Où sont leurs parents? [Montréal, 1909]

Une bien triste histoire que nous raconte La Patrie, en ce 6 octobre 1909. Ces enfants abandonnés retrouveront-ils leurs parents?

LA NAVRANTE HISTOIRE D’UN TRIO D’ENFANTS
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Abandonnés de leurs soutiens naturels, ils sont réduits à recourir à l’assistance publique. Le père et la mère recherchés.
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Abandonnés de leur mère depuis deux mois et de leurs père depuis une semaine, trois pauvres petits orphelins par la faute des parents, sont venus ce matin, implorer les autorités de la cour du recorder. L’histoire de ces petits, tous trois intelligents et beaux, est navrante.

Ce sont les enfants d’un nommé Joseph Poliquin, plombier de son état et maintenant sans domicile connu. Il y a deux mois, leur mère a quitté le foyer conjugal avec l’aînée des filles, agée de 17 ans et abandonnant ses enfants plus petits dans un champ où elle les avait conduits sous prétexte de faire une promenade.

Il en restait quatre: Alexandre, 15 ans; Délia, 8 ans; Joseph, 7 ans et Emile, 5 ans. Le père, qui avait une bonne place, alla se mettre en pension chez Mme Chalifoux, 416 rue Rachel Est, mais la perte de sa femme et les difficultés qu’il trouvait insurmontables, le firent abandonner le travail et boire.

Cliché publié dans La Patrie, 6 octobre 1909.

Cliché publié dans La Patrie, 6 octobre 1909.

Jeudi dernier, il n’avait pas payé sa pension ni celle de ses enfants depuis quatre semaines. La maîtresse de pension lui ayant fait des reproches, il alla chercher l’argent qui lui était dû chez son patron et partit sans laisser d’adresse.

Mme Chalifoux attendit, espérant que la mère ou le père reviendraient à de meilleurs sentiments, mais, comme elle est veuve et supporte elle-même deux enfants, elle a dû conduire les petits aux autorités, ne pouvant plus longtemps supporter le sacrifice au-dessus de ses moyens.

Cliché paru dans La Patrie, 6 octobre 1909.

Cliché paru dans La Patrie, 6 octobre 1909.

Les deux petits garçons vont être placés à Montfort et la fillette sera envoyée dans une institution de charité pour y être élevée.

L’aîné, Alexandre, demeurera chez Mme Chalifoux, en attendant qu’il trouve de l’ouvrage. Un mandat a été émis contre le père de ces enfants.

Dans le Canada du 9 octobre 1909, on peut lire que la famille Poliquin comprend aussi Bernadette, 18 ans et Wilfrid, 12 ans.

On peut voir sur Nos Origines l’arbre généalogique du couple en question.

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Un enfant abandonné [Biddeford, Maine, 1928]

Une famille abandonnée [Montréal, 1888]

Enfants à adopter [1921]

Qui va les adopter? [1923]

Les étudiants et la police [Montréal, 1909]

Photographie | Université Laval, rue Saint-Denis, Montréal, QC, vers 1897 | VIEW-3022

Université Laval, rue Saint-Denis, Montréal, QC, vers 1897

La Patrie, 7 octobre 1909

LES ÉTUDIANTS ET LA POLICE

Plusieurs constables s’attaquent à la jeunesse étudiante, rue Saint-Jacques, hier après-midi


Un incident regrettable a marqué la manifestation sympathique que les étudiants de Laval ont faite hier aux journaux français de notre cité.

Après leur visite à la PATRIE, visite qui n’eut rien que d’amical, les jeunes manifestants se dirigèrent vers les journaux de la rue Saint-Jacques.

Au coin du boulevard Saint-Laurent, ils se trouvèrent en face d’un véritable bataillon de constables qui semblaient les attendre comme des individus suspects.

Les étudiants étaient ni nombreux qu’ils encombrèrent naturellement le coin de la rue Saint-Jacques, gênant ainsi la circulation.

Il y eut alors quelques vives altercations entre les policiers qui voulaient activer la circulation des passants et quelques étudiants qui n’entendaient pas se laisser mener à coups de bâtons.

Au milieu du tumulte il y eut des échanges de coups, heureusement, sans gravité.

M. Arthur Ecrément, député de Berthier au Parlement, qui se trouvait là, intervint auprès des policiers menaçants pour leur faire comprendre que la manifestation bruyante de la jeunesse universitaire n’avait rien de provoquant.

Les étudiants retournèrent ensuite à l’université, suivis de près par les constables qui voulurent les tenir en respect jusque sur le terrain même entourant l’université.

Des spectateurs de l’échauffourée d’hier entre les policiers et les étudiants affirmaient que la présence de la police aux manifestations n’est généralement pas désirable, attendu qu’elle provoque souvent des bagarres plutôt qu’elle n’assure le maintien de la paix.

La visite des étudiants aux bureaux de la Patrie – une tradition – est décrite en page 14.

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Parade des étudiants de l’Université de Montréal et enterrement du béret [1930]

Incendie à l’Université de Montréal [22 novembre 1919]

Et c’est le retour en classe… (Images de l’éducation à Montréal 1867-1931)

Incendie à l’Université de Montréal [22 novembre 1919]

Un amusement stupide [Montréal, 1902]

La Patrie, 24 septembre 1902

UN AMUSEMENT STUPIDE
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Un conducteur de tramway à moitié ivre, parcourt la ville en déchargeant dans toutes les directions un revolver de gros calibre
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On désarme à la fin le dangereux individu
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Un nommé Joseph Hurteau, conducteur de tramway, a été traduit en Cour du Recorder et condamné à $6 d’amende et aux frais de la cause ou à 20 jours de prison. L’offense dont il s’est rendu coupable est sans contredit l’une des plus originales et des plus dangereuses qu’il soit possible d’imaginer. Le 6 septembre, vers dix heures du soir, il montait en uniforme à bord d’un tramway de la rue Amherst, et se plaçait sur un banc en arrière. Tout à coup il sortit de sa poche un revolver de gros calibre et se mit à tirer dans la rue, à la grande frayeur des dames qui se trouvaient dans le char, et des passants que l’on rencontrait. Il tira sur la rue Dufferin, sur la rue Mont-Royal, monta à bord d’un tramway de la rue Saint-Denis, tira encore à deux reprises, revint sur la rue Amherst, et déchargea son arme en passant à l’angle des rues St-André et St-Hubert. Il fallait voir tout le monde fuyant devant cet énergumène, appelant la police et disparaissant dans toutes les cours voisines.

Photographie | Tramway no 662, hangars Saint-Henri, Montreal Street Railway, QC, 1905 | MP-1986.53.2

Tramway no 662, hangars Saint-Henri, Montreal Street Railway, QC, 1905

Hurteau se rendit de nouveau sur la rue Rachel, non sans avoir lancé quelques balles dans diverses directions, histoire de n’en pas perdre l’habitude. Devant l’étal de boucher de M. Papineau, rue Rachel, les détonations devinrent si fréquentes qu’on résolut de mettre fin à cette furie devenue pas drôle du tout. Soudain l’individu pénétra dans l’étal, avec à la main son revolver encore fumant, qu’il promena devant la figure des dames qui se trouvaient là. M. Papineau, impatienté, menaça de le livrer à la police, et Hurteau s’enfuit. Mme Papineau en est restée nerveuse et malade pendant quelques jours.

On alla sa plaindre au poste de police No 14, et la tâche très difficile de recueillir la preuve de cette cause fut confiée au caporal Morin, qui s’en acquitta à merveille. Grâce au dévouement et à l’habileté qu’il prodigua dans le rassemblement des témoins, Hurteau était amené en cour, hier après-midi, et condamné après avoir plaidé coupable et offert comme simple explication qu’il était éméché ce soir-là.

Il serait à désirer qu’il me s’éméchât plus.

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Ce n’est pas tout le monde qui apprécie le tramway (Québec, 2 octobre 1865)

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Désordre à la cathédrale [Québec, 1845]

Un char électrique en feu [Québec, 1893]

La fois où on a voulu faire exploser le monument Nelson [Montréal,1893]

Photographie | Rue Notre-Dame et monument Nelson, Montréal, QC, vers 1870 | MP-0000.1452.46

Rue Notre-Dame et monument Nelson, Montréal, QC, vers 1870

 

La Patrie, 20 novembre 1893

« ESCAPADE D’ETUDIANTS

LE MONUMENT NELSON EST EN DANGER

Une immense sensation a été causée ce matin en ville quand on a appris que la statue de l’amiral Nelson, sur la place Jacques-Cartier, avait falli cette nuit être prestement jetée en bas de son piédestal.

Oui, c’est cela; les articles à Michel Videl publiés dans le National ont eu le don, disent les uns, d’échauffer outre mesure quelques cerveaux de 18 à 20 ans et le résultat a été l’escapade d’hier soir.

Voici ce qui s’est passé: Sur les 8 heures, hier soir, le fils d’un des principaux officiers de la ville est allé en voiture chercher trois de ses amis appartenant à des familles de la première société montréalaise.

Où les quatre jeunes gens ont-ils passé la soirée? c’est ce que personne ne sait, mais on retrouve trois d’entre eux en face du monument Nelson, vers onze heures. Un officier de police s’étant trouvé à sortir au même instant, les trois jeunes gens se sont éloignés en se dirigeant à l’est de la rue Notre-Dame.

Nos jeunes irréfléchis avaient ni plus ni moins formé le nprojet de faire sauter l’amiral Nelson. Seulement, leur ami commun, celui qui était allé les chercher dans leur famille et qui, à ce que disent les malins, avaint le premier parlé de la chose, les avait prudemment laissés vers 10 hrs 30 et était allé les dénoncer au poste de l’Hôtel de Ville. Il avait donné les noms et le signalement des jeunes écervelés, de façon à ce que les officiers de police ne puissent s’y méprendre.

Le détective Lafontaine, toujours zélé et toujours au poste, se mit de suite à faire le guet. Vers minuit et demi, cet officier accompagné de quatre ou cinq hommes de police a arrêté vis-à-vis du Palais de Justice, entre la rue St-Vincent et la Place Jacques-Cartier, les trois jeunes gens dont nous parlions tout à l’heure. Le plus vieux est âgé de 18 ans.

On a trouvé sur l’un d’eux une cartouche de dynamite d’une demi livre environ. Elle est faite selon tous les principes de l’art. Il n’y a qu’un expert qui ait pu fabriquer une cartouche aussi perfectionnée. On a reconnu qu’elle était de force suffisante pour faire sauter tout le monument Nelson. Où a-t-elle étét prise? C’est ce que nul ne sait.

A tout événement nos jeuens gens ont été conduits au poste de police où ils ont passé la nuit. Ce matin, ils on donné une caution personnelle de $350 et deux autres cautions de $400 chaque. L’enquête est fixée à mardi de la semaine prochaine.

Il est certain qu’on a beaucoup exagéré la portée de cette affaire. Ce n’est pas autre chose qu’une escapade d’étudiants qui n’avaient pas d’intention criminelle.

Tout le monde a ri à gorge déployée ce matin en apprenant les détails de cette échauffourée. »

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Inauguration du monument Maisonneuve [Montréal, 1895]

Eriger un monument à Samuel de Champlain? [Québec, 1863]

Montréal fête son 250e anniversaire [1892]

Tuée par une arche [Montréal, 27 juillet 1886]

La dormeuse de la rue Marie-Anne [Montréal, 1902]

Le cas d'Eva Roch a mystifié les médecins des États-Unis et du Canada. The North Platte semi-weekly tribune., 8 mars 1900

Le cas d’Eva Roch a mystifié les médecins des États-Unis et du Canada. The North Platte semi-weekly tribune., 8 mars 1900

La Patrie, 23 juin 1902

LE DERNIER SOMMEIL
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Eva Roch, la dormeuse de la rue Marie-Anne, est décédée hier
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Mlle Eva Roch, la célèbre dormeuse de la rue Marie-Anne, est décédée hier après-midi, à la demeure de ses parents, après quelques mois de maladie.

Ses accès de sommeil mystérieux avaient mis à néant la science de tous nos médecins, du Canada comme des États-Unis.

La première fois, Mlle Roch dormait pendant 28 1/2 jours, la seconde fois, 11 jours, la troisième fois, 5 jours, et la dernière fois, 35 heures.

M. le docteur Desroches, aidé de plusieurs confrères, pratiquera l’autopsie de la défunte, avec l’assentiment de la famille.

Cet article de la Patrie du 18 janvier 1899 explique bien comment les docteurs ont réussi à réveiller la belle endormie. Ils ont utilisé une méthode assez radicale.

La Patrie, 18 janvier 1899

La Patrie, 18 janvier 1899

Après vingt-sept jours de léthargie, Mlle Roch, la dormeuse de la rue Marie-Anne, a été tirée de son sommeil ce matin à 11 heures.

Le docteur Rivet a réussi enfin à opérer ce réveil qui ressemble à une résurrection.

Ce matin, le Dr Rivet, comme il l’avait décidé depuis quelques jours, a tenté une expérience décisive qui a été couronnée de succès.

Il s’est rendu à la demeure de la malade, accompagnée du docteur Simard et du docteur Lauzon, qui devaient l’assister, et, en présence de M. l’abbé Préfontaine, les trois médecins se sont mis en frais d’essayer sur la jeune fille l’effet du thermo-cautère, appareil employé en médecine pour faire des brûlures.

L’idée des médecins était de tracer avec des points de feu une double raie depuis la nuque jusqu’à la partie postérieure de la moëlle épinière, et, transversalement, d’une épaule à l’autre.

Après trois ou quatre applications de la pointe brûlante, la jeune fille a poussé un grand cri: « Maman! Qu’est-ce qu’ils font! »

Les médecins ont continué leur opération, fort encouragés de ce premier signe de retour à la vie, et bientôt, la maladie, tout-à-fait réveillée, s’est mise à crier de douleur à chaque nouvelle morsure du fer rouge. Elle appelait sa mère à son secours, sous la torture qu’elle ressentait des brûlures.

Cependant, ses yeux restaient appesantis comme par un reste de léthargie et se fermaient parfois.

Pour être certain que le réveil serait définitif, le docteur Rivest jugea nécessaire de continuer l’opération jusqu’au bout, quelque douloureuse qu’elle fut pour la patiente.

La jeune fille avait reçu plus de cinquante brûlures, toutes de peu d’étendue et absolument superficielles, lorsqu’on jugea l’opération terminée.
[…]
Pendant les premiers jours de la maladie, il [le docteur Rivet] a espéré que la malade se réveillerait d’elle-même et a résolu d’attendre. Mais quand il a vu que la léthargie se prolongeait outre mesure il a immédiatement demandé aux parents d’amener la malade dans un hôpital où il aurait pu la traiter comme doivent l’être les cas de cette nature.

Eva Roch. La Patrie, 12 janvier 1899,

Eva Roch. La Patrie, 12 janvier 1899,

La science prescrit comme moyen excellent pour tirer d’un sommeil prolongé les malades hystériques, les douches froides ou les applications électriques. Ces moyens ne pouvaient être employés que dans un hôpital, attendu qu’on ne trouve pas ailleurs les appareils nécessaires.

En outre, depuis neuf jours qu’une neuvaine était commencée à la cathédrale, sur la recommandation de Mgr Bruchési, pour le rétablissement de Mlle Roch, les parents ont refusé au médecin d’essayer aucun moyen scientifique pour la réveiller. Pleins de confiance en la prière, ils oubliaient que l’aide de Dieu ne vient jamais si bien que lorsqu’on s’aide sois-même.

[…]
Les pointes de métal employées pour la cautérisation sont en aluminium. On les chauffe à l’aide d’une lampe dont le feu est alimenté par un mélange d’alcool et de benzine.

Le docteur Rivet a été félicité du succès obtenu par un grand nombre de ses collègues. Le cas intéressant qu’il vient de conduire restera longtemps célèbre dans les annales de la médecine.

Eva Roch était la fille d’Antoine Roch et d’Angèle Leduc.

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Deux siamoises sont nées [Saint-Benoît, 1878]

La voix magnifique de Mlle Eugénie Tessier [1887]

Une visite à l’Institution des sourdes-muettes de Montréal en 1880

Le squelette vivant [Montréal, 1831]

La Minerve, 2 mai 1831

La Minerve, 2 mai 1831

La Minerve, 2 mai 1831

« Nos lecteurs aimeraient peut-être quelques détails sur l’individu qui s’est annoncé dans les papiers publics sous le nom de squelette vivant. Quoique nous ne croyons pas que ces exhibitiohns de monstres humains, qu’on exploite de ville en ville comme une ménagerie, soient d’aucune utilisé pour le public, et surtout encore moins pour augmenter la respectabilité de la condition humaine, nous emprunterons quelques détails à ce sujet à l’un des journaux anglais de cette ville. Cette homme est dans un tel état de maigreur, qu’il semble étonnant que son corps puisse remplir ses fonctions journalières. Son apparence n’est ni livide ni repoussante. Il a 5 pieds 3 pouces de haut; il avait 3 pouces de plus avant son amaigrissement.

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Extrait de Exhibiting at Malhiot’s Hotel [microform] : Calvin Edson, the living skeleton

 Sa jambe au dessus du coude-pied a 3 pouces et demi de circonférence, 6 1/2 au dessus du mollet, 8 1/2 au dessus du genou, et 11 1/2 sur le genou; son poignet a 3 pouces trois quarts de tour, et le bras au dessus du coude cinq pouces par dessus ses habits. Il dit qu’il a autrefois séjourné six mois dans cette ville ».

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L’inquiétant Dr. Tumblety [Montréal, 1857]

Découverte de squelettes à Lévis: les victimes du Docteur L’Indienne? [juillet 1865]

Trois squelettes découverts lors de fouilles archéologiques à Québec en 1878

Un mystérieux squelette [Québec, 1864]

Le baptême d’un Chinois [Montréal, 1902]

La Patrie, 8 septembre 1902

« LE BAPTÊME D’UN CHINOIS
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Imposante cérémonie à l’église de l’Immaculée Conception – M. Hum Bow, de la rue Rachel, est entré, hier dans le giron de l’Eglise.
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Il se propose de catéchiser ses compatriotes
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L’église catholique compte un enfant de plus.

M. Hum Bow est entré, hier, dans son giron.

M. Hum Bow est un Chinois qui tient une buanderie – naturellement – au No 364 de la rue Rachel, près de la rue St-Denis. Il est né, il y a 25 ans, dans le village de Yum Ung, district de Haï Ping, à 300 milles de Hong Kong. L’histoire de sa vie est des plus simples: Elevé par d’excellents parents avec une grande vigilance, il a reçu une bonne instruction primaire. A l’âge de 16 ans, il convolait en justes noces avec une demoiselle de 13 ans. Et il y a trois ans et demi, il venait à Montréal rejoindre de nombreux parents (il y a une centaine de Hum dans nos murs).

En Chine, M. Hum Bow avait entendu parler des missionnaires catholiques, de leurs oeuvres, de leur dévouement sans bornes à la cause de la religion.  »

[…]

Le journaliste décrit ensuite la cérémonie de baptême.

Baptême de Hum Bow à l'église de l'Immaculée Conception de Montréal. La Patrie, 8 septembre 1902.

Baptême de Hum Bow à l’église de l’Immaculée Conception de Montréal. La Patrie, 8 septembre 1902.

L’article se poursuit ainsi.

« Les parrain et marraine étaient l’échevin et Mme Hébert, mais le néophyte, très ému, il est vrai, a répondu lui même, en latin d’abord, puis en anglais.

Il a reçu le prénom de Thomas.

Ce matin, il a fait sa première communion.

Hum Bow. La Patrie, 8 septembre 1902

Hum Bow. La Patrie, 8 septembre 1902

Prochainement, M. Thomas Hum Bow partira pour la Chine où l’attend sa jeune épouse qu’il amènera au Canada dans cinq ou six mois. Et, catholique aussi zélé que convaincu, il se propose de réunir souvent autour de lui, à son retour, les nombreux Hum de Montréal, afin de les catéchiser.

M. Thomas Hum Bow a des goûts occidentaux; il s’habille comme vous et moi, ne porte par la natte traditionnelle et ne fume pas l’opium.

Espérons que, grâce à son concours, il y aura bientôt à Montréal une importante colonie de Chinois catholiques. »

On peut voir l’acte de baptême ici (no 303).

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La guerre à l’opium [Montréal, 1906]

Le propriétaire du journal La Minerve convoqué en duel [Montréal, 1836]

Painting | Clément-Charles Sabrevois de Bleury (1798-1863) | M987.231

Le duelliste Clément-Charles Sabrevois de Bleury (1798-1863) 

La Minerve, 7 avril 1836

« DUEL – Mardi dernier après midi, vers les cinq heures, une rencontre a eu lieu derrière la montagne, entre C.C. S. de Bleury, Ecr., avocat, l’un des représentans du comté de Richelieu, et Mr. Ludger Duvernay, propriétaire de la Minerve. Le premier était accompagné de John McDonell, etc., et le second par E.E. Rodier, ecr., membre pour le comté de l’Assomption, sitôt que les parties eurent atteint le lieu fixé, la distance de douze pas fut mesurée et bientôt commença l’action. La première balle de Mr. de Bleury frappa son adversaire dans son surtout, vis à vis de la poche, et jeta son mouchoir par terre. Les seconde, troisième, et quatrième balles furent échangées sans effets. La cinquième balle de Mr. de Bleury frappa Mr. Duvernay dans les parties charnues de la cuisse droite, un peu au-dessus du genoux et lui égratigna l’autre cuisse. La blessure est légère. Les parties ont laissé le terrain sans explication. – Courier ».

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Comment déranger les députés [Québec, 12 février 1836]

Une famille abandonnée [Montréal, 1888]

La Patrie, 16 juin 1888

« Famille sans abri

une femme du nom de Blanchet, accompagnée de cinq enfants, s’est présentée ce matin au chef de police, en déclarant qu’elle se trouvait absolument dénuée de ressources. Ses enfants sont âgés respectivement de 6,5,4 et 3 ans, le plus jeune n’a que deux mois. Interrogée par le chef de police, cette femme n’a pu donner de renseignements bien clairs.

Ses versions sont absolument contradictoires. Elle se disait venant de Ste Lucie de Rimouski et immédiatement après, déclarait que son domicile était établi à Barry, Ontario. Le mystère au sujet de son mari est tout aussi complet. Après l’avoir fait passer pour mort depuis quatre mois, elle a prétendu qu’atteint d’aliénation mentale, il l’avait abandonnée.

Quoiqu’il en soit le sort de cette malheureuse et de ses enfants est des plus tristes. Il est probable que les deux aînés seront envoyés à Québec où ils ont trouvé un abri, le bébé va être porté au couvent des soeurs.  »

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Aventures extraordinaires d’une jeune fille de Rimouski en 1918

Collision [Intercolonial, entre le Bic et Rimouski, mars 1889]

Arrestation du Dr Crippen à Pointe-au-Père, auj. Rimouski [31 juillet 1910]

Description de la seigneurie de Rivière-du-loup en 1815

Trois Français disparaissent [Montréal, 1910]

Enterrée vivante [Montréal, 1874]

Si vous souffrez de taphophobie, passez votre chemin…

La Minerve, 7 novembre 1874

« ENTERRÉE VIVANTE – Le cimetière protestant a été, il y a quelques jours, le théâtre d’une scène horrible. Une dame nouvellement mariée tomba subitement malade et mourut deux jours après avoir pris le lit. Pendant trois jours son corps fut exposé, présentant tous les signes de la mort, moins la décomposition et la difformation des traits, et lorsqu’on le déposa dans le cercueil, les personnes présentes remarquèrent qu’il était parfaitement conservé.

A l’arrivée du convoi funèbre au cimetière, le cadavre fut transporté dans le charnier, car un parent de la défunte, arrivé au dernier moment, demandant à contempler une dernière fois ses traits. Mais quel fut l’effroi des assistants lorsqu’en ouvrant le cercueil on s’aperçut que le corps n’occupait pas la position dans laquelle on l’avait placé. Il était couché sur le côté, la tête était rejetée en arrière et il faut croire que la malheureuse femme a fait un suprême effort pour rompre l’enveloppe de son cercueil, car ses bras étaient élevés en l’air.

Nous renonçons à peindre la terreur des personnes présentes; le mari, fou de désespoir, poussait des cris affreux et s’arrachait les cheveux et plusieurs femmes s’évanouirent. L’une d’elle, en revenant de sa syncope, [illisible] une crise nerveuse et on dû la transportée [sic] à l’hôtel Denzer, qui se trouve à l’entrée du cimetière.

On suppose que l’infortunée était en léthargie et que le mouvement du corbillard, dans lequel était placé le cercueil l’aura fait revenir à la vie.

Pour des raisons de convenance, nous supprimons les noms, mais nous garantissons la véracité de cette horrible histoire, que nous tenons de témoins dignes de foi. »

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UN CERCUEIL SUR LA RIVE [1892]

L’ENTERREMENT DE JOSEPH GUIBORD [MONTRÉAL,1875]

L’OEUVRE DE RÉSURRECTIONNISTES (QUÉBEC, 26 JANVIER 1866) – vols de cadavres par des étudiants en médecine

CIMETIÈRE SAINT-CHARLES À QUÉBEC