Le téléphone à Québec [1877]

Le Canadien, 6 décembre 1877

LE TELEPHONE À QUÉBEC

Beaucoup de nos lecteurs ignorent probablement que la ville de Québec possède un téléphone érigé en permanence. Tel cependant est le cas. M. C. Duquet, horloger, a construit, pour son propre amusement, une ligne téléphonique qui met en communication la Haute Ville avec St. Roch. Au moyen de cet appareil, M. Duquet peut converser de son magasin de la rue de la Fabrique avec son associé, M. Dallaire, au magasin de la rue St. Joseph. Nous avons nous-mêmes été témoins des merveilles du téléphone. De St. Roch nous avons communiqué avec nos amis de la Haute Ville et nous avons pu jouir d’un concert donné à un mille de distance.

Gravure | Téléphone | M930.50.1.192
Téléphone, 1850-1885

Le téléphone dont M. Duquet a lui-même construit toutes les parties diffère sensiblement des instruments américains qui ont déjà été exhibés en cette ville et il leur est incontestablement supérieur.

Il est beaucoup plus fort que le téléphone Bell, et transmet les sons sans en changer le timbre, de sorte que, dans une conversation, on peut reconnaître sans difficulté la voix de la personne qui parle. Cette qualité précieuse, qui distingue le téléphone de M. Duquet, est due aux améliorations que notre concitoyen à apportées dans la confection des aimants, qui sont pour ainsi dire la force motrice du téléphone. Car le courant électrique, qui transmet les sons, au lieu d’être produit par une pile, comme on le croit généralement, provient de la seule action des aimants sur la membrane, qui se trouve placée à faible distance d’un des pôles de l’aimant.

Voici en deux mots, comment fonctionne le téléphone: la voix, frappant la membrane, produit des vibrations qui sont conduites et reproduites exactement par le courant électrique sur la membrane placée à l’autre extrémité du fil.

La ligne téléphonique est un  »circuit » ordinaire, à part les piles, partant du sol à une extrémité, partant par les instruments aux deux bouts et rejoignant le sol qui établir le courant électrique.
Comme le fonctionnement du téléphone dépend entièrement des aimants, il va de soi que plus les aimants sont forts, plus les sons se transmettent clairement. Au lieu d’une seule barre aimantée, employée dans la construction des téléphones ordinaires, M. Duquet a confectionné des aimants en faisceau, qui ont d’autant plus de puissance qu’ils contiennent plus de barres.

Lorsque M. Duquet veut entamer une conversation avec ses amis de St. Roch, il attire leur attention par un timbre électrique placé aux deux extrémités de la ligne. Car jusqu’à présent, on ne peut pas entendre les sons transmis sans avoir l’instrument appliqué sur l’oreille. M. Duquet travaille en ce moment à fabriquer un téléphone assez puissant pour que tout l’auditoire dans un appartement, puisse entendre et nous sommes convaincus que si l’énergie peut vaincre les difficultés, il réussira.

Billets reliés

Le Champ-de-Mars éclairé (Montréal, par une belle soirée de mai 1879)

Et que la lumière fut! (Québec, 30 septembre 1885)

Un voyage en montgolfière [8 septembre 1856] (première partie)

Un voyage en montgolfière [8 septembre 1856] (deuxième partie)

 

Publicités

2 commentaires

  1. Pac dit :

    A reblogué ceci sur SURVIVRE À QUÉBEC and commented:
    C’était avant l’arrivée de la filière d’optique-photonique à Québec ça…

    J'aime

Les commentaires sont fermés.