L’incendie du Neptune Inn [Québec, 1925]

Neptune Inn, par Livernois, Action catholique du 13 juillet 1925

Neptune Inn, par Livernois, Action catholique du 13 juillet 1925

L’Action catholique, 13 juillet 1925

DEUX HOMMES PERISSENT DANS UN VIOLENT INCENDIE CE MATIN, A 5 HRS, AU NEPTUNE INN
__
M. J-B. Picard, ancien marchand de bois, se tue en sautant du quatrième étage – M. R. Brown, d’Angleterre, est trouvé mort dans son lit – Une conflagration menace la Basse-ville – Plusieurs blessés
__
M. J.-B. Picard, ancien marchand de bois, de Québec, et M. R. Brown, d’Angleterre sont morts, ce matin, au cours d’un violent incendie qui a partiellement détruit l’hôtel de M. T. Lavallée,  »Neptune Inn », aux pieds de la Côte de la Montagne.

R. Brown, âgé d’une trentaine d’années, était arrivée d’Europe sur l’Athenia, et s’était enregistré, hier après-midi, au Neptune Inn. Il fut trouvé asphyxié dans son lit, par les pompiers lorsque ceux-ci purent pénétrer dans l’édifice incendié.

J.-B. Picard s’est blessé gravement en sautant du quatrième étage de l’hôtel. Il fut transporté à la hâte à l’Hôtel-Dieu où il succomba à son arrivé.

L’incendie a éclaté vers cinq heures au quatrième étage du Neptune Inn où logeaient à ce moment plus de quarante pensionnaires. En quelques instants, les flammes se répandaient dans tout l’édifice et bientôt un vaste brasier menaçait toute cette partie de la Basse-Ville.

Les pompiers appelés par l’alarme sonné à la boîte 16, arrivaient aussitôt sur les lieux. Deux autres alarmes étaient aussitôt sonnées et toute la brigade fut sur les lieux, sous les ordres du chef Donnelly, du chef-adjoint Jacob et des sous-chefs Bélanger et McManus. Les pompiers durent faire un travail de géants pour sauver une partie de l’hôtel en feu et protéger les édifices voisins.

A l’arrivée des pompiers, plusieurs pensionnaires s’étaient réfugiés sur la galerie sur la façade de l’hôtel et purent descendre par les échelles des pompiers; d’autres suivant les conseils de M. T. Lavallée qui était à l’hôtel au moment de l’incendie, sortirent aisément par diverses portes.

M. Picard, qui logeait dans une chambre au quatrième étage de l’hôtel, ouvrit la fenêtre de sa chambre, sur la rue Sault au Matelot. Les flammes faisaient rage dans cette partie de la bâtisse et une épaisse fumée s’échappait du brasier. Malgré les cris de quelques témoins qui recommandaient à M. Picard s’attendre l’arrivée des pompiers, celui-ci, que déjà les flammes atteignaient et qui souffrait de quelques brûlures, se jeta du haut de la fenêtre et tomba sur la chaussée. On le releva inconscient et on le transporta à la hâte à l’Hôtel-Dieu. M. Picard souffrait de blessures très graves qu’il s’était infligée en tombant et ne put survivre à ses blessures. Son cadavre fut transporté à la morgue où une enquête aura lieu. Le cadavre calciné de R. Brown, retrouvé après l’incendie dans sa chambre, fut aussi transporté à la morgue.

D’autres pensionnaires ont aussi été blessés. Ainsi le capitaine Perreault, de Montréal, fut brûlé aux mains et aux jambes et se blessa en sautant dans la rue par une fenêtre. Un pensionnaire, M. Commeau, faut aussi légèrement blessé en sautant et un nommé Nadeau fut brûlé à la figure et aux mains.

Un autre pensionnaire, B. Carlson fut aussi blessé.

M. T. Lavallée, interrogé par notre représentant, ce matin, a déclaré qu’il venait de terminer des réparations importantes à son hôtel et assure que les pertes sont considérables. Il ignorait la cause de cet incendie. Le gardien de l’établissement, M. Gagnon, qui a sonné la première alarme, a aussi déclaré que les pertes sont élevées et ne connait pas la cause de l’incendie.

Chez les pompiers, on croit que les flammes ont été allumées par l’imprudence d’un fumeur.

Billets reliés

Le grand incendie de 1866 [Québec, 14 octobre 1866]

L’incendie du faubourg Saint-Jean, 28 juin 1845

L’incendie du faubourg Saint-Roch [28 mai 1845]

L’incendie du théâtre Saint-Louis [Québec, 12 juin 1846]

L’Incendie de l’asile de Beauport, 29 janvier 1875

L’incendie de l’hospice Saint-Charles [Québec, 14 décembre 1927]

d

Publicités

A propos Vicky Lapointe

Mon nom est Vicky Lapointe. J'ai une formation en histoire (baccalauréat et maîtrise en histoire, Université de Sherbrooke). Mon blogue explore différentes facettes de l'histoire et du patrimoine du Québec et des Francos-Américains aux XIXe siècle et XXe siècles. Je vous raconte ici des moments de notre petite histoire (j'affectionne particulièrement l'histoire du crime) et je vous présente aussi des articles de journaux d'antan.
Cet article a été publié dans Crimes et catastrophes. Ajoutez ce permalien à vos favoris.