Drame à Saint-Alban, 23 février 1890

Saint-Alban est un petit village  situé près de Portneuf et de Deschambault. Il y a 121 ans, une horrible tragédie a secoué la quiétude de ses habitants.

Et le responsable de cette tragédie, c’est Nathaniel-Fritz-Randolph Dubois. Marié et père de deux enfants, Joseph (quatre ans) et Georges (trois mois) lui et sa femme Zéphise Thibault (34 ans) résident à Saint-Alban avec les parents de cette dernière, Joseph Thibault et Olympe Tessier.

En ce 23 février 1890, Nathaniel-Fritz-Randolph Dubois est à la maison avec sa femme, leurs deux enfants et sa belle-mère. Querelle? Accès de folie? Ou au contraire, acte planifié? Aucun témoin, sauf Nathaniel-Fritz-Randolph Dubois, n’a survécu assez longtemps pour raconter ce qui s’est passé ce jour-là dans cette maison de St-Alban. Lorsque la belle-soeur de Dubois, Virginie Hamelin, arrive sur les lieux, quatre personnes étaient dans la cave. Deux étaient décédées; le petit Joseph et le bébé respiraient encore. Dubois s’était enfui. Il avait pris le soin de cacher l’arme du crime, une hache, en dessous de son lit. Virginie Hamelin alla chercher son mari, Henri Thibault, qui était presque aveugle. Le petit Joseph avait entre-temps rendu son dernier soupir. Ils emmenèrent le bébé chez eux, mais celui-ci expira quelques heures plus tard.

Ces meurtres choquent la région. Dans le registre de la paroisse, le curé prend la peine d’écrire que ces pauvres gens ont été tués »félonieusement ».

Acte de décès de Zéphise Thibault, Registre de la paroisse de Saint-Alban, 1890

Les journaux présentent Dubois comme un être paresseux, froid, mauvais chrétien (comprendre qui ne fréquentait pas l’église), souvent en querelle avec sa femme.

Le Canadien du 26 février 1890 nous donne un peu plus de détails sur le personnage. Âgé de 35 ans, il est surnommé  »l’irlandais à la Thibault ». Il serait né à Staten Island, état de New York, d’un père français et d’une mère d’origine irlandaise. C’est un protestant (mais qui s’est marié dans une église catholique) et il ne parle pas français.

Rodolphe Dubois est orphelin de mère à 5 ans. Il est maltraité par la suite par sa belle-mère. Il serait arrivé au Canada en 1881. On sait qu’il épouse Marie Zéphise Thibault le 28 août 1883 à Saint-Casimir de Portneuf. Deux semaines après le mariage, il aurait abandonné sa femme. Il ne revient que deux ans plus tard. À l’époque du crime, il travaillait dans une carrière de pierres.

Pour expliquer son crime, il évoque une querelle avec sa femme et sa belle-mère qui avaient soi-disant l’habitude de lui mener la vie dure. Le pauvre homme! Cela laisse la justice de marbre. Dubois est reconnu coupable le 23 avril 1890 et est pendu le 20 juin.

Le monde illustré, 21 juin 1890

Bibliographie

Le Canadien, 26 février 1890

Le Canadien, 20 juin 1890.

Le Canadien, 23 avril 1890.

Billets reliés

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Arrestation du Dr Crippen à Pointe-au-Père, auj. Rimouski [31 juillet 1910]

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