Détresse dans le comté de Beauce [1837]

Le Canadien, 26 mai 1837

« CORRESPONDANCE

DETRESSE DANS LE COMTE DE BEAUCE

St. François Comté de Beauce, 22 mai 1837

MONSIEUR, – La détresse va toujours en augmentant dans les paroisses St. François et St. George et même dans toute la Beauce.Les chemins étant devenus impraticables par le gonflement des rivières ont réduit les habitans à la plus excessive misère. Les moins affligés, c’est-à-dire, les meilleurs habitans sont eux-mêmes épuisés. Ils ont fait tout en leur pouvoir pour aider les autres et les empêcher de mourir de fain, en vendant ou en prêtant le peu de blé ou de farine qu’ils réservaient pour eux, espérant s’en procurer bientôt de Québec. Nos pauvres cultivateurs sont désolés, non seulement de souffrir la faim cette année, mais de se voir exposés à la même détresse l’année prochaine, une bonne moitié de deux paroisses devant rester sans culture. La plupart n’ont pour toute nourriture qu’un peu de sucre qu’ils font dissoudre dans l’eau. On en trouve même qui n’ont eu d’autres moyens d’éviter de mourir de fain, que de manger les animaux qu’ils trouvaient morts le long des chemins. On ferait le tour des paroisses St. François, St. Joseph, St. George, que l’on ne pourrait trouver un seul pain ou une seule livre de farine à acheter.

C’est un triste spectacle que de voir la plupart des familles de la Beauce. Joignez à cela la picote et les fièvres scarlatines qui se font sentir dans ces malheureuses familles et faites-vous, si vous le pouvez, une idée de l’état des pauvres habitans de la Beauce. Qu’il a été cruel pour eux de ne pouvoir trouver des cautionnements afin d’obtenir des secours nécessaires.

Je suis Monsr.
Votre Serviteur,
…  »

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