Un verdict d’homicide [Arthabaska, 1885]

Le Progrès de l’Est, 21 juillet 1885

« Il y a deux mois environ, une jeune femme d’Arthabaska se rendit à Montréal et mit au monde une petite fille. Elle voyagea pendant un mois à peu près après cette couche, et fut revenue à Richmond avec son enfant il y a eu samedi huit jours. Le mardi suivant, l’enfant a été trouvé morte sur la ligne du Grand Tronc, à quelque distance de notre station du chemin de fer. La mère avait disparu. Le soir du même jour, M. le coroner Woodward a tenu une enquête sur le cadavre de la victime et un verdict d’homicide a été rendu par le jury. Un mandat d’arrestation fut aussitôt lancé contre la jeune femme que l’on suppose s’être rendue à Arthabaska et avoir pris ensuite les bois de peur de tomber entre les mains de la justice. Les recherches se sont continuées depuis sans résultat. »

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St-Cyr Crossing, un jeune village prometteur [1885]

Le Progrès de l’Est du  17 mars 1885 nous parle de St-Cyr Crossing, une jeune paroisse des Cantons-de-l’Est promise à un bel avenir. L’article plaide pour un investissement de capitaux dans cette dynamique localité.

St-Cyr Crossing.
-Située dans le canton de Cleveland, entre Richmond et Danville, cette localité jouit actuellement d’une importance qui mérite d’être signalée au public. Jusqu’à il y a quelques années, ce chemin de traverse était surtout considéré comme un entrepôt pour le commerce du bois et de l’écorce. Mais il s’y est fait des établissements depuis peu qui lui donnent un aspect tout différent. M. Charles Labonté a ouvert ici un joli magasin dont le débit est déjà très actif; la compagnie du Grand Tronc vient de construire une maison pour les hommes de section qui devra centraliser les affaires davantage; M. Cadotte a fait les achats de terrains nécessaires pour y élever un grand moulin dont le fonctionnement devra employer beaucoup de monde. Nous avons déjà les boutiques de forge et autres établissements d’utilité première que l’on rencontre dans les jeunes villages. Outre ces établissements, on remarque aussi un bon nombre de jolies maisonnettes qui offrent dans leur ensemble un coup d’oeil très plaisant. Il y a réellement beaucoup d’esprit d’entreprise dans ce centre nouveau, et le commerce, sustenté par la quantité d’écorce et de bois de tout genre qu’on y apporte chaque jour, ne saurait manquer d’y rencontrer beaucoup de succès. Avec un peu de capitaux, il pourrait certainement se former ici un centre d’affaires assez considérable. C’est ce que nous attendons.

Aperçu de la carte Map of the Eastern Townships of the province of Quebec, and adjacent territory, édité par E. R. Smith, Montréal, en 1884, BANQ

Aperçu de la carte Map of the Eastern Townships of the province of Quebec, and adjacent territory, édité par E. R. Smith, Montréal, en 1884, BANQ

La localité de St. Cyr Crossing a été absorbée plus tard par la municipalité du Canton de Cleveland, mais St-Cyr demeure dans la toponymie locale grâce au chemin St-Cyr.

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Décédé après six jours de mariage [1900]

Le Progrès de l’Est, 19 juin 1900

« Richmond
– On écrit de Richmond que le docteur Arthur Denis, qui épousait, lundi dernier, Mlle Burnside, est mort au cours de son voyage de noce, six jours après son mariage. Les jeunes époux étaient partis pour un voyage de huit jours à Montréal, Ottawa et Toronto, et leur mariage avait donné lieu, ici, à de grandes réjouissances, car ils y étaient grandement estimés. L’infortuné a succombé à la pneumonie foudroyante. Il a été inhumé au cimetière Mont-Royal, Montréal, avec les membres de sa famille, déjà décédés. Le docteur Duplessis, de Richmond, un des amis intimes du malheureux jeune homme, a été mandé auprès de lui, mais est arrivé quelques heures après qu’il eut expiré. La jeune femme du défunt retournera prochainement à Richmond, d’où elle n’est partie que depuis quelques jours, avec des espérances si brillantes. »

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La colonisation des Cantons-de-l’Est selon Benjamin Sulte (1899)

Voici un texte de Benjamin Sulte extrait de la Tribune de Woonsocket, Rhode Island, édition du 5 juillet 1899.

LES CANTONS-DE-L’EST

(préparé pour la Tribune)

Gravure | Vue de Sherbrooke, QC, v. 1867 | M930.50.8.476

Vue de Sherbrooke, QC, v. 1867

La région située au sud du fleuve Saint-Laurent, Bas-Canada (en arrière des seigneuries faisant face au fleuve) a été arpentée et distribuée en townships ou cantons, il y a un peu plus de cent ans. L’administration coloniale arrangea les choses pour que ces terres soient occupées par des Européens, c’est-à-dire des Anglais, Écossais et Irlandais, tous de langue anglaise et de religion protestante. On crut longtemps que les Canadiens-Français n’y pénètreraient jamais, mais après 1840 il se fit un mouvement qui donna lieu à l’origine de quelques paroisses composées de notre élément. Petit à petit, d’autres groupes se formèrent et prirent de l’extension. Vers 1870 le flot montant des Canadiens-français nous portait à croire qu’ils allaient s’emparer de tous les cantons, et les Anglais, persuadés que cela ne pouvait manquer, se mirent à vendre leur terres pour s’établir en Ontario et dans l’Ouest où les conditions de vie sont meilleures.

Ce qui a porté nos gens à se diriger vers ces cantons est uniquement le voisinage des anciennes paroisses. Ils ne voulaient point s’éloigner du foyer paternel, du moins ils cherchaient à se fixer le plus près possible des lieux de leur naissance. Que la terre fut de second ordre ou pire encore, peu leur important si elle n’était pas trop loin du fleuve Saint-Laurent. Jamais ils n’auraient consenti à faire comme les Anglais, les Écossais, etc. qui se dépaysent lorsqu’ils ont chance de trouver mieux dans une autre endroit – sans tenir compte de la distance. Tel est le secret de cette conquête des cantons qui étonne aujourd’hui notre monde.

Les recensements de 1851, 1871, 1891 indiquent assez clairement la marche envahissante des Canadiens; en voici quelques chiffres, ils montrent le percentage [sic] FRANÇAIS sur le total de la population:

1851 1871 1891
Sherbrooke 15 44 44
Stanstead 9 24 28
Shefford 44 66 77
Missisquoi 19 42 50
Compton 27 45
Wolfe 35 70
Richmond 33
Brome 25 33

Il est peu probable que, en 1901, le recensement mettra les cantons de l’Est a la même proportion que toute la province de Québec où les Canadiens comptent pour un peu plus de quatre vingts par cent.

En 1851 les Canadiens formaient 58 par cent de la population de la ville de Québec; ils dépassent aujourd’hui 8o. Montréal en 1851 n’avait que 45 par cent de Canadiens; on estime qu’ils sont aujourd’hui 70 par cent. Sorel et Trois-Rivières sont dans le même cas. Ainsi la province est bien acquise à notre élément et nous aurions fait d’autres tours de force en ce genre si l’appas [sic] des manufactures n’avait entraîné tant de familles hors du sol natal.

BENJAMIN SULTE

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