Le charivari [ou comment déranger les nouveaux mariés]

Qu’est-ce qu’un charivari?

Le charivari était

un   »tumulte » que l’on faisait à des mariés d’âge inégal, à un veuf ou à une veuve qui se remariait trop vite après le décès de sa femme ou de son mari. (réf)

Ainsi, les charivaris étaient dirigés vers les couples qui brisaient les conventions sociales. La nuit de noce venue, plusieurs personnes s’assemblaient devant le nid conjugal, chantant et faisant du bruit par toutes sortes de moyens. Bref, ils dérangeaient. Un émissaire était ensuite envoyé aux tourtereaux. Ceux-ci devaient justifier leur mariage ou s’amender. Si les raisons données étaient acceptées par l’émissaire, le vacarme cessait. Mais si le couple refusait de rencontrer le ou les émissaires de la foule, et bien, ils étaient condamnés à endurer le tintamarre jusqu’à ce qu’ils cèdent.

L'Asouade, 1838. L'asouade, comme le charivari, était un instrument de contrôle social. Les cocus ou les maris violentés devaient parader, assis à l'envers un âne. Source Biblithèque de Toulouse

On raconte qu’en offrant une aumône ou un bon verre de vin aux troubles-fêtes, ceux-ci devenaient soudainement très très compréhensifs…

Une pratique peu appréciée par certains

Le premier charivari en Nouvelle-France eu lieu le 28 juin 168e. La veuve de François Vézier dit Laverdure avait épousé, après trois semaines de veuvage, Claude Bourget. Le charivari dura une semaine. Monseigneur de Laval dut intervenir par un mandement pour y mettre fin.

Les participants et les complices des charivaris risquaient l’excommunication.

Les participants et les complices des charivaris pouvaient même aller réfléchir quelques temps en prison. Ainsi, Toussaint Laberge et James Fraser ont été condamnés en septembre  1822 à Québec à  »une amende de £20  et à être emprisonnés pendant six mois de calendrier et jusqu’au jugement de leur demande » (Le Canadien, 2 octobre 1822). Nos deux lurons avaient troublé la paix publique, armés d’épées et autres armes non-précisées. Ils ont obtenu le pardon du gouvernement et ont été libérés  le 12 décembre 1822. Ils n’ont pas récidivé.

Imaginez sur les vuvuzelas avaient existé ici en ces temps-là…

Vuvuzela. Source: Berndt Meyer, Wikipedia

Bibliographie

Pierre-Georges Roy, Nos coutumes et traditions françaises. Cahiers des Dix, vol. 4, 1939, p. 100

Paul-André Leclerc. « Le mariage sous le régime français (suite et fin) »Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 14, n° 2, 1960, p. 226-245

Paul-Sylvestre François. Le premier charivari en Nouvelle-France. L’Express, 28 juin 2010.

Base de donnés Le fichier des prisonniers des prisons de Québec au 19e siècle de BANQ. Adresse

Billets reliés

Fait divers (un peu macabre)… tiré des voûtes de l’histoire (St-Vallier, 1763)

Une visite de la prison de Québec en 1835

Quand les amoureux défient l’église: Les Exilés de l’anse à Mouille-Cul (Saint-Jean-Port-Joli 1774)

La vente des âmes, une tradition à l’Isle-aux-Grues depuis le 19e siècle

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