Incendie en 1837 de l’hôpital des Emigrants

Le Canadien, 6 mars 1837

« Un incendie plus déplorable encore dans les circonstances qui l’ont accompagné, que dans les suites qu’il doit avoir en privant un grand nombre de pauvres de l’asyle que la charité publique leur avait ouvert dans cette rude saison, a eu lieu la nuit dernière.

Le feu a pris dans la maison des héritiers Pageot, qui était occupée comme annexe de la maison d’industrie (l’ancien hôpital des émigrés), s’est bientôt communiqué à ce dernier bâtiment où se trouvaient réunis 188 pauvres, hommes, femmes et enfants, et l’a également réduit en cendres.

This plan of the city of Quebec : is respectfuly inscribed to the Mayor R.E. Caron esqr par Alfred Hawkins. BANQ

Carte de la ville de Québec par Alfred Hawkins, 1835. BANQ. On y voit l’emplacement de ‘l’Emigrant Hospital’.

Nous n’entreprendrons pas de décrire la scène qui s’est présentée en ce moment; il est facile de l’imaginer: nous nous bornerons à dire qu’il a péri, au moins, trois personnes dans les flammes, savoir, le cuisinier de l’établissement, nommé Woodhouse, un homme du nom de Spice, et un jeune garçon nommé Douglass.

Le comité de la maison d’industrie est occupé à prendre les mesures d’urgence que cet événement a rendues nécessaires.

Le bâtiment de la maison d’industrie, appartenant à M. Montizambert, était assuré pour £500, moitié à l’Assurance de Québec et moitié à celle de l’Alliance.

La maison des héritiers Pageot était assurée pour £150 à l’Assurance de Québec. Les effets appartenants au Comité de l’étaient pas: il perd de £56 à £60.

La maison de M. Magloire Garon, meublier, vis-à-vis la maison d’Industrie, a été vidée et beaucoup endommagée. M. Garon évalue sa perte à £250 ou £300. Il n’avait rien d’assuré.

Une autre maison appartenant au Sieur Xavier Papillon, et occupée par lui-m¸eme et par le Sieur Cloutier, menuisier, a été aussi vidée; mais les pertes de ces deux individus sont peu considérables.

Un hangard appartenant à la succession Pageot, qui a aussi brulé, n’était pas assuré non plus.

Un autre hangard appartenant à un nommé Laforce a été beaucoup endommagé.

A ces détails tirés de la Gazette de Québec de samedi, nous ajouterons qu’un enfant transporté à l’Hôpital de Marine, est morte depuis des brûlures qu’il avait reçues et sa mère est dangereusement malade à l’Hôtel-Dieu.

Le Mercury signale la conduite charitable de Jean Bte. Hamel, Prisque Tardif, et Michel Routier, qui ont donné chez eux un asile pour la nuit aux malheureux qui se sauvaient en foule de la maison incendiée. Il signale aussi la conduite inhumaine d’un aubergiste des environs qui n’ouvrit sa porte à deux femmes qui n’avaient pour se couvrir de leurs couvertes, que sur l’ordre d’un magistrat.

Dans la matinée qui suivit l’incendie, il se tint au Palais de Justice une assemblée de magistrats et autres, où l’on prit des mesures pour venir au secours des gens de la Maison d’Industrie, et il fut ouvert sur le champ une souscription à cette fin. Les femmes ont été envoyées à une maison qu’a offerte M. G. Henderson dans le faubourg St. Louis, où elles seront soutenues pour le moment, et on donnera des secours alimentaires aux hommes qui sont hors d’état de se pourvoir eux-mêmes. On s’occupe maintenant à remettre l’établissement sur pied. »

Pour plus d’informations: Guide des archives hospitalières de la région de Québec 1639-1970 Hôpital des Émigrants [1820-1837]

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A propos Vicky Lapointe

Mon nom est Vicky Lapointe. J'ai une formation en histoire (baccalauréat et maîtrise en histoire, Université de Sherbrooke). Mon blogue explore différentes facettes de l'histoire et du patrimoine du Québec et des Francos-Américains aux XIXe siècle et XXe siècles. Je vous raconte ici des moments de notre petite histoire (j'affectionne particulièrement l'histoire du crime) et je vous présente aussi des articles de journaux d'antan.
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