Où sont leurs parents? [Montréal, 1909]

Une bien triste histoire que nous raconte La Patrie, en ce 6 octobre 1909. Ces enfants abandonnés retrouveront-ils leurs parents?

LA NAVRANTE HISTOIRE D’UN TRIO D’ENFANTS
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Abandonnés de leurs soutiens naturels, ils sont réduits à recourir à l’assistance publique. Le père et la mère recherchés.
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Abandonnés de leur mère depuis deux mois et de leurs père depuis une semaine, trois pauvres petits orphelins par la faute des parents, sont venus ce matin, implorer les autorités de la cour du recorder. L’histoire de ces petits, tous trois intelligents et beaux, est navrante.

Ce sont les enfants d’un nommé Joseph Poliquin, plombier de son état et maintenant sans domicile connu. Il y a deux mois, leur mère a quitté le foyer conjugal avec l’aînée des filles, agée de 17 ans et abandonnant ses enfants plus petits dans un champ où elle les avait conduits sous prétexte de faire une promenade.

Il en restait quatre: Alexandre, 15 ans; Délia, 8 ans; Joseph, 7 ans et Emile, 5 ans. Le père, qui avait une bonne place, alla se mettre en pension chez Mme Chalifoux, 416 rue Rachel Est, mais la perte de sa femme et les difficultés qu’il trouvait insurmontables, le firent abandonner le travail et boire.

Cliché publié dans La Patrie, 6 octobre 1909.

Cliché publié dans La Patrie, 6 octobre 1909.

Jeudi dernier, il n’avait pas payé sa pension ni celle de ses enfants depuis quatre semaines. La maîtresse de pension lui ayant fait des reproches, il alla chercher l’argent qui lui était dû chez son patron et partit sans laisser d’adresse.

Mme Chalifoux attendit, espérant que la mère ou le père reviendraient à de meilleurs sentiments, mais, comme elle est veuve et supporte elle-même deux enfants, elle a dû conduire les petits aux autorités, ne pouvant plus longtemps supporter le sacrifice au-dessus de ses moyens.

Cliché paru dans La Patrie, 6 octobre 1909.

Cliché paru dans La Patrie, 6 octobre 1909.

Les deux petits garçons vont être placés à Montfort et la fillette sera envoyée dans une institution de charité pour y être élevée.

L’aîné, Alexandre, demeurera chez Mme Chalifoux, en attendant qu’il trouve de l’ouvrage. Un mandat a été émis contre le père de ces enfants.

Dans le Canada du 9 octobre 1909, on peut lire que la famille Poliquin comprend aussi Bernadette, 18 ans et Wilfrid, 12 ans.

On peut voir sur Nos Origines l’arbre généalogique du couple en question.

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A propos Vicky Lapointe

Mon nom est Vicky Lapointe. J'ai une formation en histoire (baccalauréat et maîtrise en histoire, Université de Sherbrooke). Mon blogue explore différentes facettes de l'histoire et du patrimoine du Québec et des Francos-Américains aux XIXe siècle et XXe siècles. Je vous raconte ici des moments de notre petite histoire (j'affectionne particulièrement l'histoire du crime) et je vous présente aussi des articles de journaux d'antan.
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2 commentaires pour Où sont leurs parents? [Montréal, 1909]

  1. François Poliquin dit :

    Au recensement de 1911, la famille est à nouveau réunie. Elle habite au 1309, rue Parthenais, entre Marie Anne et Mont-Royal. Joseph Poliquin, 37 ans, est plombier dans une manufacture et gagne 750 $ par année pour 52 semaines de 54 heures. Sa femme Délia est âgée de 37 ans. Leur fils Alexandre, 17 ans, est couvreur pour une boutique et gagne 300 $. Le ménage compte six autres enfants : Bertha, 18 ans, Wilfrid, 14 ans, Bernadette, 12 ans, Joseph 9 ans, Délia, 10 ans, et Émile, 7 ans, qui vont tous à l’école, sauf Bertha.

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  2. Merci pour ces informations!

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