L’état sanitaire de Sherbrooke en 1921

Le Progrès de l’Est, 3 mai 1921

L’ETAT SANITAIRE DE SHERBROOKE

Le Dr. L. A. Chabot, du Conseil Supérieur d’Hygiène de la province, qui est venu de Montréal à Sherbrooke jeudi, dans le but de faire une enquête relativement à l’état sanitaire de notre ville, a déclaré, au cours de cette enquête, que les conditions hygiéniques laissent en général beaucoup à désirer ici. Sherbrooke devrait avoir son bureau d’hygiène. Des égouts ouverts y sont une menace à la santé publique. On compte ici onze terrains vagues où les vidanges sont jetées tandis qu’il n’y en a que trois à Montréal.

Sherbrooke devrait être partagée en trois parties distinctes, pour l’enlèvement des vidanges, dit M. Chabot. Il y aurait un dépotoir pour chacune de ces parties et les vidangeurs avec deux voitures doubles et une simple travailleraient deux jours par semaine et consécutifs dans chacune de ces parties. Chaque locataire devrait avoir une poubelle pouvant contenir quatre-vingt livres de déchets, recouverte, et portant le numéro du loyer. A telle heure et à tel jour, les citoyens, sachant que le vidangeur va passer, se prépareraient en conséquence. Ce système a donné d’excellents résultats à Lachine et à Verdun et la population s’en trouve très bien.

Au coin des rues Bowen et Woodward où débouche, dans un étroit fossé qui suit le bord de la première rue, un égout desservi par un grand nombre de maisons situées sur cette rue, l’inspecteur sanitaire déclara qu’il est vraiment criminel de tolérer pareille chose en pleine rue publique et que c’est une véritable honte et une disgrâce pour une ville comme Sherbrooke.

L’eau chargée de détritus en décomposition laisse la sortie de l’égout, longe le trottoir sur une distance de 100 pieds à peu près, traverse sous le pavage la rue Bowen et forme ensuite un petit ruisseau qui coupe à travers des propriétés privées pour se jeter enfin dans le St-François.

Le Dr Chabot était accompagné dans sa tournée à travers notre ville des échevins Trudeau et Skinner, du chef de police A. Z. couture et des représentants des journaux.

Le groupe s’est aussi rendu sur le site où l’on se propose de construire un sanatorium pour les tuberculeux dans le quartier est, rue Woodward. Le Dr Chabot s’est déclaré enchanté de ce site et dit que l’on ne pouvait mieux choisir à tous les points de vue.

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