Patrimoine, Histoire et Multimédia

Découvrir l'histoire et le patrimoine du Québec et des Francos-Américains aux XIXe et XXe siècles par Vicky Lapointe


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Des oeufs étranges [Rivière-Ouelle, 1819]

Le Canadien, 29 septembre 1819

OEUFS CURIEUX

Extrait d’une Lettre de la Rivière Ouelle en date du 18 Sept. 1819

« Le 12 août dernier, dans l’après midi, une jeune fille de 11 ans, Marie Danjou, étant en devoir de soigner les poules du nommé Henry Boucher de la Rivière Ouelle, chez qui elle demeure, et s’appercevant que le Coq maltraitoit une des Poules, elle lui donna un coup de pied, tenant en même tems dans sa main une petite verge de bois pour lui faire peur. Au même instant une autre de ces Poules (qu’elle nomme la Hupée, car elles ont chacune leur nom,) prenant chaudement le parti du Coq, et voulant le venger de cette insulte, se jetta toute furieuse sur le dos de la jeune fille. Quelques minutes après la jeune fille raconta aux gens de la maison tout ce qu’il venoit d’avoir lieu. Il faut remarquer que ce jour-là, elle avoit un peigne sur la tête, une robe d’Indienne bleue et blanche, un peu jaunâtre et cette robe étoit déchirée.

Le lendemain vers les trois heures de l’après-midi, le frère de cette jeune fille, Martial Danjou, âgé de 10 ans, allant visiter les nids des Poules, y trouva la Poule Hupée. Aussitôt qu’elle fut sortie du nid, il y a prit l’oeuf qu’elle venoit de pondre, et sur lequel, à sa grande surprise, il y trouva parfaitement tracés et peints, et le portrait de sa soeur et celui du Coq. Elle y est représentée dans la même attitude et sous les vétemens de la veille. Elle a son peigne sur la tête, sa robe bleue jaunâtre, avec la déchirure au bas, sa verge à la main, son pied relève la queue du Coq, et elle a le visage tourné en arrière pour regarder la Poule Huppée qui vint se jetter sur elle.

Et aujourd’hui, 18 Septembre, vers les deux heures de l’après midi, la jeune fille a trouvé dans le même nid, un autre oeuf sur lequel il y a deux petits animaux de représentés, je crois que le plus petit est une souris ou un rat et l’autre un chat. Henry Boucher croit que le plus petit est son petit chien et l’autre son Coq.

Le propriétaire de ces deux oeufs curieux, (Henry Boucher,) part pour Quebec, où il se propose de les montrer. »

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Le Père Paul K. Malouf prêche une retraite à Sainte-Flavie [1900]

Le Canada, 14 avril 1900

Ste-Flavie, 13. -Le Rév. Père Paul K. Malouf, prêtre Syrien, catholique romain était ici depuis quelques jours dans le but de prêcher une retraite à la colonie syrienne de notre paroisse afin de la préparer à accomplir leur devoir pascal.

Dimanche dernier, le Rév. Père nous donna des explications concernant les cérémonies du rite latin et du rite grec. Ses explications furent données en langue française, qu’il parle admirablement bien.

Les Syriens de notre paroisse espèrent à l’avenir, avoir souvent la visite de leurs prêtres surtout aux fêtes de Noël et de Pâques.

Je n’ai trouvé jusqu’ici le nom que d’une personne dite d’origine syrienne en lien avec Ste-Flavie à cette époque, soit Nicolas Malouf (lien) diplômé du Séminaire de Rimouski en 1911-1912 et originaire de Baskinta (Liban).


Turquie d’Asie, Syrie, 1860. Extrait de l’Empire ottoman… / dressé par le Che.r Lapie
Source: gallica.bnf.fr

Les frontières de la Syrie ayant beaucoup évolué, je vous invite à consulter les cartes géographiques de la Syrie ottomane qui sont disponibles sur Wikipédia à la fin de l’article Ottoman Syria.

J’ai effectué une recherche dans les recensements de Ste-Flavie de 1901 et 1911, sans trouver de personnes d’origine syrienne. J’ai élargi ma recherche à quelques paroisses du Bas-Saint-Laurent et j’ai eu plus de chance. A Mont-Joli, en 1901, il y avait les Boussafie, les Murray et les Tapin, arrivés ici entre 1894 et 1899.

Recensement canadien de 1901, Mont-Joli.

Recensement canadien de 1901, Mont-Joli.

D’autres Syriens sont arrivés au Bas-Saint-Laurent au cours de la décennie suivante. Voici donc des extraits du recensement de 1911 à Mont-Joli, Sayabec, Matane et Price. Le patronyme qui domine est Aboussafy.

Recensement canadien de 1911, municipalité de Mont-Joli, Rimouski.

Recensement canadien de 1911, municipalité de Mont-Joli, Rimouski.

Si vous consultez les registres de Mont-Joli, vous trouverez plusieurs actes concernant la famille Aboussafy.  D’ailleurs, le Père Paul K. Malouf, dont il est question dans l’entrefilet en début de texte, a baptisé le 14 avril 1906, à l’église Notre-Dame-de-Lourdes de Mont-Joli, Pierre Albert Aboussafy (Abousafi), né le 24 mars 1906, fils de Najib Abousafi et Marie Murry. Parrain: Amin Abousafi, cousin de l’enfant. Marraine: Marcha Abousafi.

Quelques Aboussafy ont quitté en 1912 Mont-Joli pour l’Alberta. Il est indiqué sur cette page, où on peut voir plusieurs photos de famille, que les Aboussafy venaient du Liban.

On trouve aussi des gens d’origine syrienne à Sayabec en 1911.

sayabec1911

Recensement canadien de 1911, Sayabec.

Si on revient au recensement de 1911 de Mont-Joli, on voit Marie Murray?, d’origine syrienne. On trouve des Murray d’origine syrienne dans le recensement de 1911 à Matane.

matane1911

Recensement canadien de 1911, Matane.

 

A Price en 1911, il y avait deux Aboussafy.

price1911

Recensement canadien de 1911, Price.

 

 

Les Syriens de cet échantillon exercent des métiers sont marchands, commis ou vendeurs.

Consulter les actes de baptêmes, mariages et sépultures de ces paroisses permet de trouver d’autres gens d’origine syrienne (libanaise). Par exemple, Kalil el Esber, colporteur et Nabihat Abouanna se sont mariés à Mont-Joli le 19 septembre 1910.

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Arrêté pour contrebande d’alcool [1933]

Le Canada, 14 décembre 1933

« Le capitaine Ulric Tremblay est arrêté
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Les agents l’appréhdent au moment où il débarque d’un navire à Rimouski.

Québec, 13. – Le capitaine Ulric Tremblay qui, déjà, fut impliqué dans plusieurs retentissantes affaires de contrebande, est actuellement détenu à la prison de Rimouski après avoir été arrêté par les officiers de la Gendarmerie Fédérale et les agents de la Commission des Liqueurs qui le recherchaient depuis plus de trois mois.

Tremblay qui, à cette époque, subissait un procès et avait été mis en liberté sous cautionnement ne se présentera pas devant la Cour à l’appel de sa cause. Le juge le déclara coupable de mépris de Cour, et depuis ce temps, il est recherché par la police. Cependant il avait jusqu’ici échappé à toute poursuite quand, ces jours derniers, il descendit à Matane d’un navire qui venait de la Côte Nord.

Les officiers de la Gendarmerie et les agents de la Commission des Liqueurs soupçonnant ce navire de transporter de l’alcool de contrebande le surveillaient et, lorsque Tremblay en débarqua, ils l’arrêtèrent sur-le-champ et le conduisirent à la prison de Rimouski. Le capitaine Tremblay sera conduit à Québec d’ici quelques jours. »

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Le capitaine Bernier, de retour d’une expédition en Arctique [1907]

Un canot englouti par les glaces [Fleuve Saint-Laurent, 12 février 1839]

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Où est le capitaine St-Laurent? [Cacouna, 1866]

Le Canadien, 3 décembre 1866

« CAPITAINE ST. LAURENT. – Dans les derniers jours d’octobre dernier, nous avons annoncé la disparition d’un capitaine de goëlette nommé Théophile St. Laurent, de Cacouna, ajoutant que, sans doute, il s’était noyé en se rendant à son bâtiment, dans la soirée. Des parents du défunt nous prient de faire connaître que d’après les indices, il peut tout aussi bien avoir été assassiné, attendu qu’il avait de l’argent et une montre sur lui. Il avait laissé sa goëlette le samedi soir, a été vu quelques instants après, dans les environs du bureau de la poste, puis ses traces se trouvent perdues à partir de là, malgré toutes les recherches faites. »

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Ces mystérieuses lumières à l’Ile aux Lièvres [1928]

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Un électeur éméché à Rivière-du-Loup en 1889

Le courrier de Fraserville, 17 janvier 1889

« Un incident assez curieux s’est passé lundi au bureau de votation pendant l’élection des conseillés (sic). Un voteur passablement éméché et soutenu par un compagnon qui paraissait prendre beaucoup d’intérêt à son vote se présente pour voter. A la question ‘pour qui désirez-vous enregistre votre vote’, posée par le greffier, notre voteur répond d’abord qu’un tel, qui n’est pas candidat, est son homme, puis, sur la remarque qu’on lui en fait, il vote finalement contre le candidat de son compagne qui, paraît-il, le cabalait depuis le matin…, et il était midi.

Tête du protecteur… qui abandonne son protégé à ses propres forces et jure de ne plus s’y faire prendre. »

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AVENTURES EXTRAORDINAIRES D’UNE JEUNE FILLE DE RIMOUSKI EN 1918


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Aventures extraordinaires d’une jeune fille de Rimouski en 1918

Le Progrès du Golfe, 31 mai 1918

VOLEUSE ET VAGABONDE
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ARRESTATION ET CONDAMNATION D’UN HOMMASSE
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CINQ ANS DE BAGNE

Une jeune fille du nom d’Eugénie Côté, originaire de Ste-Angèle de Mérici, après une vie d’aventures extraordinaires, a été condamnée le 18 mai par le Magistrat Fiset à cinq ans de pénitencier pour vol avec effraction et vagabondage.

Le mandat d’arrestation avait été signé par le magistrat sur la plainte de Frédéric-Joseph Astle, hôtelier de Petit Métis, accusant l’inculpée, sous le nom de Xavier Côté, d’avoir cambriolé la villa d’été de Madame John-Thomas Molson.

Cet « Xavier Côté » incarcéré dans la prison de Rimouski était vêtu d’habits masculins et avait toutes les apparences et les allures d’un homme véritable. Ce fut Madame Edouard Therriault, la matrone chargée de la garde des prisonnières, qui découvrit la supercherie et qui, confrontée en Cour avec l’accusé encore affublé de ses habits d’homme, l’identifia comme étant une ancienne prisonnière répondant au nom d’Eugénie Côté, qui purgea naguère une sentence de cinq mois dans la prison de Rimouski.

La Demoiselle s’avoua coupable et de cambriolage et de vagabondage; le magistrat la candamna [sic] sur-le-champ à cinq ans de bagne, et le pseudo-Xavier Côté fut réintégré dans la prison en attendant son départ pour le pénitencier.

Goûtant peu la discipline et la captivité de la géôle [sic], Eugénie Côté, qui n’avait pas encore dépouillé… le vieil homme – son costume féminin n’étant pas encore confectionné – réussit samedi à esquiver ses gardiens et à s’évader de la prison. Elle vécut deux jours en liberté provisoire, courant sa chance et s’efforçant tantôt de s’enfuir et tantôt de se cacher pour se soustraire aux poursuites.

Mais son signalement aviat [sic] été donné un peu partout.

Elle fut appréhendée dans la journée du 27 à St-Simon par deux MM. Gauvin, de cette paroisse, qui réussirent à la crocheter après une course épuisante et accidentée.

MM. Gauvin, prévinrent immédiatement le shérif D’Anjou et M. Ed. Therriault, de leur importante capture. M. Therriault se rendit immédiatement à St-Simon où il reprit possession de sa pupille, et malgré ses vociférations et ses résistances, la ramena au bercail peu apprécié qu’elle avait quitté si brusquement deux jours auparavant.

Eugénie Côté a depuis lors endossé, bien à contrecoeur, le vêtement féminin, qu’on lui a fait confectionner sur commande et qu’elle s’est, dans les premiers temps, sans doute pour se distraire, amusée à mettre en lambeaux.

« Venus » – c’est le petit nom de guerre sous lequel on désigne à Rimouski cette hommasse – est donc une récidiviste, puisqu’elle fut déjà condamné en 1916 à la prison, où elle est entrée le 14 novembre et d’où elle est sortie le 22 avril. Dans l’été suivant, (l’été dernier), elle fut envoyée au « Bon Pasteur », mais elle en désertait bientôt pour reprendre sa vie vagabonde et aventurière. C’est alors qu’elle se costuma en homme et qu’elle s’engagea aux chantiers et à la « drave » où elle travailla comme un homme et avec les hommes au service de la « Chaleurs Bay Mills », jusqu’au jour où l’envie lui prit de vagabonder et de cambrioler, ce qui lui vaut aujourd’hui cinq ans de travaux forcés au pénitencier.

Serait-ce cette jeune fille (recensement du Canada, 1911)?

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La tragédie de l’Empress of Ireland, 29 mai 1914, en images

Le grand incendie de Rimouski, 6 mai 1950


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Ces mystérieuses lumières à l’Ile aux Lièvres [1928]

La Patrie, 30 janvier 1928

CES LUMIÈRES A L’ILE AUX LIÈVRES
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Le « Mikula » est dirigé vers les lieux. – Des signaux mystérieux.
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QUEBEC, 30. (Du correspondant de « La Patrie ».). Les lumières mystérieuses qui ont été aperçues, il y a quelques temps, près de l’ile aux Lièvres, mais qui ont semblé disparaître dans la suite, ont été revues ces jours derniers et c’est probablement ce qui a décidé les autorités fédérales à dépêcher le brise-glace Mikula sur les lieux. Le navire a quitté Québec à 7.15hrs, samedi matin pour descendre dans la direction d’où viennent les lueurs.

Vendredi après-midi des citoyens dignes de foi qui demeurent à la Rivière du Loup ont informé le Département de la Marine que des lueurs apparaissaient de temps à autre aux alentours de Notre-Dame du Portage. On a aussitôt communiqué avec Ottawa qui a ordonné d’envoyer le Mikula sur les lieux afin de découvrir la cause de ces feux d’origine inconnue, ou sinon mettre fin aux commentaires qui se font depuis plusieurs semaines à ce sujet. Le brise-glace porte deux canots qui seront employés pour transporter quelques membres de l’équipage sur la tere [sic] ferme, car sur les bords de l’île, l’eau n’atteint pas une assez bonne profondeur pour permettre à un navire de mouiller. Une fois sur les lieux, on ne sait comment on procédera aux recherches, car ceci est laissé à l’entière discrétion des officiers du navire. On croit toutefois que le capitaine Hearn va contourner son navire autour de l’île aux Lièvres, qui s’étend sur une longueur de huit milles, et qui a une largeur de 3-4 de mille. Ces recherches dureront certainement plusieurs jours, car les officiers du brise-glace ont reçu ordre de se livrer aux recherches les plus minutieuses, et de faire ensuite rapport de leurs opérations à Ottawa.

Quelles sont les conclusions de l’équipe envoyée sur place?

L’Action catholique, 31 janvier 1928

LES LUMIÈRES SUR L’ILE AUX LIÈVRES
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UNE EXPLICATION
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Samedi matin le brise-glace « Mikula » quittait Québec sur les ordres du département de la marine, pour aller éclaircir le mystère de l’île aux Lièvres. Dans l’après-midi de samedi des hommes du Mikula explorèrent l’île en tous sens sans découvrir aucun être humain.

Le capitaine John Hearn, commandant du Mikula est convaincu que les lueurs étranges qui ont été vues par des personnes dignes de foi sont l’effet d’un mirage d’hiver, d’une nature particulière, causé par la rencontre au-dessus de l’île aux Lièvres des reflets des lumières de la Rivière du Loup, sur la rive sud et de St-Siméon de Charlevoix, sur la côte nord.

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