Enterrer les morts [Québec, 1818]

Le Canadien, 27 juin 1818

Nous avons inséré dans nôtre Feuille de ce jour un article sur les Cimetières extrait du Conducteur de l’Etranger à Paris. Cet article doit d’autant plus nous intéresser que nous conservons encore jusqu’à ce jour la même méthôde d’enterrer les morts. Les inconvéniens qui sont résultés dans Paris de la méthôde de donner pêle mêle la sépulture aux morts ne doit pas tarder à se faire sentir dans Quebec. Les citoyens ne peuvent s’empêcher de regretter que leurs plus proches parens soient entassés parmi la foule de manière à méconnoitre en peu d’années leurs Tombeaux. Le désir de procurer aux morts une tombe commode et même somptueuse s’es fait sentir chez tous les peuples du monde; et on a même jugé du dégré de leur civilisation par leur sépulture. Si donc on jugeoit de nos progrès dans les sciences par le Cimetière des Picotés on auroit assurément une bien triste idée de nous.

On dit que les Marguilliers de la Paroisse de Québec ont acheté un terrain commode et spacieux pour un cimetière. Nous espérons qu’ils s’occuperont sans délai de cet objet important et qu’ils ôteront tout prétexte d’enterrer dans l’Église paroissiale. Car que resulte-il de l’etat rétréci et bourbeux de nôtre Cimetière? c’est que les gens riches qui aiment et respectent leurs parens préfèrent payer plus cher, et les faire enterrer dans l’église parce qu’ils répugnent à les mettre dans le Cimetière des Picôtés. Mais l’enceinte de l’Eglise même n’offre aucune commodité pour cet objet. L’Église est batie sur un roc, et comment trouver de la terre pour couvrir les morts.

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