Pénible voyage de la Baie James à Québec [1920]

L’Action catholique, 6 mars 1920

PENIBLE VOYAGE DE LA BAIE JAMES À QUÉBEC
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M. Saul Mercier étudiant en arpentage atteint du scorbut dans les bois de la Baie d’Hudson, fait 250 milles sur une traine – Il succombe en arrivant à Québec.

M. Saul Mercier, étudiant en arpentage, âgé de 26 ans, demeurant à St-Grégoire de Montmorency, alors qu’il était à faire l’exploration des bois de la Baie d’Hudson, a été atteint du scorbut.

Il reçut d’abord les premiers soins que requérait son état d’un parti des sauvages qui chassaient dans les environs. Il fut ensuite transporté sur une traine à chien jusqu’à St-Félicien, Lac St-Jean, et de là, s’en revint à Québec où il arriva lundi soir. En dépit de tous les soins qui lui furent donnés, il a succombé mercredi soir.

M. Mercier était parti avec un groupe d’arpenteurs sous la direction de M. Jean-Marie Roy, qui allaient travailler pour le compte du gouvernement provincial. Le parti s’en alla d’abord par la région de Mistassini, de la Chebougamou et continuant plus au nord atteignit les rives de la Baie James. Il y a de cela deux mois et demi. C’est alors que le jeune Mercier fut atteint du scorbut. Le groupe avait laissé Québec l’été dernier et Mercier dit qu’alors il ne se sentait pas très bien, mais qu’il se décida de partir quand même.

Lorsqu’il fut atteint, il demeura au camp, tandis que ses compagnons continuaient leur travail et il fut soigné par des sauvages. Lorsqu’il se fut un peu rétabli, se sentant incapable de continuer l’exploration avec ses camarades, il décida de revenir à Québec. Sur une traine à chien il parcourut une distance de 250 milles alors que la température était des plus inclémentes. A certains jours de son voyage le thermomètre marqua 55 degrés en dessous de zéro. Le voyage se fit cependant et on faisait une moyenne de 10 milles par jour. Ce voyage difficile eut pour effet d’empirer l’état de M. Mercier. Il ne voulut pas cependant discontinuer son voyage quoique ses guides indiens voulussent arrêter pour lui permettre de se rétablir. Après un voyage de plus de 20 jours le groupe arriva enfin à la station de St-Félicien, comté du Lac-St-Jean. Là M. Mercier éprouva une amélioration de son état. Ayant passé 20 jours couchés sur une traîne, ses jambes s’étaient engourdies et il eut beaucoup de peine à s’embarquer sur le train qui devait le remaner dans sa famille. Il arriva enfin à Québec et il reçut de sa famille tous les soins qu’exigeait son état qui était très grave.

En dépit de tous les bons soins dont on l’entoura il ne peut se rétablir. Epuisé par les fatigues d’un si long et si fatigant voyage et rongé par la maladie dont il était atteint depuis près de trois mois, il succomba mercredi soir.

Ses funérailles ont eu lieu ce matin à 9.30 heures à St-Grégoire.

Le défunt était le fils de M. Philéas-Elie Mercier, de St-Grégoire.

A propos Vicky Lapointe

Mon nom est Vicky Lapointe. J'ai une formation en histoire (baccalauréat et maîtrise en histoire, Université de Sherbrooke). Mon blogue explore différentes facettes de l'histoire et du patrimoine du Québec et des Francos-Américains aux XIXe siècle et XXe siècles. Je vous raconte ici des moments de notre petite histoire (j'affectionne particulièrement l'histoire du crime) et je vous présente aussi des articles de journaux d'antan.
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