Qu’est-ce qu’un vire-chiens?

Jadis, si on était catholique, il fallait aller à l’église le dimanche pour la messe.

Et aller à l’église, c’était sérieux, très sérieux.

Il fallait bien se comporter.

Mais la nature de l’Homme étant ce qu’elle est, certains esprits pouvaient se révéler indisciplinés et distraire l’assemblée. C’est là que le vire-chiens intervenait.

Le vire-chiens, aussi appelé connétable ou constable, était un monsieur âgé qui s’asseyait à l’arrière de l’église, sur un banc surélevé et qui surveillait les gens pour qu’ils aient une bonne conduite. On le reconnaissait à son chapeau, un

tricorne bordé d’un galon doré, argenté ou de couleur voyante, qui s’agençait à sa longue redingote jadis de lainage noir, mais devenu vert a l’usure (Réf. Pomerleau, p. 471)

Mais l’usage de ce costume a été abandonné au XXe siècle.

Le vire-chiens, bronze d'Alfred Laliberté, photo publiée dans Légendes, coutumes, métiers de la Nouvelle-France, préface de Charles Maillard, Beauchemin, 1934 et reproduit dans le livre de Jeanne Pomerleau, Arts et métiers de nos ancêtres 1650-1950 en 2004.

Le rôle du vire-chiens ne se limitait pas à la surveillance des brebis galeuses.  Aussi,

En été, lorsqu’il faisait chaud, il s’occupait d’ouvrir et de fermer les portes au besoin. Et, en tout temps, il exerçait ce rôle à l’entrée et  au départ lors d’un mariage ou d’un service funèbre. Il veillait aussi à ce que jamais un chien n’entre dans l’église, car en plus de distraire l’assemblée, cet incident annonçait un malheur dans le village.  En effet, une superstition de la croyance populaire prétendait que Satan prit jadis, à quelques reprises, la forme d’un chien pour s’infiltrer dans la maison du bon Dieu. (Réf. Pomerleau, p.473)

Le sculpteur Alfred Laliberté a illustré ce type de fonction dans un bronze de la série Légendes, coutumes et métiers. C’est le Musée des beaux-arts de Québec qui possède maintenant cette statuette.

De nos jours, on organise même des bénédictions de chiens à l’église Saint-Roch de Québec.

Bibliographie

Pomerleau, Jeanne,  »Arts et métiers de nos ancêtres 1650-1950 », Montréal, Guérin Littérature, 1994, 510 pages.

Billets reliés

La vente des âmes, une tradition à l’Isle-aux-Grues depuis le 19e siècle

Le charivari [ou comment déranger les nouveaux mariés]

Patrimoine: l’Église Notre-Dame-des-Victoires dans le Vieux-Québec

Le patrimoine religieux de Sainte-Marie de Beauce

Patrimoine religieux: les images pieuses

Publicités

4 commentaires

  1. Richard dit :

    Très intéressant !
    Je suis un nouveau lecteur de votre blogue et j’aime beaucoup !!
    Au plaisir de vous lire !

    J'aime

  2. histoire_qc dit :

    Merci Richard!

    Vicky

    J'aime

  3. Bella dit :

    Bonjour Vicky
    Je suis une fidèle lectrice et je me régale de vos publications. Je vous souhaite une année éblouissante et espère vous lire encore longtemps.
    Merci de m’offrir de si beaux moments.

    J'aime

  4. Merci beaucoup! Passez une belle année, Bella!

    Vicky

    J'aime

Les commentaires sont fermés.