Plaidoyer contre la peine de mort [Québec, 1840]

Le Canadien, 12 octobre 1840

« Les exécutions n’ont pas eu lieu à Montréal, vendredi dernier. Il y a eu sursis indéfini pour Michael O’Graby et Elizabeth Williams, et l’exécution de la sentence de James Dunhseath a été remise à vendredi prochain. S’il fallait notre prière pour induire l’autorité exécutive à faire cesser les exécutions publiques, nous la joindrions volontiers aux voeux d’un nombre de publicistes distingués qui se sont élevés contre cette partie des codes criminels de tous les peuples civilisés. Nous avons déjà eu occasion de déclarer notre opinion contre la peine capitale, sans distinction. Nous nions à la société le droit de vie et de mort sur les citoyens, et l’expérience a assez clairement démontré que l’infliction de cette peine est un préventif peu efficace des crimes. Que la société claquemure les hommes dont les passions effrenées menacent la vie et les biens des citoyens, qu’elle les mette hors d’état de ne pouvoir jamais nuire, c’est son droit; mais ce nous parait une singulieré morale que de punir le meurtre par l’homicide. Nous comprenons la logique de la peine capitale sous la doctrine du droit divin, qui fait venir l’autorité de Dieu même; mais nous ne la comprenons pas sous la doctrine qui fait venir l’autorité des gouvernants des peuples, des individus qui les composent collectivement. Sous cette doctrine le pouvoir ou la société n’a que les droits que les citoyens ou les individus ont bien voulu on pu lui céder sur leurs personnes et sur leurs biens. Or l’individu n’a pu céder un droit qu’il n’a pas lui-même, et que nos lois lui refusent, celui de s’oter la vie.  »

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ANN WILEY, BOURREAU (1775, DÉTROIT)

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