Le peintre Dallaire dans un camp de concentration [1941]

La Patrie, 20 mars 1941

LE PEINTRE DALLAIRE ET SON ÉPOUSE DANS UN CAMP DE CONCENTRATION

M. Jean-Philippe Dallaire et son épouse, se trouvaient à Paris au moment de l’entrée des Allemands, en juin dernier.

*
On apprendra avec joie que le jeune peintre et son épouse, internés en France  »sont en bonne santé ». Avant son départ pour Paris, M. Dallaire avait épousé Mlle Thérèse Ayotte, qui se rendit avec lui dans la capitale française, également pour étudier.

M. Georges Ayotte, 498, rue Arlington, étudiant au séminaire d’Ottawa, a reçu de M. Dallaire le message suivant:

 »CHER GEORGES,

SANTE BONNE, ESPERE ETRE PARMI VOUS APRES GUERRE TERMINEE. THERESE TRES BIEN, AVONS TOUS BON MORAL, VOUS SOUHAITONS HEUREUSE ANNEE. PREVENIR FAMILLE.

JEAN-PHILIPPE DALLAIRE

Le message de M. Dallaire est écrit en lettres moulées. Toutes ces communications se font sur une papeterie identique reproduite dans l’illustration ci-contre.

Parvenu sous forme de dépliant long comme trois cartes postales, fait de papier blanc ordinaire que l’on plie en trois, le message porte le timbre de Genève, en date du 20 janvier 1941, frappé par-desssus les mots de  »Kriegsgefangene post »,  »correspondance des prisonniers de guerre ».

A droite de ces mots, mais au-dessus de l’adresse, est imprimé ce commentaire (ironique?)  »Santé et joie de vivre par les SPORTS D’HIVER », illustré d’un sportsman qui fait une descente en ski.

Toujours au-dessus de l’adresse imprimé en lettres bleues légèrement inclinées, se trouve le mot  »Interniertensendung » puis plus bas: « Examiné par C-18 ».

En bas, à gauche, de l’adresse, on remarque:  »Gebuhrenfrei! Franc de port’.

Chaque indication est bilingue, français et allemand.

Au verso de l’adresse; quand la carte est pliée, nous lisons ceci:

 »Absender.

Envoi de:
Vorsund Zuname / nom et prénom: JEAN-PHILIPPE DALLAIRE
Gefangenennummer / no du prisonnier: 1240
Lager-Bezeichnung / Nom du camp: St-Denis SEINE
Deutschland (Allemagne)

Les mots  »No. de prisonnier » et  »Deutschland (Allemagne) » sont rayés d’une marque de crayon bleu.

 Jean Dallaire a été libéré en août 1944. A la page 9 de la même édition de la Patrie, on trouve une liste des autres Canadiens-français internés.

On peut voir ici quelques oeuvres de l’artiste (Musée des Beaux-arts du Canada)

Billets reliés

Un prisonnier de guerre américain s’est enfuit! [Beauport, 1813]

Le Dr Norman Bethune relate son expérience de la guerre civile espagnole [Montréal,1937]

Camp de détention Spirit Lake, Abitibi-Témiscamingue 1915-1917

Photos: le camp d’internement no 42 (camp Newington), Sherbrooke 1944-1945

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