Une femme condamnée à réintégrer le domicile conjugal [Montréal, 1920]

La Patrie, 23 avril 1920

LA FEMME DOIT SUIVRE SON MARI PARTOUT OU IL VEUT RESIDER
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Le juge Coderre énonce ce principe en contraignant  »manu militari » s’il le faut, une épouse à réintégrer le DOMICILE CONJUGAL

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L’épouse devra réintégrer le domicile de son époux, et s’il le faut, elle y sera contrainte manu militari.

Ainsi en a décidé, ce matin, l’honorable juge Coderre, siégeant en cour de Pratique, dans la cause de Damien Durivage contre Clarilda Forges. Il s’agit d’une action par laquelle le mari veut forcer sa femme à venir résider avec lui à Montréal.

Le 18 décembre 1916, celle-ci a abandonné le domicile conjugal et est allée demeurer sans raison valable chez son père où elle demeure encore dans la province d’Ontario.

Son mari a toujours tenu à son égard une conduire irréprochable à titre d’époux que de chef de famille et lui a fourni les choses nécessaires à la vie suivant ses moyens et sa conditions sociale.

Il tient feu et lieu à Montréal et il est prêt à la recevoir à son domicile.

Les démarches qu’il a fait pour la faire réintégrer le domicile conjugal sont demeurées inutiles jusqu’à ce jour.

La cour a disposé de la cause de la manière suivante:
 »Vu l’article 175 du code civile qui fait à la femme une obligation d’habiter avec son mari et de le suivre partout où il juge à propos de résider.

 »Ordonne à la défenderesse de réintégrer le domicile conjugal, à y demeurer et à vivre comme sa femme et ce dans un délai de 15 jours à compter de la signification à elle faite d’une copie du présent jugement: l’a déclaré déchue de son droit d’exiger du demandeur des sources alimentaires et en outre permet au demandeur de recourir à la contrainte par corps (manu militari) pour forcer la défenderesse à revenir au dit domicile conjugal; le tout avec dépens. »

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