Suggestions de lecture: 26 août au 14 octobre 2016 #histoire

Bon dimanche à tous!

Chaque vendredi, je partage sur Twitter (https://twitter.com/vickylapointe) mes lectures du moment ayant un lien avec l’histoire du Québec et des francophones d’Amérique du Nord. Ces publications sont identifiées par les mots-clics #vendredilecture et #vendredhist. Voici la liste des livres lus depuis le 26 août 2016.

Que lisez-vous en ce moment? Je ne lis pas beaucoup de romans ces temps-ci, mais j’ai adoré Station Eleven d’Emily St. John Mandel (Alto).

Vicky Lapointe

26 août 2016

La Ruée vers le Sud Migrations du Canada vers les États-Unis 1840-1930 par Bruno Ramirez avec la collaboration d’Yves Otis (Boréal).

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3 septembre 2016

La francophonie nord-américaine : bilan historiographique (collectif)  Bulletin d’histoire politique (VLB Editeur)
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9 septembre 2016

Sous les cieux de Québec Météo et climat, 1534-1831 par Yvon Desloges (Septentrion)

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16 septembre 2016

Une histoire de la politesse au Québec Normes et déviances du XVIIe au XXe siècles sous la direction de Laurent Turcot et Thierry Nootens (Septentrion)

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23 septembre 2016

Inconquis Deux retraites françaises vers la Louisiane après 1760 par Joseph Gagné (Septentrion)

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30 septembre 2016

Pas d’histoire, les femmes ! Réflexions d’une historienne indignée par Micheline Dumont (Les éditions du remue-ménage)

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7 octobre 2016

L’histoire contemporaine à l’ère numérique dir. Frédéric Clavert et Serge Noiret.

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14 octobre 2016

Brève histoire des patriotes par Gilles Laporte (Septentrion)

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Réflexions sur le suffragisme [1914]

Pour vous mesdames, novembre 1914

Réflexions sur le suffragisme

Lors d’un plébiscite organisé par une revue montréalaise, la majorité des jupons se déclara contre le suffrage féminin. Faut-il chercher l’explication de ce résultat anormal dans le fait d’une humilité extravagante et d’un esprit d’abnégation mal entendue, qui poussent mes concitoyennes à réclamer éternellement un rôle inférieur dans l’humanité?

Modestes sont les Canadiennes, et dévouées aussi; mais n’attributions pas à l’exagération de ces vertus leur indifférence pour une question qui, présentement, inquiète l’univers.

Chez nous, la situation économique a pu, jusqu’à présent, laisser subsister des moeurs patriarcales et la bonne chevalerie gauloise. La femme travaille à côté de l’homme, mais en comptant sur lui: ils sont camarades et non rivaux.

Habituée à voir sa mère bercer les marmots, tandis que son père travaille au dehors, la jeune fille n’a pas d’autre ambition que d’élever elle aussi, plus tard, tandis que le mari peinera pour toute la nichée. Et c’est avec ce doux rêve au coeur qu’elle accepte un emploi qui doit être transitoire, en attendant la venue du Prince Charmant.

Elle remplit honnêtement la tâche journalière, mais sa volonté ne saurait pousser de fortes racines dans un champ où elle entend se poser temporairement: inconsciemment, elle réserve son énergie pour plus tard… Un plus tard qui dure parfois toute la vie…

Heureux pays que celui où Eve peut encore garder ses illusions.

Mais il est, après de beaux songes, des réveils pénibles; et le progrès traîne à sa suite des réalités déconcertantes, pour qui ne les a pas prévues. Que mes compatriotes le sachent: leurs filles ne connaîtront pas l’aimable quiétude de leurs mères; le problème social aura pour elle des alternatives qu’il n’a pas eu pour nous.

Le chat a la patte de velours tant qu’on le caresse; mais il fait sentir ses griffes cruellement sitôt qu’il se croit lésé. Chaque fois qu’une femme est obligée de disputer sa bouchée de pain à l’homme, l’homme devient méchant. Et la femme sera de plus en plus obligée de disputer sa bouchée de pain.

J’ai toujours entendu avec étonnement certaines raisons réprobatives; la plus répétée est la crainte de dépoétiser la femme, en la faisant la rivale de l’homme.

Cet illogisme est injurieux: mais si l’homme ne savait aimer que lorsqu’il opprime, son affection ne vaudrait pas le sacrifice de la dignité féminine.

Heureusement, l’humanité n’a pas encore cette généralité de déshonorant égoïsme. Si cela était, mieux vaudrait peut-être la banqueroute de la famille, qu’une filiation de tyrans.

Théodore FRANCOEUR

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