purgea naguère une sentence de cinq mois dans la prison de Rimouski.

La Demoiselle s’avoua coupable et de cambriolage et de vagabondage; le magistrat la candamna [sic] sur-le-champ à cinq ans de bagne, et le pseudo-Xavier Côté fut réintégré dans la prison en attendant son départ pour le pénitencier.

Goûtant peu la discipline et la captivité de la géôle [sic], Eugénie Côté, qui n’avait pas encore dépouillé… le vieil homme – son costume féminin n’étant pas encore confectionné – réussit samedi à esquiver ses gardiens et à s’évader de la prison. Elle vécut deux jours en liberté provisoire, courant sa chance et s’efforçant tantôt de s’enfuir et tantôt de se cacher pour se soustraire aux poursuites.

Mais son signalement aviat [sic] été donné un peu partout.

Elle fut appréhendée dans la journée du 27 à St-Simon par deux MM. Gauvin, de cette paroisse, qui réussirent à la crocheter après une course épuisante et accidentée.

MM. Gauvin, prévinrent immédiatement le shérif D’Anjou et M. Ed. Therriault, de leur importante capture. M. Therriault se rendit immédiatement à St-Simon où il reprit possession de sa pupille, et malgré ses vociférations et ses résistances, la ramena au bercail peu apprécié qu’elle avait quitté si brusquement deux jours auparavant.

Eugénie Côté a depuis lors endossé, bien à contrecoeur, le vêtement féminin, qu’on lui a fait confectionner sur commande et qu’elle s’est, dans les premiers temps, sans doute pour se distraire, amusée à mettre en lambeaux.

"Venus" – c’est le petit nom de guerre sous lequel on désigne à Rimouski cette hommasse – est donc une récidiviste, puisqu’elle fut déjà condamné en 1916 à la prison, où elle est entrée le 14 novembre et d’où elle est sortie le 22 avril. Dans l’été suivant, (l’été dernier), elle fut envoyée au "Bon Pasteur", mais elle en désertait bientôt pour reprendre sa vie vagabonde et aventurière. C’est alors qu’elle se costuma en homme et qu’elle s’engagea aux chantiers et à la "drave" où elle travailla comme un homme et avec les hommes au service de la "Chaleurs Bay Mills", jusqu’au jour où l’envie lui prit de vagabonder et de cambrioler, ce qui lui vaut aujourd’hui cinq ans de travaux forcés au pénitencier.

Serait-ce cette jeune fille (recensement du Canada, 1911)?

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L’or de la Californie: l’épopée des Rioux de Trois-Pistoles (1849-1852)

Arrestation du Dr Crippen à Pointe-au-Père, auj. Rimouski [31 juillet 1910]

La tragédie de l’Empress of Ireland, 29 mai 1914, en images

Le grand incendie de Rimouski, 6 mai 1950

Ces mystérieuses lumières à l’Ile aux Lièvres [1928]

La Patrie, 30 janvier 1928

CES LUMIÈRES A L’ILE AUX LIÈVRES
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Le "Mikula" est dirigé vers les lieux. – Des signaux mystérieux.
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QUEBEC, 30. (Du correspondant de "La Patrie".). Les lumières mystérieuses qui ont été aperçues, il y a quelques temps, près de l’ile aux Lièvres, mais qui ont semblé disparaître dans la suite, ont été revues ces jours derniers et c’est probablement ce qui a décidé les autorités fédérales à dépêcher le brise-glace Mikula sur les lieux. Le navire a quitté Québec à 7.15hrs, samedi matin pour descendre dans la direction d’où viennent les lueurs.

Vendredi après-midi des citoyens dignes de foi qui demeurent à la Rivière du Loup ont informé le Département de la Marine que des lueurs apparaissaient de temps à autre aux alentours de Notre-Dame du Portage. On a aussitôt communiqué avec Ottawa qui a ordonné d’envoyer le Mikula sur les lieux afin de découvrir la cause de ces feux d’origine inconnue, ou sinon mettre fin aux commentaires qui se font depuis plusieurs semaines à ce sujet. Le brise-glace porte deux canots qui seront employés pour transporter quelques membres de l’équipage sur la tere [sic] ferme, car sur les bords de l’île, l’eau n’atteint pas une assez bonne profondeur pour permettre à un navire de mouiller. Une fois sur les lieux, on ne sait comment on procédera aux recherches, car ceci est laissé à l’entière discrétion des officiers du navire. On croit toutefois que le capitaine Hearn va contourner son navire autour de l’île aux Lièvres, qui s’étend sur une longueur de huit milles, et qui a une largeur de 3-4 de mille. Ces recherches dureront certainement plusieurs jours, car les officiers du brise-glace ont reçu ordre de se livrer aux recherches les plus minutieuses, et de faire ensuite rapport de leurs opérations à Ottawa.

Quelles sont les conclusions de l’équipe envoyée sur place?

L’Action catholique, 31 janvier 1928

LES LUMIÈRES SUR L’ILE AUX LIÈVRES
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UNE EXPLICATION
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Samedi matin le brise-glace "Mikula" quittait Québec sur les ordres du département de la marine, pour aller éclaircir le mystère de l’île aux Lièvres. Dans l’après-midi de samedi des hommes du Mikula explorèrent l’île en tous sens sans découvrir aucun être humain.

Le capitaine John Hearn, commandant du Mikula est convaincu que les lueurs étranges qui ont été vues par des personnes dignes de foi sont l’effet d’un mirage d’hiver, d’une nature particulière, causé par la rencontre au-dessus de l’île aux Lièvres des reflets des lumières de la Rivière du Loup, sur la rive sud et de St-Siméon de Charlevoix, sur la côte nord.

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Une étrange lumière [Lac St-François, 1874]

La grande noirceur [1834]

Le torpillage du Nicoya et du Leto dans le golfe Saint-Laurent par un sous-marin ennemi [1942]

Une bombe nucléaire larguée dans le Saint-Laurent (St-André de Kamouraska, 10 novembre 1950)

Images du passé: Rivière-du-Loup

Toutes les images sélectionnées proviennent de Bibliothèque et Archives Canada

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Description de la seigneurie de Rivière-du-loup en 1815

De Québec à la Rivière-du-Loup en train [1876]

Les carillons touristiques de Rivière-du-Loup: des cloches qui ont une histoire

Visite d’Eleanor Roosevelt à Québec en 1933

Description de la seigneurie de Rivière-du-loup en 1815

Extrait de la Description topographique de la province du Canada avec des remarques sur le Haut Canada et sur les relations des deux provinces avec les Etats Unis de l’Amérique par Joseph Bouchette, publié en 1815.

RIVIERE DU LOUP (la seigneurie de), dans le comté de Cornwallis, à le St. Laurent en front, joint Granville et Lachenaye au sud-ouest, et la seigneurie de l’Ile Verte au nord-est; au fond elle est bornée par des terres en friche de la couronne; elle a près de cinq lieues de largeur sur deux de profondeur; elle fut accordée le 5 avril 1689, aux Sieurs Villerai et Lachenaye; Alexandre Fraser, Ecuyer, en est le propriétaire actuel. L’aspect général de cette seigneurie est inégale et montagneux, mais elle contient quelques vastes pièces de bonne terre labourable et de très belles prairies; elles sont divisées en plusieurs rangées de concessions, qui protent les noms de St. André Rivière du Loup, de St. Patrice Rivière du Loup, de Fraserville, Nouvelle Ecosse, St. George ou Cacona, St. André et St. Jacques: la première, une grande partie de la seconde, et un peu de la troisième, sont dans un très-bon état de culture et bien habités. Toute la seigneurie est abondamment boisée de hêtre, d’érable, de bouleau, et d’une grande quantité de pin.

Vue du pont de la Rivière-du-Loup.
Vue du pont de la Rivière-du-Loup par James Peachey v. 1785. Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, no d’acc 1970-188-2142 Collection de Canadiana W.H. Coverdale

Elle est arrosée par de petits courans d’eau, mais le principal est la Rivière du Loup, qui prend sa source dans les montagnes, coule à peu près dans la direction du nord, et tombe dans le St. Laurent; les rivages des deux côtés sont élevés jusqu’à peu près trois quarts de mille de son embouchure, où ils deviennent bas et plats; des vaisseaux de 25 tonneaux peuvent la remonter jusqu’au pont, à la distance d’un peu plus d’un mille. La maison de Fraser, résidence du propriétaire de la seigneurie, est située au nord de l’entrée de la rivière. La grande route passe tout près de l’église St. Patrice, où elle fait un détour auprès d’une éminence, jusqu’au pont sur la Rivière du Loup, après quoi elle redescend sur le bord du St. Laurent, où elle continue son cours dans tout le reste de la concession.

Le long de cette route, il y a plusieurs rangées de champs bien cultivés, qui produisent des récoltes abondantes de toute sorte de grains, de nombreuses fermes avec de grands et solides bâtimens extérieurs, outre un grand nombre de maisons de particuliers. Dans toute cette vaste propriété il n’y a qu’une église; cependant dans la concession de St. Georges, près de Cacona, il y a une chapelle pour ceux que la distance prive d’aller régulièrement à l’église. Cacona forme une presque île, étant séparé de la terre ferme par un petit marais qui dans le printemps offre toujours un pâturage très fertile: sur la pointe de Cacona il y a plusieurs habitans. A environ quatre mille trois quarts de la Rivière des Caps commence le portage de Timiscouata, et comme c’est la seule route par terre de Quebec à Halifax, pendant une distance de 627 milles, elle est très-importante, et peut-être sera-t-on bien aise d’en avoir une description particulière. Elle fut ouverte pour la première fois en 1783, par le Général Haldimand, alors gouverneur, mais bien des personnes la considèrent alors si pleine d’obstacles et de difficultés qu’il serait impraticable d’y établir un passage régulier; cependant la persévérance, jointe aux attentions qu’on y a données de temps en temps, a clairement démontré le contraire, et elle forme à présent une communication susceptible à la vérité de très-grandes améliorations, mais qui est ouverte toute l’année, et par où passe toujours la malle d’Angleterre, quand elle a débarqué par le paquebot à Halifax.

Lisez la suite ici (cliquez).

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De Québec à la Rivière-du-Loup en train [1876]

Collision [Intercolonial, entre le Bic et Rimouski, mars 1889]

L’or de la Californie: l’épopée des Rioux de Trois-Pistoles (1849-1852)

La légende de la montagne à Fournier (Matapédia, 6 juin 1831)

Le rapatriement [1875]

Le 23 février 1875 est voté par le gouvernement de Charles-Eugène Boucher de Boucherville l"Acte pour encourager les Canadiens des Etats-Unis, les immigrants européens et les habitants de la Province à se fixer sur les terres incultes de la Couronne». Un an plus tard, Le Canadien fait le bilan.

Le Canadien, 11 mai 1876

REPATRIEMENT

La politique du repatriement a fait merveille, et le gouvernement qui l’a inaugurée aura droit à une bonne page dans l’histoire du Canada. Les efforts tentés pour diriger ici l’émigration européenne ont coûté des sommes considérables et n’ont rien produit de fort appréciable. Il faudrait donc en finir tout-à-fait avec cette politique. Il y a sans doute de braves gens, des ouvriers et des industriels honnêtes qui nous viennent de l’Europe. Mais il y a danger que la Commune et la libre-pensée nous envoient de très mauvais sujets. Notre opinion est formée sur ce point, et pour un, nous conseillons au gouvernement de ne plus dépenser un centin pour l’émigration européenne.

Appliquons au repatriement toutes les ressources dont nous pouvons disposer et nous arriverons à des résultats bien autrement satisfaisants.

La première colonie de repatriement a produit des merveilles, l’expression n’est pas exagérée. Il y a un an, les townships de Ditton, Chesham et Hamberton n’étaient pas habités par plus de quatre-vingt familles. A cette heure la population s’élève à trois milles âmes! Ne sont-ce pas là des résultats magnifiques?

Nous espérons que le gouvernement continuera avec activité et énergie ce mouvement de repatriement.

Les bases d’une autre colonie seront jetées ce printemps dans le comté de Témiscouata. Nous comptons sur une politique large de la part du cabinet De Boucherville.

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La colonisation de l’île d’Anticosti réussira-t-elle? [1878]

Projet d’une colonie belge dans le Canton de Langevin [1871]

Faut-il permettre aux Doukhobors de s’établir au Lac-Saint-Jean? [1890]

Des nouvelles d’une paroisse de colonisation: Saint-Zacharie de Metgermette [1881]
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Collision [Intercolonial, entre le Bic et Rimouski, mars 1889]

Extrait du Courrier de Fraserville (Rivière-du-Loup) 21 mars 1889

COLLISION

Une terrible collision a eu lieu mardi dernier, sur l’Intercolonial, entre le Bic et Rimouski. L’express d’Halifax, avec une vitesse de quarante miles à l’heure, est venue à la rencontre d’un train de marchandises qui courait trente à trente cinq milles.

La rencontre s’est faite dans une courbe de la voie, ce qui a empêché les deux trains de se voir.

Les deux engins ont été mis en pièces. Mais les chars n’ont pas éprouvé de grands dommages, sauf deux ou trois chars du convoi de marchandises qui ont été renversés de fond en comble.

Les morts sont au nombre de quatre.

Ce sont: Whitney, l’ingénieur de l’express, qui a eu le crâne complètement emportée à partir de la hauteur des yeux. Il est resté assis sur son siège.

Cet ingénieur résidait ici et était le fils unique de M. Whitney, principal mécanicien des usines de l’Intercolonial à Moncton.

On dit qu’il devait se marier sous peu avec une jeune fille de Fraserville.

son corps a été transporté à Moncton hier.

Fohy, chauffeur sur l’express, a littéralement été écrasé.

Il demeurait ici avec sa mère et un frère, aussi emploué sur l’Intercolonial.

Horace Michaud, conducteur de convoir de marchandises.

Il était dans l’engin de ce convoi lors de l’accident.

Arthur Levesque, chauffeur de ce train.

Ces trois derniers demeuraient à Fraserville. Le conducteur Michaud est marié et laisse une épouse et un enfant. Levesque et Fohy ne sont pas mariés.

Leurs corps sont arrivés hier sur un train spécial.

Parmi les blessés, on compte Alfred Jolivet, ingénieur du train de marchandises. Levesque, serre-freins sur le même train. Leurs blessures sont graves quoique non mortelles.

Jolivet a eu le crâne défoncé en arrière de la tête et l’oeil gauche sorti de l’orbite.

Levesque a une jambe et un bras cassés avec des contusions internes.

Photographie | Pont du chemin de fer Intercolonial à Rimouski, QC, 1875 | MP-0000.1828.16
Pont du chemin de fer Intercolonial à Rimouski, QC, 1875

Il n’y a pas de blessés parmi les passagers sur l’express.

On dit même que le choc ne s’y est pas fait beaucoup sentir. Cela est dû au sang froid et à l’énergie du malheureux Whitney qui réussit à faire jouer les freins air brakes dans le court instant (une couple de secondes) qui s’est écoulé entre la vue du tram qui venait à sa rencontre et la collision.

Aussi au fait que la rencontre a eu lieu dans une courbe, ce qui a eu pour effet de faire dévier la force de la pesanteur des deux trains et d’amortir le choc.

C’est la plus terrible collision qui se soit vue sur l’Intercolonial depuis l’ouverture de ce chemin.

Cette catastrophe n’est dûe à la faute d’aucun ancien employé.

Mais on nous dit que le pauvre conducteur Michaud a montré un peu de négligence. Si cela est vrai il en a été bien cruellement puni.

Voici d’après les dernières nouvelles la véritable cause de ce triste accident.

Il est laissé à la discrétion des conducteurs de partir d’une station pour aller rencontrer un train régulier à une station voisine pourvu qu’ils aient le temps nécessaire de se rendre à cette station, avec en plus une avance de 15 minutes. Une fois rendu au Bic le conducteur Michaud avait cinquante cinq minutes pour rencontrer l’express à Rimouski, ce qui lui donnait 35 minutes pour franchir la distance entre les deux places et au delà de 15 minutes pour se mettre sur la voie d’évitement à Rimouski. C’était suffisant, et le conducteur Michaud donna ordre de partir du Bic.En chemin la neige ralenti sa marche considérablement et rendu un peu plus bas que le Sacré Coeur, il ne lui restait plus que cinq minutes pour se rendre à Rimouski avant l’Express d’Halifax.

Alors, au lieu d’arrêter son convoi et de faire porter des signaux en avant pour avertir l’express- ce qui aurait été plus prudent – se fiant sur le retard problématique de ce dernier train, il fit forcer la vapeur pour le devancer à Rimouski.

Malheureusement, l’express était à temps, elle repartir de Rimouski avant que le convoi de Michaud n’y fut arrivé et le rencontra en chemin.

De là la collision, les nombreuses pertes de vies, et les dégâts considérables que nous avons la douleur d’enregistrer.

Puisse cette catastrophe servir d’exemple pour longtemps.

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Basculer dans le vide [Beloeil, 29 juin 1864]

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Arrestation du Dr Crippen à Pointe-au-Père, auj. Rimouski [31 juillet 1910]

Une bombe nucléaire larguée dans le Saint-Laurent (St-André de Kamouraska, 10 novembre 1950)

En ligne! Le Progrès du Golfe 1904-1970 Journal du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie

L’explosion d’Halifax, Nouvelle-Écosse, 6 décembre 1917

La légende de la montagne à Fournier (Matapédia, 6 juin 1831)

Extrait de la Complainte de Fournier

Jeunes gens, vous croyez peut-être

Que la mort est éloignée;

Comme vous, je croyais être 

Sur la terre, bien des années.

Trompé comme beaucoup d’autres,

Croyant toujours me sauver

Vous apprendrez par les autres

Que je viens de me noyer.

Source: Notes historiques sur la Vallée de la Matapédia par Joseph-Désiré Michaud, 1922, p. 50.

Le chemin Kempt et Frédéric Fournier

Coucher de soleil sur la rivière Matapédia, face au terrain de camping d'Amqui © Jean-Paul Quimper, Le monde en images, CCDMD.

La Complainte de Fournier est inspirée d’un événement tragique, survenu il y a bien longtemps, dans la région de la Matapédia. Le Fournier de la complainte s’appelait Frédéric Fournier. Il était un arpenteur âgé de 22 ans, natif de Saint-Jean-Port-Joli. Il était l’une des personnes chargées de planifier le tracé du chemin Kempt et d’en surveiller la construction. Le chemin Kempt a été «le premier chemin terrestre qui liait toute la région du fleuve St-Laurent aux Provinces Maritimes» (réf). On avait entrepris les travaux l’année précédente. Il était prévu en 1831 de continuer le tronçon partant du Lac Matapédia jusqu’à Ristigouche.

Fin mai 1831, Frédéric Fournier et ses compagnons de voyage se rendirent au Lac Matapédia. Des Micmacs devaient les approvisionner en vivres. Or, on les attendit en vain. Devant impérativement se rendre à Restigouche, les hommes construisirent un radeau pour traverser le lac et la rivière Matapédia.

Tout alla bien jusqu’au «Ruisseau sauvage», qui coule à mi-distance à peu près, entre Amqui et Lac-Au-Saumon. Mais à cet endroit, le cours de la rivière est très rapide, surtout dans les grandes eaux du printemps. Les liens qui retenaient les pièces du radeau construit à la hâte durent se rompre, ou bien l’embarcation elle-même chavira dans les rapides. Toujours est-il que les quatre malheureux plongèrent dans les flots. Trois d’entre eux furent assez heureux pour se cramponner aux branches du rivage et se sauver de la mort.

Source: Joseph-Désiré Michaud Notes historiques sur la Vallée de la Matapédia, p. 49

Et le quatrième passager du radeau, Frédéric Fournier, fut emporté par les flots. C’était le 6 juin 1831.

Fournier retrouvé

Quelques mois plus tard, des Amérindiens trouvèrent le cadavre de Frédéric Fournier dans la rivière Matapédia, près d’une montagne. Il portait une bague avec les inscriptions F. F. ce qui permit de l’identifier. Ne pouvant lui enlever cette bague, on lui aurait coupé la main que l’on l’aurait amenée au curé de Rimouski, Thomas-Ferruce Picquart dit Destroismaisons. En attendant que la famille du défunt vienne réclamer sa dépouille, on enterra Fournier près de l’endroit où on l’avait découvert.

Or, la famille Fournier ne réussit pas à rapatrier le corps à Saint-Jean-Port-Joli. Ce qui donna lieu à une légende peut-être vraie, qui sait?.

Quelques années plus tard, quand la route du chemin Kempt fut terminée, les parents du jeune arpenteur seraient venus exhumer son corps de sa première sépulture et auraient tenté de la transporter dans le cimetière de sa paroisse natale. Le cadavre retiré de sa fosse, fut placé dans une voiture attelée de deux chevaux. Quand il fut temps de partir, on commande les bêtes, mais elles refusèrent d’obéir. On eut beau les fouetter, les fouetter encore, elles ne voulurent pas avancer d’un seul pas… On comprit, dit la légende, que la montagne à Fournier avait adopté le pauvre jeune homme et qu’elle ne voulait plus le laisser aller… On tenta cependant une autre expérience. Le cadavre fut placé dans un canot conduit par deux Indiens, qui essayèrent de remonter le cours de la rivière Matapédia. Mais les deux Indiens eurent beau faire ployer leurs avirons sous le poids de leur corps, le canot refusa d’avancer… On n’insista pas davantage et l’on remit le cadavre dans la fosse.

Source: Joseph-Désiré Michaud Notes historiques sur la Vallée de la Matapédia, p. 54

La montagne près d’où repose Frédéric Fournier fut donc appelée la Montagne à Fournier pour commémorer son souvenir.

On dit aussi qu’en 1864, un des frères de Fournier aurait voulu ramener la dépouille, mais comme il ne restait que quelques ossements, on aurait décidé de le laisser sur place et d’ériger un enclos et une croix pour marquer l’endroit. On y trouve de nos jours une croix et une plaque récente (voir la photo à la fin de l’article suivant) où il est inscrit

Ci-gît Frédéric Fournier
arpenteur et lieutenant, (D. Z. M.?)
Noyé le 6 juin  1831
âgé de 22 ans

La légende et la complainte

Cet événement tragique a donné lieu à la légende de la Montagne à Fournier dont vous pouvez lire une version ici (sélectionnez légendes, puis La montagne à Fournier).

Autre version de la légende de la montagne à Fournier , écrite par Ernest Bilodeau et publiée dans Un Canadien errant, édition de 1915.

Texte complet de la Complainte à Fournier.

Bibliographie
La légende de la montagne à Fournier.  [Page consultée  le 5 septembre 2011] Adresse URL

Municipalité de Ristigouche Sud-Est. [En ligne] Histoire du Chemin Kempt [Page consultée  le 5 septembre 2011] Adresse URL: http://www.ristigouchesudest.ca/fr-ch-kempt.html

Pierre-Georges Roy, Les petites choses de notre histoire. Septième série, Lévis: [s.n.], 1919, 301 pages. Adresse URL: http://www.ourroots.ca/f/page.aspx?id=691808

Joseph-Désiré Michaud,  Notes historiques sur la Vallée de la Matapédia, Val-Brillant, Québec: La Voix du Lac, 1922, 241 pages. Adresse URL:  http://www.ourroots.ca/f/page.aspx?id=4035338

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Catégorie Patrimoine bâti, religieux et immatériel (légendes)

Les Sombres légendes de la terre

Les régions du Québec: une histoire d’appartenance

La vente des âmes, une tradition à l’Isle-aux-Grues depuis le 19e siècle

11. Luc Lacourcière: recueillir et transmettre le patrimoine populaire

Pierre-Georges Roy, la passion des archives du Québec (1870-1953)

Inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel (IREPI) de l’Université Laval

Villages disparus du Québec (deuxième partie)

Ce billet a pour but de présenter quelques villages québécois disparus. Nous expliquerons brièvement ce qui a mené à leur disparition et ce qui en subsiste aujourd’hui.

Première partie de ce billet

Les opérations Dignité 1970-1972, Bas-Saint-Laurent et Gaspésie

Au début des années 1960, l’Est du Québec, une région relativement défavorisée, est sous la loupe du Bureau d’aménagement de l’Est du Québec (BAEQ), un organisme qui regroupe de nombreux spécialistes désireux de scruter et d’améliorer l’économie de la région. L’une de leurs propositions consiste à fermer carrément certains villages que l’on considère sous-développés et d’inciter leur population à s’établir dans des HLM des centres urbains comme Matane et Rimouski. (Ref.)

96 villages et communautés non organisés du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie étaient menacés d’être rayés de la carte. 64 400 personnes devaient être déplacées. (Réf).

Comment en est-on arrivé là?

Ces régions étaient en décroissance. Il y avait exode de la population. Les lots étaient souvent impropres à l’agriculture ou bien leur rendement était insuffisant pour vivre décemment.  L’accès à l’éducation et aux services de santé était difficile. Les ressources forestières étaient épuisées et les emplois se faisaient rares.

Trois curés, soit Jean-Marc Gendron (Esprit-Saint), Charles Banville (Sainte-Paule) et Gilles Roy (Les Méchins) organisèrent la résistance. Ce mouvement s’appela les Opérations dignités et il y eu trois phases.

  • Opérations Dignité I à Sainte-Paule en 1970
  • Opérations Dignité II à Esprit-Saint en 1971
  • Opérations Dignité III à Les Méchins en 1972

Des villages furent quand même fermés.  Disparurent donc:

  • Saint-Paulin Dalibaire
  • Saint-Nil
  • Saint-Thomas de Cherbourg
  • Saint-Jean de Brébeuf
  • Sacré-Cœur des Landes
  • Saint-Octave-de-l’Avenir
  • Saint-Louis-de-Gonzague
  • Rang IV-Les Méchins
  • Sainte-Bernadette-de-Pellegrin
  • Saint-Charles-Garnier-de-Pabos-Nord
  • Saint-Edmond-de-Pabos
  • Saint-Gabriel-de-Rameau

Cet épisode traumatisant de l’histoire de l’est du Québec n’a pas sombré dans l’oubli. Par exemple, la Société de généalogie et d’histoire de Matane a recueilli les témoignages des délocalisés. L’historien gaspésien Jean-Marie Thibeault et la MRC du Rocher-Percé ont aussi un projet pour recueillir de la documentation sur les villages disparus. En 2009 a été ouvert le Centre de mise en valeur des Opérations Dignité situé à Esprit-Saint.

Sur cette carte de 1954 de la pointe de la Gaspésie, on voit certains des villages qui ont été délocalisés comme Saint-Paulin Dalibaire et Saint-Octave-de-lAvenir

Bibliographie

Témoignage d’un délocalisé (revue Histoire Québec, vol. 1. No.1. Juin 1995)

Site internet consacré à l’histoire de Saint-Nil: http://www3.sympatico.ca/gaetan_bernier/Saint-Nil/Cantons.Tessier.St-Denis/index.htm

Cinéma

C’est nous, c’est chez nous, réalisé par Marcel Carrière (1972)

Les smattes, réalité par Jean-Claude Labrecque, 1972. (extrait)

Le Grand Dérangement de Saint-Paulin Dallibaire, réalisé par Jean-Claude  Labrecque (2004)

Bibliographie

HARDY, Thérèse. Mémoires d’une délocalisée. Éditions Parti Pris, Montréal, 1975, 90 pages.

UQAR info. L’UQAR contribue à un centre d’archives sur la ruralité, Page consultée le 21 avril 2011.

Gilles Boileau, Réflexion sur les villages du Québec, revue Histoire Québec, Janvier 1999, vol. 4. no 2.

Le magazine Gaspésie a consacré un numéro spéciale aux Opérations Dignité en 2010.

Saint-Ignace-du-Lac, Lanaudière

Voici où était situé Saint-Ignace

Saint-Ignace-du-Lac fut fondé en 1904. Les colons y menaient une vie tranquille et travaillaient d’arrache-pied pour leur subsistance. Cela dura jusqu’en 1931:

À la même période, des compagnies de pâtes et papiers de la Mauricie réclamaient de plus en plus de l’énergie hydroélectrique. La Shawinigan Water & Power Company projeta donc de construire des réservoirs artificiels, afin de stabiliser les eaux des rivières Saint-Maurice et Matawin. (Réf)

On construisit un barrage pour créer le réservoir Taureau. Le village de Saint-Ignace fut donc englouti. Quelques vestiges, au fond de l’eau, témoignent de son existence.

Bibliographie

Grand Québec, Saint-Ignace, le rêve inondé, site consulté le 21 avril 2011.

Histoires oubliées, Saint-Ignace-du-Lac, site consulté le 21 avril 2011.

Gagnon, Côte-Nord

La ville de Gagnon fut fondée en 1960. C’était une ville minière qui se développa grâce à l’extraction du fer par la Quebec-Cartier Mining. La ville ferma en 1984 suite à la baisse du prix du minerai de fer. On rasa presque toute la ville.

De nos jours, il ne reste que des vestiges de la ville de Gagnon, soit deux silos d’entreposage du minerai de fer et quelques espaces ouverts d’extraction. (réf.)

Voici à quoi ressemblait Gagnon en 1962-1963.

Bibliographie

GrandQuébec. Gagnon, Page consultée le 21 avril  2011.

Archives de Radio-Canada. Il y a trois reportages sur Gagnon, dont celui-ci.

Vous pouvez voir Gagnon, le film documentaire, tourné en 2008, réalisé par Christian Sénéchal et Hélène Brown,  sur le site Parole citoyenne.

En 2007, on a aussi même fermé le village de Aylmer Sound, sur la Côte-Nord.

Conclusion

Les considérations économiques et des catastrophes ont fait disparaître des villages au Québec. Les gens sont partis, de leur plein gré ou pas, pour survivre. Heureusement, ces dernières années, on a redécouvert l’histoire de certains de ces villages. Des sites se sont vu attribuer un statut par le gouvernement du Québec, reconnaissant ainsi leur valeur historique. D’autres ont été mis en valeur et sont devenus des sites touristiques. Des documentaires ont été tournés et des articles écrits. N’oublions pas ces villes et villages.

Billets reliés

Première partie de ce billet

Les villes fantômes

Le phare de Métis a 100 ans

Les chroniques d’histoire locale et régionale dans les journaux québécois

Archives audiovisuelles en ligne: la collection Mémoires vives [Est du Québec]

Archives audiovisuelles en ligne: la collection Mémoires vives [Est du Québec]

Mémoires vives est un projet de l’organisme Paraloeil de Rimouski visant à sauvegarder et à faire connaître le patrimoine audiovisuel de l’est du  Québec.

La première étape du projet était d’amasser des  films amateurs tournés en Côte-nord, Gaspésie-Ile-de-la-Madeleine et au Bas-Saint-Laurent. Ces films, souvent tournés dans des formats qui ne sont plus utilisés de nos jours, ont ensuite été numérisés. Ils sont maintenant en ligne à cette adresse:  http://www.paraloeil.com/memoires-vives/

Vous y verrez entre autres des images du

L’or de la Californie: l’épopée des Rioux de Trois-Pistoles (1849-1852)

Tout d’abord, je tiens à remercier Pierre Lavallée, Hélène Côté Gagné et Martine Côté pour m’avoir fait découvrir l’histoire de Séverin et de Martial Rioux et pour m’avoir fournit plusieurs informations, ainsi qu’une retranscription du journal des Rioux.

Contexte

24 janvier 1848, Sutter Mill’s, Californie. Le charpentier James Wilson Marshall, employé du prospère commerçant John Sutter, découvre une pépite d’or. Cette découverte est ébruitée par le New York Herald (19 août 1848) puis officialisée par le président américain James Knox Polk le 5 décembre suivant. C’est le début de la ruée vers l’or en Californie. Elle durera jusqu’en 1854.

Les nouvelles voyagent vite. Plusieurs décident de tout quitter pour atteindre l’eldorado et devenir riches.  Parmi ces aventuriers, on retrouve trois jeunes gens de Trois-Pistoles.


Il s’agit de:

Philippe Renouf, né le 14 novembre 1828 à Trois-Pistoles, fils de Philippe et de Charlotte Fournier.

Martial Rioux né le 20  mars 1818 à Trois-Pistoles, fils de Jean-Baptiste Rioux et de Séraphine Michaud.

Séverin Rioux, frère du précédent, né le 13 mars 1825 à Trois-Pistoles. Notez que leur mère, Séraphine Michaud,  est décédée le 14 mars 1825, âgée de 33 ans.

(Référence: registre des actes de la paroisse de Notre-Dame-des-Neiges, Trois-Pistoles)

Martial et Séverin ont laissé un récit de leur épopée en Californie qui a été publié entre autres dans la revue L’Estuaire Volume IV, no 2 (no 11) juin 1977.

Le voyage

Les trois jeunes pistolois sont partis en octobre 1849. Ils passent par Québec, Montréal, puis arrivent à New York. Près de la rivière Mississippi ils sont engagé pour faire de la mélasse où ils ont l’occasion de voir des esclaves. Au cours de l’hiver 1849-1850, ils travaillent sur un bateau à vapeur. Ils débarquent à Saint-Louis, Missouri.

Les frères Rioux font alors les derniers préparatifs pour la destination finale de leur périple: la Californie. Ils partent sans Philippe Renouf, "car il trouvait le voyage trop dangereux", mais avec deux nouveaux associés (non-nommés dans le texte). Ensemble, ils gagnent Saint-Joseph, Missouri où ils achètent l’équipement manquant: deux boeufs, des vaches, deux poêles, des victuailles et des fusils.

Ils traversent ensuite le Kansas, le Nebraska et le Colorado. Les rivières et les montagnes se succèdent. Vers le 17 juin 1850, les frères Rioux traversent la rivière Platte. Ils se sont séparés de leurs deux associés, qualifiés de "pas assez raisonnable et pas assez ménagés [sic]".

Le 25 juin, ils arrivent à la fameuse Piste de l’Oregon.

Carte extraite de The Ox Team or the Old Oregon Trail 1852-1906 par Ezra Meeker. Source: Wikipédia

Ils poursuivent leur route en Utah. Le 16 juillet 1850, ils arrivent à Fort Hall, Idaho.

Cette carte permet de voir l'emplacement du Fort Hall, mentionnés dans le journal des frères Rioux
Cette carte permet de voir l’emplacement du Fort Hall (Idaho), de la rivière Port Neuf et de la rivière du Serpent mentionnés par les frères Rioux dans leur journal. Tiré de Exploration du territoire de l’Orégon, des Californies et de la mer Vermeille exécutée pendant les années 1840, 1841 et 1842 par M. Duflot de Mofras, publié en 1846

Les frères notent:

nous avons vu un petit cimetière. Il y avait une grande croix de plantée et nous lui avons demandé qui avait marqué ce cimetière. Il nous a répondu que c’était Mgr Demers qui avait passé par là [...] p.15

Les points de repères indiqués dans leur journal sont la plupart du temps les rivières qu’ils longent. Plusieurs noms sont francophones (rivière Plate, rivière Marie, rivière Port Neuf, etc) ce qui ne facilitent pas leur identification. Après Fort Hall, les frères Rioux semblent avoir emprunté la California Trail.

Plusieurs dangers se dressent sur leur route: les couleuvres, les Amérindiens hostiles, la faim, la soif, la maladie, les animaux sauvages, la nature, etc, .

Caricature: l’attirail du chercheur d’or New York : Publié par N. Currier, entre 1835 et 1856 Source: Library of Congress
Caricature: l’attirail du chercheur d’or New York : Publié par N. Currier, entre 1835 et 1856 Source: Library of Congress

Le 24 août 1850, ils traversent les montagnes Rocheuses. Trois jours plus tard, ils arrivent en Californie dans un village au nom très accueillant, Pendu (Hang Town) nommée ainsi parce qu’on y pendait les criminels.

Tiré de Exploration du territoire de l’Orégon, des Californies et de la mer Vermeille exécutée pendant les années 1840, 1841 et 1842 par M. Duflot de Mofras, publié en 1846

Martial et Séverin travaillent aux mines du Nord pendant l’automne et  l’hiver 1850-1851. Les conditions de travail sont difficiles et les accidents sont nombreux.

Il arrive des grands accidents car souvent la terre abîme sur eux. Il y en a qui sont écrasés, d’autres qui ont des jambes de cassées par les roches qui se trouvent mêlées avec la terre. Les trous que l’on fait sont très dangereux pour les passants. Quand il fait noir ils tombent dans les trous, cela arrive assez souvent. Moi-même j’ai aidé à en sortir deux qui étaient tombés en revenant de veiller.

Au printemps, Séverin part pour les mines du sud de la Californie tandis que son frère continue son travail dans le nord.

Sacramento, Californie, 1849 par George Victor Cooper. Source: Wikipedia. Les frères Rioux séjournent à deux reprises à Sacramento.

La violence est omniprésente en Californie.  Par exemple, en 1849, une jeune espagnole, Juanita , surnommée Pretty Juanita, est pendue pour avoir  poignardé un jeune britannique. Martial mentionne cette histoire dans son journal.

Après 15 mois en Californie, Martial décide de retourner chez lui. Il a amassé un bon pécule: 1600,00$ Avant de partir, il donne sa tente à un dénommé Olivier Tibodeau. Il se rend à Sacramento, puis à San Francisco. De là, il embarque dans un bateau à destination de Panama. Il continue sa route à pied puis prend le bateau qui le mène à Chagrèse, golfe du Mexique. Il se rend ensuite en bateau à San Juan de Guatemala, puis à la Havane, Cuba où il arrive le 1er janvier 1852. De là, il prend le bateau pour la Nouvelle-Orléans. Dans cette ville, il loge chez un nommé Paquet.

Ensuite, il se rend à Cincinnati, Ohio. Il continue sa route à Buffalo, puis à Schenectady, Albany, Saint-Jean, Montréal, Québec et finalement, Trois-Pistoles. On ignore la date précise du retour de Martial. Peut-être à l’hiver 1852. Séverin est revenu lui aussi, probablement peu de temps après.

Ce qu’ils sont devenus

Philippe Renouf: Un Philippe Renouf né en 1828 et habitant cette paroisse apparait dans le recensement de 1851. Je n’ai pas trouvé d’actes de décès ou de mariage, c’est à suivre.

Séverin Rioux s’est marié le 29 août 1853 à Rivière-du-Loup avec Démerise Morin. Il est décédé le 2 septembre 1908

Martial Rioux s’est marié le 4 avril 1853 à Saint-André de Kamouraska avec Henriette Soucy. Il est décédé le 29 avril 1883.

Bibliographie

Wikipédia. [en ligne] Ruée vers l’or en Californie [Page consultée le 26 novembre 2010] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ru%C3%A9e_vers_l’or_en_Californie

En complément

Van Halen Gold Rush Journey (en anglais)

Voyage en Californie et dans l’Orégon par M. De Saint-Amant, publié en 1854

Billets reliés
La ruée vers l’or: le Klondike

Une bombe nucléaire larguée dans le Saint-Laurent (St-André de Kamouraska, 10 novembre 1950)

La maison hantée de Trois-Pistoles

La légende du cheval noir de Trois-Pistoles

Une bombe nucléaire larguée dans le Saint-Laurent (St-André de Kamouraska, 10 novembre 1950)

Une forte explosion causée, croit-on, par une charge d’explosifs qu’un bombardier de l’armée américaine a laissé tomber dans le fleuve  St-Laurent, a secoué la région de la Rivière-du-Loup, vendredi, après-midi, le 10 novembre. [...]

L’explosion fut accompagnée d’une lueur fulgurante et d’épais nuages de fumée noire et blanche.  Elle se produisit près du village de Saint-André de Kamouraska, à quelques milles à l’ouest de Rivière-du-Loup.

Extrait du Progrès du Golfe, 17 novembre 1950, p. 3


En ce 10 novembre 1950, un B50 de l’armée américaine en provenance de la base de Goose Bay, Labrador, survole le Saint-Laurent. Sa destination est Tulsa, en Arizona. Mais des problèmes de moteurs surviennent. Puis une explosion.

Plusieurs personnes de la région sont témoins de l’incident. L’événement est rapporté dans les médias. Or, cette ‘version officielle" s’avère incomplète.  Si vous lisez l’article publié dans Progrès du Golfe, 17 novembre 1950, p. 3, on mentionne que la destination de l’avion en question est Presqu’île, au Maine. Il s’agit plutôt de Tulsa, en Arizona.

Ensuite, toujours selon cet article, ce sont des explosifs qui ont été largués dans le fleuve. Il s’agit plutôt d’une bombe nucléaire contenant 45 kilogrammes d’uranium. Le largage de la bombe

a causé une contamination radioactive de faible intensité après l’explosion de la charge. (réf)

Pourquoi la bombe n’a-t-elle pas fait plus de dégâts?

La charge nucléaire (l’uranium dans ce cas) et la charge d’ignition (explosif conventionnel) sont transportées séparément, et c’est au moment de l’attaque que l’équipage doit procéder au montage de la bombe. (réf)

Il faut rappeler que cet événement a lieu au début de la Guerre froide. Les autorités américaines, pour pouvoir intervenir efficacement contre l’URSS, avaient demandé au premier ministre Louis S. Saint-Laurent de pouvoir transférer 11 bombes à Goose Bay, Labrador, à partir du 28 août 1950.

Ainsi, il y a 60 ans, une bombe nucléaire Mark 4 fut larguée -par erreur- dans le Saint-Laurent. On est passé près de la catastrophe.

Bibliographie

Explosion dans le fleuve près de St-André de Kamouraskà, à quelques milles de Rivières-du-Loup, Progrès du Golfe, 17 novembre 1950, p. 3

Chronique La page d’histoire, Emission Info-Réveil (Radio-Canada Rimouski) 10 novembre 2010. Journaliste Richard Saindon. Cliquez ici pour écouter

Saint-André de Kamouraska contre le nucléaire (Radio-Canada, 10 novembre 2010). Adresse

Grand Quebec [en ligne] Bombe atomique [Page consultée le 11 novembre 2010] Adresse

Billets reliés

Le grand incendie de Rimouski, 6 mai 1950

En ligne! Le Progrès du Golfe 1904-1970 Journal du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie

La tragédie de l’Empress of Ireland, 29 mai 1914, d’après les journaux de l’époque

Le Métis maritime ancré au passé… de 1800 à aujourd’hui

Chroniques sur l’histoire du Bas-Saint-Laurent en ligne

Le cimetière du Saint-Laurent – les épaves du Bic à Baie-des-Sables

En ligne! Le Progrès du Golfe 1904-1970 Journal du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie

Bibliothèque et Archives nationales du Québec continue son excellent travail de numérisation du patrimoine en mettant en ligne le journal Le Progrès du Golfe, publié à Rimouski entre 1904 et 1970.

Les numéros  peuvent être consultés en cliquant ici.

Vous pourrez ainsi lire comment on a rapporté certaines des nouvelles les plus marquantes de l’histoire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, dont le naufrage de l’Empress of Ireland en 1914) et l‘incendie de Rimouski de 1950.

Bonne lecture!

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Le grand incendie de Rimouski, 6 mai 1950

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Audioguide William Wakeham (Gaspé)

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Sainte-Flavie: histoire et circuit patrimonial

Histoire de la villégiature et du tourisme au Québec
Ressource: Les bases de données en ligne de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ)

Collection numérique de la BANQ: les journaux du 19e et 20e siècle

Cartes anciennes: des trésors sur le web

Plusieurs raisons font que les cartographes exercent leur art. Une carte peut être dessinée suite à des explorations, pour fin de publication dans un atlas, comme document pour les assurances ou comme outil de travail pour des organismes gouvernementaux.  Consulter une carte permet de voir l’évolution d’un territoire, de mieux connaître son histoire. Prenez une carte de 1934 des comtés de Bellechasse et du Bas-Saint-Laurent et vous verrez là plusieurs hameaux qui ont disparues. Certaines municipalités n’existaient pas encore. D’autres endroits ont changés de nom depuis.

Deux sites à consulter

D’abord, il y a la collection numérique de cartes et plans de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

http://services.banq.qc.ca/sdx/cep/accueil.xsp

On y retrouve des cartes du Québec, du Canada, du Mexique et des États-Unis. On peut voir l’image en mode plein écran et la télécharger et agrandir les zones qui nous intéressent. 9525 images sont disponibles. Les cartes présentes datent de l’époque de la Nouvelle-France jusqu’à nos jours. Le site utilise Flash, ce qui allonge un peu le temps de chargement de l’image.

La plus vieilles carte date de 1502, c’est la Carta del Cantino. Notre perception du monde a bien changée depuis…

Jetez aussi un coup d’oeil à la Carte géographique de la Nouvelle Franse de Samuel De Champlain.

Les trésors de la carthothèque de l’Université Laval

On y retrouve des cartes et des photographies aériennes créées entre 1632 et 1950. Chaque image est accompagnée d’un texte permettant de mieux comprendre ce que l’on voit. Par contre, les cartes sont petites.

Cette carte de W. (William) Henderson de 1827 nous rappelle que la délimitation de la frontière canado-américaine a fait l’objet de longues négociations. Si les revendications américaines avaient été acceptée, une partie du comté de Bellechasse ferait aujourd’hui partie des États-Unis.

http://www.bibl.ulaval.ca/mieux/decouvrir/collection_speciales/geostat/geostat_cartes/geostat_tresors

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Noms et lieux du Québec: significations et origines

La Collection de cartes postales anciennes Magella Bureau [1890-1963]

Réflexions sur les banques d’images historiques en ligne

Histoire: des images libres de droit (première partie)

Le moulin Casgrain-Lévesque de Saint-Pacôme

Banque d’images en Univers social

Redécouvrir Beauce, Etchemin, Amiante

Les régions du Québec: une histoire d’appartenance

La tragédie de l’Empress of Ireland, 29 mai 1914, d’après les journaux de l’époque

Tôt, le 29 mai 1914, au large de Sainte-Luce, près de Rimouski, l’Empress of Ireland entrait en collision avec le Storstad, un charbonnier norvégien. 1012 personnes décèdent. Voici un aperçu de la couverture de presse reliée à cette tragédie. J’ai sélectionné des articles provenant du Québec, des États-Unis et de l’Australie. Il y a des articles en français et en anglais.

Voir aussi le billet La tragédie de l’Empress of Ireland, 29 mai 1914, en images

L'Empress of Ireland Source: Bibliothèque et Archives Canada

Québec

*Note Les articles en français proviennent de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Les liens directs ne fonctionnent pas bien, j’ai mis le lien vers la page d’accueil du journal. Vous n’aurez qu’à sélectionner l’année ainsi que la date de publication pour voir l’article indiqué.

Un effroyable désastre dans le Golfe Saint-Laurent ce matin. L’Action sociale, 29 mai 1914, p.2

L’horreur du désastre. Le Canada, 30 mai 1914, p1.

La catastrophe et son aspect moral et autres articles. Le bien public, 4 juin 1914, p.1.

Empress of Ireland and S.S. Storstad in collision near Father Point. The Quebec Chronicle, 29 mai 1914, p.1.

Empress of Ireland sunk- 800 lost (Montreal Gazette, 29 mai 1914)

R.M.S Empress of Ireland goes down with nearly 1000 people (Daily Telegraph, 29 mai 1914)

**

États-Unis

TWO STEAMERS MAY HAVE SUNK IN COLLISION OFF CANADA; Wireless Reports Crash of Empress of Ireland and Hanover of Red Star German Line — No Sign of Either Visible to Searching Vessels. (The News York Times, 29 may 1914)
Quebec to Receive the Dead.; 964 DEAD, 403 SAVED IN STEAMSHIP WRECK (New York Times, 31 mai 1914)

Rescue ship saves 337 in life boats (Pittsburgh Press, 29 mai 1914)

Collier rams steamer – thousands lives lost (Berkeley Daily Gazette, 29 mai 1914)

List of rescued of ill-fated steamer Empress of Ireland (The Gazette Times, Pittsburgh, 30 mai 1914)

**

Australie

Fate of the Empress of Ireland (The Advertiser, 1er juin 1914)

Empress of Ireland disaster (The Brisbane Courrier 2 juin 1914)

The Collision (Sydney Morning Herald, 1er juin 1914)

**

Webographie

Wikipédia [en ligne] Empress of Ireland [Page consultée le 28 mai 2010] Adresse URL:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Empress_of_Ireland

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Le phare de l’Ile Verte 1936-1964

Pirates ou corsaires? A l’abordage sur le Saint-Laurent

La tragédie de l’Empress of Ireland, 29 mai 1914, en images

25 novembre 2011 Ajout de photos à la fin de ce billet

Tôt, le 29 mai 1914, au large de Sainte-Luce, près de Rimouski, l’Empress of Ireland entrait en collision avec le Storstad, un charbonnier norvégien. 1012 personnes décèdent. Voici quelques images  qui rappellent cette tragédie.

Je vous invite aussi à lire mon billet La tragédie de l’Empress of Ireland, 29 mai 1914, d’après les journaux de l’époque

L'Empress of Ireland, construite en 1906 Source: Bibliothèque et Archives Canada
L’Empress of Ireland, construite en 1906 Source: Bibliothèque et Archives Canada
Photographie | Le vapeur « Storstad » endommagé, Canadian Vickers, Montréal, QC, 1914 | VIEW-14183
Le vapeur « Storstad » endommagé, Canadian Vickers, Montréal, QC, 1914
Photographie | Proue endommagée du vapeur « Storstad », Montréal, QC, 1914 | VIEW-14167
Proue endommagée du vapeur « Storstad », Montréal, QC, 1914
Le Storstad après la collision avec l'Empress of Ireland, source :Bibliothèque et archives du Canada
Le Storstad après la collision avec l’Empress of Ireland, source :Bibliothèque et archives du Canada
Photographie | Le vapeur « Storstad » endommagé, Canadian Vickers, Montréal, QC, 1914 | VIEW-14181
Le vapeur « Storstad » endommagé, Canadian Vickers, Montréal, QC, 1914
Photographie | Proue endommagée du « Storstad », Canadian Vickers, Montréal, QC, 1914 | VIEW-14171
Proue endommagée du « Storstad », Canadian Vickers, Montréal, QC, 1914
Le capitaine Henry Kendall de l'Empress of Ireland Source. The Democratic Banner, 9 juin 1914, p.4
Le capitaine Henry Kendall de l’Empress of Ireland Source. The Democratic Banner, 9 juin 1914, p.4
Le capitaine du Storstad, New York Tribune, 31 mai 1914
Le capitaine du Storstad, New York Tribune, 31 mai 1914
Transport des dépouilles et capitaine Anderson du Storstad Source: New York Tribune, 2 juin 1914, p.2
Transport des dépouilles et capitaine Anderson du Storstad Source: New York Tribune, 2 juin 1914, p.2
Monument dédié aux victimes de cette tragédie, cimetière Mount Hermon, Sillery. Crédit: Vicky Lapointe
Dr. James F. Grant, ships surgeon, fixing up Gordan C. Davidson, survivor of EMPRESS OF IRELAND, with aid of nurses in Hotel Frontenac at Quebec. Source. Library of Congress
Sailors taking children in coffins from LADY GREY at Quebec. Les dépouilles des enfants ont été transportées par le Lady Grey jusqu’à Québec. Source. Library of Congress
Rimouski — Victims EMPRESS OF IRELAND
Rimouski — landing bodies at wharf
Rimouski — handling coffins of victims
Robt. W. Crellin who rescued little girl, Florence L. Barbour
Miss T. Towsend from N. Zealand who jumped overboard and was rescued by LADY GREY

D’autres images ici.

Images du magazine Life:

L’équipage de l’Empress of Ireland

L’agonie de l’Empress of Ireland

L’Empress coule

Les survivants

En complément:

Exposition virtuelle L’Empress of Ireland, une histoire oubliée

Reportage L’Empress of Ireland à l’abri des pilleurs où l’on retraces les grandes lignes de la tragédie (Archives Radio-Canada, 1986)

Reportage Empress of Ireland sinks in the St. Lawrence (Archives CBC, 1986)

Webographie

Wikipédia [en ligne] Empress of Ireland [Page consultée le 28 mai 2010] Adresse URL:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Empress_of_Ireland

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Le cimetière du Saint-Laurent – les épaves du Bic à Baie-des-Sables
Centre national des naufrages du Saint-Laurent: les épaves du fleuve
Le phare de Métis a 100 ans (+visite virtuelle)
Créer un exposition virtuelle d’images anciennes avec le site du musée McCord