Faciliter l’accès à l’éducation au Bas-Canada [1821]

Le 1er janvier 1821, les habitants de la Rivière Chambly ont décidé de lancer une souscription pour que des enfants du coin puissent étudier au Collège de St-Hyacinthe. La Gazette de Québec a publié la liste des membres du comité chargé d’administrer l’argent ainsi que la liste des souscripteurs.

Le Canadien, 11 avril 1821

EDUCATION

Nous avons inséré dans la Gazette de ce jour les délibérations d’une assemblee des principaux habitans de la Rivière Chambly, tenue à St. Charles le 1er. du mois passé, pour conferer des moyens de faciliter l’éducation dans cette partie importante et si bien peuplée de la province.

C’est là la première assemblée de ce genre, que nous sachions avoir eu lieu dans nos campagnes. Nous esperons qu’elle formera une nouvelle ère dans l’histoire de l’éducation de ce pays, que l’exemple en sera suivi universellement, et qu’on persistera dans une si noble entreprise, jusqu’à ce que l’on ait triomphé de tous les obstacles qui ont retardé les progrès de l’éducation dans le Bas Canada; jusqu’à ce que chacun de ses habitans soit à portee d’acquérir, au moins, une éducation élementaire, et de se rendre plus utile à soi-même, à sa famille, et à son pays.

Ceux qui ont eux-mêmes le bienfait de l’éducation doivent leurs efforts réunis, pour cette entreprise, au grand corps du peuple, qui, sans quelque portion d’éducation, ne sauroit en apprécier les avantages; ils les doivent à la société, à leur pays, et nous oserions presque dire, en obéissance à la volonté d’une providence bienveillante et sage, qui a départi aux riches et aux pauvres, aux grands et aux petits, indistinctement, ces talens naturels si necessaires à la prospérité d’un pays, et a laissé à des moyens humaines le soin de leur développement, pour en tirer les services qu’ils sont destinés sans doute à rendre.

C’a été avec beaucoup de satisfaction que nous avons vu cette bonne-oeuvre commence loin de nos cités, au coeur de la campagne. C’est la première mesure publique d’une grande importance qui ait eu son origine hors des murs de Quebec et de Montreal. Puisse-t-elle être aussi la première qui ne sera jamais abandonnee, qui ne souffrira jamais de l’inconsideration, de la vacillation, ni de l’apathie! Quelle que soit la modicité de nos moyens au moment actuel; quelque difficulté, quelque incertitude qu’il y ait à former des fonds et à les voir appliquer à propos, par des associations volontaires; nous ne doutons point que le même jugement, le même patriotisme et la même liberalité qui, dans ce pays, distinguèrent les premiers colons en établissant des fonds permanens pour l’éducation de la jeunesse, ne réussissent encore à y pourvoir d’une manière efficace pour l’avenir.

Gazette de Quebec du 5 avril 1821.

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