Engouement pour la généalogie [1925]

Où il est question de généalogie, du Rapport de l’archiviste de la province de Québec, du Dictionnaire généalogique de Mgr Tanguay, du sieur de Vincennes et du Bulletin des Recherches historiques.

La Patrie, 8 janvier 1925

LES ETUDES GÉNÉALOGIQUES INTÉRESSENT FORT LE PUBLIC
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CE QU’EN DIT L’ARCHIVISTE DE LA PROVINCE DANS SON RAPPORT – NOMBREUSES CONSULTATIONS CONCERNANT DES PROBLÈMES HISTORIQUES. – LE CONCOURS D’HISTOIRE
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A PROPOS DU LABRADOR
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QUEBEC, 8. (Du correspondant de la « Patrie »). – Nous lisons dans le rapport de l’archiviste de la province, M. Pierre-Georges Roy, soumis au secrétaire provincial, les faits suivants:

c. 1925. Publishé dans Raphaël Ouimet, Biographies canadiennes-françaises, Montréal, 1926, page 167. Source: BANQ

Pierre-Georges Roy c. 1925. Publié dans Raphaël Ouimet, Biographies canadiennes-françaises, Montréal, 1926, page 167. Source: BANQ/Wikipédia

L’année 1923-1924 a été bien remplie pour les Archives de la province de Québec. La besogne n’a pas manqué dans les différents domaines de notre activité. On s’intéresse de plus en plus dans notre province aux études généalogiques. Hauranne raconte quelque part qu’un colon logé dans une cabane de « bois ronds » lui montra un jour sa généalogie collée au dos d’un petit miroir. Le pauvre hère était tout fier de lui donner le nom de la commune de Normandie d’où son ancêtre était parti pour venir dans la Nouvelle-France. Cet arbre généalogique était pour ainsi dire le seul ornement de la cabane. Le colon et sa nombreuse famille y tenaient comme à la prunelle de leurs yeux. Ce cas n’est plus une exception dans notre pays. De l’autre côté de l’océan, seules les familles nobles ou d’ancienne bourgeoisie s’occupent de retracer leurs ancêtres, et, même, il fut un temps où l’ambition des vieilles familles françaises était de faire remonter leur lignée jusqu’aux croisées. Nos familles canadiennes sont moins exigeantes. Ici, comme dit Benjamin Sulte, l’orgueil de chaque famille est de rattacher son ascendance à un petit village de l’ancienne France. L’acte de mariage qui lui donne le nom de la commune d’où est sorti son premier ancêtre canadien est pour elle la plus belle lettre de noblesse.

Pendant l’année écoulée nous avons reçu près de mille demandes de renseignements généalogiques. La besogne, dans ce domaine, devient si ardue que je me demande s’il ne serait pas mieux, afin de ne pas nuire à l’efficacité des autres services, de confier ces recherches à un employé qui s’occuperait exclusivement de généalogie. Ce spécialiste pourrait en même temps se charger des corrections et des additions au Dictionnaire généalogique de Mgr Tanguay, besogne importante dont j’ai eu l’honneur de parler dans un de mes précédents rapports.

Livre | Dictionnaire généalogique des familles canadiennes-françaises depuis la fondation de la colonie jusqu'à nos jours | M2008X.6.3

Dictionnaire généalogique des familles canadiennes-françaises depuis la fondation de la colonie jusqu’à nos jours

Le Dictionnaire généalogique de Mgr Tanguay est le livre d’or, le liber baptizatorum de la race française sur le continent américain. Cet ouvrage si important doit être corrigé, cependant, et surtout complété. Qui va entreprendre cette tâche patriotique? Des amateurs enthousiastes sont tour à tour entrés en lice pour continuer l’oeuvre de Mgr Tanguay. Ils sont disparus les uns après les autres laissant inachevé le travail commencé avec tant d’ardeur. Le fardeau était trop lourd pour leurs épaules. Les Bénédictins de l’espèce Tanguay ne se rencontrent pas tous les jours. Avouons-le, le Dictionnaire généalogique ne peut être corrigé ni continué par un seul individu. Une société bien organisée ou un gouvernement, seuls, peuvent entreprendre pareille tâche. Le Dictionnaire généalogique de Mgr Tanguay est, de l’aveu de tous, une oeuvre nationale. Pourquoi le gouvernement de la province de Québec ne se chargerait-il pas de lui donner sa pleine utilité en le complétant? Ce travail peut demander vingt ou trente ans de patientes recherches. Qu’importe! Nous n’en verrons probablement pas la fin, mais nous aurons au moins le plaisir de dire avec le poète:
Nos arrière-neveux nous devront cet ombrage.

***

Je ne voudrais pas, parce que je viens de dire, vous laisser sous l’impression que le Bureau des Archives de la province de Québec, au cours de l’année 1923-1924, n’a reçu que des demandes d’informations généalogiques. Nous avons été consultés sur des douzaines de problèmes historiques, les uns faciles, les autres d’une solution plus embarrassante, quelques-uns, enfin, auxquels nous n’avons pu répondre.

Plusieurs de ces problèmes d’histoire étaient fort intéressant. Je vous avoue que si la besogne journalière me laissait un peu de répit je m’attarderais volontiers dans l’étude de nos vieux dossiers afin d’éclairer certains points obscurs des enquêtes proposées. Les recherches sont quelquefois longues et ennuyeuses mais le plaisir de trouver un nom ou une date qui fixe définitivement une matière longtemps discutée fait bien vite obulier ces fatigues.

Voulez-vous me permettre, monsieurs le ministre, de vous citer un de ces cas qui font la joie des amis des vieux papiers? Les états de Wisconsin et de Michigan sont depuis longtemps en dispute au sujet de leurs bornes respectives. Dernièrement le préposé aux cartes géographiques de la bibliothèque du Congrès des États-Unis me demandait des renseignements sur la découverte du lac Vieux-Désert, qui sépare partiellement les deux états. Si vous trouvez les pièces que nous cherchons, ajoutait-ils, vous mettez fin à la dispute. Je n’ai pu encore faire toutes les recherches voulues mais j’ai bon espoir tout de même de fournir aux intéressés les pièces qu’ils recherchent.

N’y a-t-il pas pour nous un légitime sentiment d’orgueil? La bibliothèque du Congrès est certainement l’institution du monde entier la mieux fournie en Americana et cependant elle est obligée de recourir aux Archives du Québec pour solutionner un point d’intérêt purement local. D’ailleurs, ce ne ser pas la première fois que les Archives du Québec auront rendu service aux historiens des États-Unis. On a cherché pendant près d’un denmi-siècle à identifier le sieur de Vincennes, fondateur de l’état de l’Indiana. Le jour où on s’est décidé à fouiller les archives du Québec, les preuves sont sorties nombreuses, claires comme le jour, que le mystérieux sieur de Vincennes que les uns réclamaient comme un Irlandais, les autres comme un fils de la vieille France, était tout simplement un Canadien-français de Québec.

Panneau commémoratif par Mingusboodle. Wikipédia.

Panneau commémoratif par Mingusboodle. Wikipédia.

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Et puisque nous sommes sur le sujet des demandes de renseignements, l’occasion est peut-être bonne pour vous dire que nous avons fourni au département du procureur général une documentation inédite et aussez volumineuse sur le Labrador. Les journaux parlaient justement ces jours derniers de la rencontre de l’honorable premier ministre de la province de Québec avec le premier ministre de Terre-Neuve. Tous les deux devaient discuter de la question si importante des bornes du Labrador. Nos archives, tant judiciaires qu’historiques, sont remplies de pièces sur le Labrador. Bon nombre de négociants de Québec ont fréquenté le Labrador sous le régime français. Leurs établissements de pêche et de chasse furent souvent détruits par les farouches Esquimaux. Ces essais dénotent tout de même chez eux un esprit d’entreprise remarquable que le gouvernement du Roi n’a peut-être pas assez encouragé. Nous notons toutes ces pièces à mesure que nous les rencontrons et nous en ferons un dossier qui, avant longtemps, donnera une documentation abondante et sûre aux écrivains qui voudraient faire l’histoire de la côte mystérieuse du Labrador.

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Bulletin des recherches historiques, 1920.

Bulletin des recherches historiques, 1920.

Le Bulletin des Recherches Historiques, organe du Bureau des Archives de la province de Québec, termine avec sa livraison de décembre courant, sa trentième année d’existence.  Notre revue est la seule publication canadienne-française exclusivement consacrée à l’histoire. Ce privilège lui vaut l’honneur d’être souvent consulté. Chaque volume contient une table des matières, mais cette table n’est pas suffisante pour le chercheur. Celui-ci, souvent, pour trouver un simple petit fait, doit feuilleter quinze ou vingt volumes du Bulletion. C’est dans le but d’éviter ces recherches aux amateurs d’histoire que j’ai préparé un index complet des trente volumes du Bulletin des Recherches Historiques (1895-1924). Dès les premiers jours de 1925, je remettrait entre les mains de l’imprimeur le manuscrit de cet index. Je n’ai pas la prétention d’avoir fait un travai parfait. J’espère, toutefois, que même avec ses défauts et ses lacunes ceux qui consultent le Bulletin seront heureux de l’avoir sous la main car il leur évitera bien des recherches. Cet index donne plus de 10,000 références et comprendra deux volumes de 350 pages chacun.

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Dois-je vous parler du concours d’histoire qui vient de s’ouvrir sous les auspices du gouvernement de la province de Québec? Tous les détails vous en sont familiers puisque c’est vous, monsieur le ministre, qui y avez mis la dernière main et les avez fait connaître au public.

Les journaux ont très favorablement accueilli ce concours.

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10. Athanase David (1882-1953): un acteur de la promotion et de la protection du patrimoine

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Au Québec et ailleurs, on nomme des routes, des rues, des bâtiments et des parcs en l’honneur de personnes qui ont marqué notre histoire. Cette série de billets a pour but de vous faire découvrir ces gens.

Un édifice à Saint-Jerôme, un pavillon de l’UQAM, un croissant à Sainte-Agathe-des-Monts, un pont à Bois-des-Filion, une rue à Mirabel et le village de Val-David sont nommés en son honneur. Qui était-il?


Études et entrée en politique

Impression | Hon. Louis Athanase David, secrétaire provincial du  Québec | M20111.73 Louis Athanase David naît à Montréal le 24 juin 1882. Il est le fils de Laurent-Olivier David (journaliste et politicien) et d’Albina Chenet. Son parrain est l’écrivain Louis Fréchette. (Réf) Il a étudié au collège Sainte-Marie puis à l’Université Laval à Montréal, en droit. Il est reçu au Barreau en 1905
Il épouse en 1908 Antonia Nantel, fille de Guillaume-Alphonse Nantel (politicien, écrivain et journaliste). Avocat de formation, Athanase David a fait carrière en politique, étant élu sous la bannière libérale dans Terrebonne (1916-1936 et 1939-1940).

La promotion des arts et du patrimoine

Athanase David est secrétaire et registraire de la province de Québec, de 1919 à 1936. Grâce à lui, le gouvernement pose plusieurs actions pour le rayonnement des arts, la conservation et la diffusion du patrimoine et l’éducation. Voici quelques exemples.

  • 1920. Création du Bureau des archives de la province de Québec. Pierre-Georges Roy est nommé archiviste de la province. Cela amène la publication du Rapport de l’archiviste (publication de documents d’archive), au classement et à l’enrichissement du corpus archivistique de la province par l’ajout de documents, etc .. Le Bulletin des Recherches historiques, fondé par Pierre-Georges Roy, est lié dès 1923 au Bureau des Archives de la province de Québec. Des inventaires archivistiques sont publiés. Grâce à Athanase David et Pierre-Georges Roy, les archives de la province sont mieux organisées et connues. Cet organisme a évolué pour devenir de nos jours Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ).
  • 1922 : Promulgation de la Loi relative à la conservation des monuments historiques et des objets d’art ayant un intérêt historique ou artistique. De cette loi découle la création de la Commission des monuments historiques aujourd’hui appelée Commission des biens culturels. Il s’ensuit des publications et des inventaires du patrimoine québécois grâce à la collaboration de Gérard Morisset.
  • Toujours en 1922, le gouvernement Taschereau adopte la Loi créant les école des Beaux-arts de Québec et de Montréal  et la Loi pour encourager la production d’œuvres littéraires ou scientifiques. Athanase David instaure les Concours littéraire et scientifique, ancêtre des Prix du Québec, dont un des prix porte son nom.

Le prix Athanase-David est accordé à un écrivain pour l’ensemble de son œuvre. Les genres littéraires reconnus aux fins de ce prix sont le conte, la nouvelle, la poésie, le récit, le roman, la dramaturgie, la bande dessinée, l’essai, la critique littéraire, le journalisme et toutes les formes de littérature pour la jeunesse. (Réf 1 et 2 )

Il est décerné depuis 1968.

Quelques récipiendaires : Victor-Lévy Beaulieu, Anne Hébert, Réjean Ducharme, Yves Thériault, Marie-Claire Blais, Gabrielle Roy, Marcel Dubé, Félix-Antoine Savard.

Durant son mandat, le gouvernement a accordé un soutien monétaire à la Maison des étudiants canadiens à Paris et a octroyé des bourses à des étudiants pour qu’ils aillent parfaire leur éducation en Europe et ce, dans plusieurs disciplines comme la musique, les lettres, les sciences sociales et la médecine. Gérard Morisset a bénéficié d’une de ces bourses.

Des organismes culturels (Monument national, Conservatoire national de musique, etc)  ainsi que le Programme d’encouragement à la littérature et aux beaux-arts dans les écoles primaires ont aussi pu bénéficier du soutien de l’état.

Athanase David a participé, avec son épouse, à la fondation de l’Orchestre symphonique de Montréal (1934).


Entre 1940 et 1954, il est est sénateur.


Il est décédé à Montréal le 26 janvier 1953.


Athanase David est le grand-père de la politicienne Françoise David.

Honneurs
Il est fait chevalier de la Légion d’honneur
en 1923, officier en 1925 et commandeur en 1934.


Écrits
En marge de la politique. Montréal. Lévesque, 1934. 181 pages. (recueil de discours)

Conclusion
Le passage en politique d’Athanase David a permis de donner un certain élan à la préservation et la diffusion du patrimoine et de l’histoire du Québec grâce à un organisme comme le Bureau des Archives de la Province de Québec. La
Loi relative à la conservation des monuments historiques et des objets d’art a été une des premières étapes dans la protection du patrimoine du Québec par le gouvernement. Il a aussi participé à la promotion de la littérature avec l’instauration de prix littéraires. Les années 20 sont définitivement intéressantes pour ceux qui s’intéressent à l’apport du gouvernement à la protection du patrimoine…

Webographie

Gouvernement du Québec [en ligne] Qui était Athanase David? (1882-1953) [Page consultée le 6 mai 2010] Adresse URL.

Gouvernement du Québec [en ligne] Qui était Athanase David? (1882-1953) [Page consultée le 6 mai 2010] Adresse URL.

Wikipédia [en ligne] Laurent-Olivier David [Page consultée le 6 mai 2010] Adresse URL.

Wikipédia [en ligne] Athanase David? [Page consultée le 6 mai 2010] Adresse URL.

Assemblée nationale du Québec  [en ligne] Athanase David? [Page consultée le 6 mai 2010] Adresse URL.

Fernand Harvey [en ligne] La politique culturelle d’Athanase David 1919-1936 [Page consultée le 6 mai 2010] Adresse URL. Paru dans le Cahier des Dix, no 57 (2003) p.31 à 83

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Une rue à Saint-Augustin-de-Desmaures et une bibliothèque  à Lévis portent son nom. Qui était Pierre-Georges Roy?

Biographie

Pierre-Georges Roy, 1895. Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Pierre-Georges Roy, 1895. Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Pierre-Georges Roy naît à Lévis le 23 octobre 1870 et  décède en cette même ville le 4 novembre 1953. Il est le frère de Joseph-Edmond Roy, maire de Lévis de 1896 à 1900, historien (Histoire de la seigneurie de Lauzon) et archiviste. Il a épousé Eugénie Marsan en 1896.

Pierre-Georges Roy fait ses études au Collège de Lévis ainsi qu’au Séminaire de Québec. Il fonde la revue d’histoire et de littérature Le Glaneur, revue qui survit jusqu’en 1892. En 1893, il lance Le Moniteur de Lévis,  un journal  d’allégeance conservatrice. (Réf. Simard p. 207.)
En 1894, Roy devient greffier de la Cour d’appel du Québec et fonde l’année suivante le Bulletin des recherche historiques.

Le BRH -comme on l’appellera communément- comprendra donc des études, des listes, des bibliographies, des inventaires, des inédits, des chroniques enfin comme celle des  »Questions » et  »Réponses » qui lui donneront son caractère. (Réf. Jean Simard. p. 208)

Ce bulletin mettra en valeur les archives de la province de Québec. Il s’agit encore aujourd’hui d’une très belle source pour les gens qui s’intéressent à l’histoire du Québec.

En 1920, Pierre-Georges Roy fonde le Bureau des archives du Québec. Il est nommé archiviste provincial, le premier à occuper cette fonction. Notons qu’il n’a pas de formation d’archiviste en tant que tel; il a appris par la pratique.

Bulletin des recherches historique Source: archive.org

Bulletin des recherches historique Source: archive.org

Il est le directeur du Bulletin des recherches historiques, revue qu’il a fondé, de 1895 à 1948. C’est son fils qui prendra sa succession. Cette revue a été publiée jusqu’en 1968. Son épouse Eugénie a été une précieuse collaboratrice . Le BRH devient en 1923

l’organe officiel du Bureau des archives de la province de Québec. (Réf. Jean Simard p.208)

Fouiller le sol, déblayer le terrain: telle était la tâche urgente, aux yeux de Pierre-Georges Roy, la véritable histoire nationale étant impossible avant «le jour où des monographies nombreuses auront déblayé le terrain et préparé la voie à nos historiens». Dans les circonstances, cela voulait dire faire la chasse aux documents, les déchiffrer, les analyser, les commenter, en tirer les réponses aux cent, aux mille questions que les curieux se posaient. Aussi bien, quand il parut, en 1895, le Bulletin des recherches historiques comblait une lacune.  (Réf.)

Aussi,

En 1895 Pierre-Georges Roy (1870-1953) fonde le Bulletin des recherches historiques qui publie très tôt plusieurs articles consacrés à des monographies paroissiales, des biographies d’artistes, des oeuvres, des coutumes. Lui-même publie plusieurs articles sur des peintres, la peinture et l’architecture, mais surtout une grande quantité de monographies paroissiales où des aspects artistiques sont abordés et qui dénotent un fort intérêt pour les valeurs de la vie à la campagne autour du clocher paroissial sous la houlette de l’Église catholique. (Réf)

Jean Simard le qualifie, lui et Gérard Morisset, de »pionniers de l’inventaire ». (Réf. Simard p.204)

Que dire de plus? Pierre-Georges Roy a publié les Rapports de l’archiviste de Québec (dès 1921). Il a lancé en 1923 un concours d’histoire. Il a été attaché au service des Archives du Dominion, secrétaire de la Commission des monuments historiques et conservateur du Musée du Québec en 1931. Une carrière bien remplie!

Publications

Lorsque son fils Antoine publie en 1928 une Bibliographique analytique de ses oeuvres, Pierre-Georges Roy a déjà rédigé plus de 100 ouvrages. A son décès, ce chiffre s’élève à 300.(Réf).

Voici un aperçu de sa production.

Il a écrit de nombreux articles qui ont paru dans les Cahiers des Dix.

On retrouve d’autres textes de Pierre-Georges Roy sur archive.org ainsi que Nos Racines.

L’oeuvre de Pierre-Georges Roy traite de la

généalogie des grandes familles du Régime français, à des monographies de lieux et de monuments, à des inventaires, aux grandes séries que sont le BRH, Les Petites Choses de notre histoire et les rapport annuels des archives et de la Commission des monuments historiques. (Réf. Simard p. 213).

Jean Simard écrit d’ailleurs que:

Plus de soixante ans d’assiduité en faveur d’une double mission; celle de l’historien des  »petites choses », qu’il accomplit le plus souvent à titre privé, celle ensuite qui fera de lui le plus grand intendant du patrimoine culturel de son époque.(Réf. Simard p. 207)

Distinctions

Pierre-Georges Roy a été élu en 1911 à la section de littérature française de la Société Royale. Il a été fait Commandeur de l’Ordre de Saint-Georges-Le-Grand.  En 1919, il a reçu la Légion d’Honneur en 1927 et a été fait Commandeur de l’Ordre pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand. Il a reçu la médaille Tyrrell en 1932, a été membre de la Société royale du Canada et de la Société des Dix et il a été fait Officier de l’Instruction publique de France en 1906. En 1919, il a été lauréat de l’Institut de France. Il était aussi membre honoraire de la Société historique de Boston.

Il a reçu des doctorats honoris causa des universités suivantes: Université Laval, lettres (1911), Université d’Ottawa, lettres, (1925), Université Notre-Dame de l’Indiana, droit (1918).

Ses archives

Il existe trois fonds d’archives qui portent son nom.

  • Fonds Pierre-Georges-Roy Ville de Montréal
  • Fonds Pierre-Georges-Roy des Archives nationales du Québec
  • Fonds Pierre-Georges-Roy, Université d’Ottawa

Conclusion

Pierre-Georges Roy s’est distingué par son abondante production historique. Il s’est intéressé à plusieurs sujets: l’histoire de Lévis, de Québec, de la Nouvelle-France, etc. Il a contribué à l’archivistique au Québec, mais surtout, il a permis de faire connaître les archives et l’histoire du Québec par le Bulletin des recherches historiques et ses autres publications.

Webographie

Ville de Lévis (Page consultée le 19 avril 2010) Bibliothèque Pierre-Georges-Roy [n’est plus en ligne]

Wikipédia. (Page consultée le 19 avril 2010) Pierre-Georges Roy [en ligne] Adresse URL

Jean Bruchési (Page consultée le 19 avril 2010) Pierre-Georges Roy (1870-1953) Histoire Québec, Volume 9, numéro 1, juin 2003, p. 42-43 [en ligne] http://id.erudit.org/iderudit/1046ac

Claude Bélanger (Page consultée le 19 avril 2010) Pierre-Georges Roy archiviste [en ligne] Adresse URL

Université d’Ottawa (Page consultée le 19 avril 2010) Fonds Pierre-Georges-Roy [en ligne] Adresse URL

Robert Derôme (Page consultée le 19 avril 2010) Le Bulletin des recherches historiques 1895- [en ligne] Adresse URL

Bibliographie

SIMARD, Jean. Le Québec pour terrain: itinéraire d’un missionaire du patrimoine religieux. Québec, Presses de l’Université Laval, 2004, 254 pages.

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Le loup-garou du Kamouraska (1766-1767)

Le 21 juillet 1766 était publié dans la Gazette de Québec un inquiétant article:

L’on apprend de Saint-Roch, près de Cap Mouraska (Kamouraska) qu’il y a un loup-garou qui court les côtes sous la forme d’un mendiant, qui, avec le talent de persuader ce qu’il ignore, et en promettant ce qu’il ne peut tenir, a celui d’obtenir ce qu’il demande. On dit que cet animal, avec le secours de ses deux pieds de derrière, arriva à Québec le 17 dernier et qu’il en repartit le 18 suivant, dans le dessein de suivre sa mission jusques à Montréal. Cette bête est dit-on, dans son espèce aussi dangereuse que celle qui parut l’année dernière dans le Gévauclan * ; c’est pourquoi l’on exhorte le public de s’en méfier comme d’un loup ravissant.

*Gévaudan

Quelques mois plus tard, le 10 décembre 1767…

De Kamouraska, le 2 décembre, nous apprenons qu’un certain loup-garou, qui roule en cette province depuis plusieurs années, et qui a fait beaucoup de dégâts dans le district de Québec, a reçu plusieurs assauts considérables au mois d’octobre dernier, par divers animaux que l’on avait armés et déchaînés contre ce monstre, et, notamment, le 3 de novembre suivant, qu’il reçut un si furieux coup par un petit animal maigre, que l’on croyait être entièrement délivré de ce fatal animal, vu qu’il est resté quelques temps retiré dans sa tanière, au grand contentement du public.

Mais on vient d’apprendre, par le plus funeste des malheurs, que cet animal n’est pas entièrement défait, qu’au contraire, il commence à reparaître plus furieux que jamais et fait un carnage terrible partout où il frappe. Défiez-vous donc tous des ruses de cette malicieuse bête, et prenez garde de tomber entre ses pattes.

Référence: Bulletin des recherches historiques. Pierre-Georges Roy, p.224, vol. XV, juillet 1909, n07.

Qu’est-ce qu’un loup-garou?

On dit que

dans la tradition populaire du Québec, plus de la moitié des récits évoquent des individus se transformant en loup-garou après avoir omis de se confesser ou de faire leurs Pâques pendant sept ans. D’autres récits font également mention de gens ayant vendu leur âme au diable ou menant une  »mauvaise vie », c’est-à-dire ayant une conduite hors des préceptes de l’Église.

Référence: Bryan  Perro, Créatures fantastiques du Québec, tome1,  Trécarré, 2007, p. 73

Comment se débarrasser d’un loup-garou?

Pour démasquer les loups-garous, il suffit de surveiller de près ceux qui, tous les soirs, s’éclipsent à la même heure. Si on arrive à blesser l’animal, l’homme sera blessé au même endroit le lendemain. L’une des façons de délivrer un loup-garou du maléfice est de l’atteindre au front, son point faible, sur lequel il a reçu l’eau bénite du baptême. Il faut y tracer une croix ou frapper pour faire couler le sang. Il est aussi possible d’atteindre le loup-garou en utilisant un fusil bourré de rameau bénit, d’un chapelet ou encore de balles trempées dans l’eau bénite.
(Site internet de la Maison St-Gabriel – n’est plus en ligne)

Contes vrais de Pamphile Lemay. Illustration par Henri Julien, 1907.

Le loup-garou dans la littérature québécoise.

On le retrouve dans de nombreux contes, dont:

La Chasse-galerie d’Honoré Beaugrand.

Au coin du feu – Histoire et fantaisie (1877) par Benjamin Sulte, voir le  intitulé Le loup-garou.

Contes Vrais (1899)de Pamphile Le May.

En Europe

A la même époque que le loup-garou du Kamouraska rôde en France la bête du Gévaudan à qui ont attribue plusieurs décès

Conclusion

Le loup-garou est un personnage marquant du légendaire québécois au même titre que le diable et plusieurs autres. Il a inspiré de grands conteurs comme Le May, Beaugrand et Sulte. Les légendes entourant les loups-garous nous montrent à quel point l’Église était importante dans la société. Malheur à qui ne fait pas ses Pâques! 🙂

Bibliographie

Monographies

ROY, Pierre-Georges, http://www.ourroots.ca/f/toc.aspx?id=3323. Septième série, p.73-74, Lévis, 1919

PERRO, Bryan. Créatures fantastiques du Québec, Trécarré, Montréal, 2007, 160 pages.

Périodique

Bulletin des recherches historiques. Pierre-Georges Roy, vol. XV, juillet 1909, no 7, p. 224.

Sites internet

Maison Saint-Gabriel. (Page consultée le 27 février 2010) Une faune maléfique. [n’est plus en ligne]

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