Étudier au séminaire en 1896

Le Collège Saint-Charles-Borromée de Sherbrooke vers 1895. Détruit pas un incendie en 1896; il a été reconstruit quelques mois plus tard.
Le Collège Saint-Charles-Borromée de Sherbrooke vers 1895. Détruit pas un incendie en 1896; il a été reconstruit quelques mois plus tard. Extrait de l’Annuaire du Séminaire St-Charles-Borromée, Sherbrooke 1895-1986.

Voici un extrait de l’Annuaire du Séminaire St-Charles-Borromée, Sherbrooke pour l’année académique 1895-1896  (voir p. 479 et suivantes). On y présente les règlements auxquels devaient se soumettre les étudiants fréquentant l’institution.

Pour obtenir la rentrée d’un élève,  il faut avoir payé tous les arrérages.

Les nouveaux élèves doivent présenter, pour être admis au Séminaire, un certificat de bonne conduite et de plus un certificat d’études s’ils viennent d’une autre maison d’éducation.

Les élèves dont les parents ne résident pas en ville doivent être pensionnaires internes. Dans certains cas, cependant, exception peut être faite à cette règle pour des raisons jugées très graves par le conseil du Séminaire. La maison de pension est tenue et dirigée par les Petites Sœurs de la Ste Famille. L’infirmerie se trouve dans cette maison et les pensionnaires internes n’ont aucun déboursé à faire tant que l’état de leur santé n’exige pas de veilles et de soins particuliers. Quant aux pensionnaires externes, ils doivent payer 50 centins par jour lorsqu’ils prennent leurs repas à l’infirmerie; la permission de rester à leur maison quand ils sont malades ne leur est jamais accordée. Lorsque le médecin déclare qu’une maladie est grave ou de longue durée, nous en avertissons les parents et si c’est possible, nous renvoyons l’enfant chez lui sinon nous le faisons transporter à l Hôpital.

Les dimanches et jours de fête, les élèves doivent porter une redingote noire, une casquette noire et un pantalon noir. On excepte cependant de cette règle les enfants qui ne sont pas encore d’âge à faire leur première communion.

Les élèves doivent avoir un habit de chœur.

Nous acceptons les élèves de croyance différente, mais ils sont sujets en tout et partout à l’ordre général du Séminaire.

Le système d’éducation est paternel; les professeurs s’efforcent d’unir la douceur à la fermeté et ils emploient de préférence les moyens de persuasion afin d’éviter autant que possible ceux de la contrainte. L’immoralité, l’insubordination, la paresse habituelle et les fréquentes absences non motivées sont des cas d expulsion.

A chaque trimestre, un bulletin de la conduite, de l’application et des progrès de l’élève lui est remis; les parents doivent le réclamer de lui s’il désirent en prendre connaissance.

Toutes les lettres aux élèves doivent être adressées au Séminaire; pour les envois d’argent, il vaut mieux les adresser directement au Procureur, c’est le moyen d’en avoir le reçu par le retour de la malle.

Lorsque les parents mettent en même temps trois frères au Séminaire, l’instruction est donnée gratuitement au troisième.

Après les examens de Noël, Monseigneur l’Evêque de Sherbrooke accorde aux élèves une vacance de quelques jours à la condition expresse qu’ils reviennent au Séminaire au jour et à l’heure convenus, et ce sous peine d’expulsion.

Comme cette faveur est accordée pour récompenser le travail des élèves, ceux qui, par manque d’application, auront subi des échecs à leurs examens, devront le réparer avant d’aller en vacance.

Tous les effets doivent, autant que possible, être marqués en toutes lettres, ou au moins de manière à être reconnus facilement.

Les élèves ont à leur disposition une bibliothèque où ils peuvent trouver, moyennant une légère contribution mensuelle, tous les livres de lecture dont ils ont besoin. Il ne leur est point permis d’en avoir d’autres sans l’autorisation de M. le directeur. Il y a de plus dans la maison un magasin où sont vendus les livres de classe, le papier et les autres choses nécessaires pour les études.

[…]

Les parents sont responsables de tout dommage causé par leurs enfants aux meubles, boiseries, etc. Le Séminaire ne recule pas devant les dépenses pour fournir aux élèves l’ameublement le plus perfectionné; mais d’un autre côté, il prétend qu’on en prenne le soin convenable. Les classes et la salle d’études ont été graduellement fournies de tables et de bancs qui offrent à l’étudiant tout le confort possible.

Et pour terminer, combien coûtait une année au séminaire?

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Extrait de l’Annuaire du Séminaire St-Charles-Borromée, Sherbrooke 1895-1986.

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