Wilfrid Derome (1877-1931) fondateur du premier laboratoire de médecine légale d’Amérique du Nord

Je vous propose d’écouter une entrevue accordée en 2003 par Jacques Côté, auteur de Wilfrid Derome, Experts en homicides (2003, Boréal), à l’émission radiophonique Les années lumières. Le sujet en est bien sûr Wilfrid Derome, qui a fondé à Montréal en 1914 le premier laboratoire de médecine légale d’Amérique du Nord. Il a aussi témoigné au procès de l’abbé Delorme.

Jacques Côté est aussi l’auteur de la série les Cahiers de l’aliéniste (j’ai adoré le premier livre de la série), qui met en scène Georges Villeneuve, qui a réellement existé. Villeneuve a été surintendant de l’asile Saint-Jean-de-Dieu et méde­cin expert de la morgue de Montréal.

Pour écouter l’entrevue sur Wilfrid Derome (15 minutes), cliquez ici.

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Poursuivons avec le thème des objets volants identifiés amorcé avec le précédent billet.

Le 19 mai 1910 était attendu un visiteur de marque. Pas un premier ministre, un écrivain connu ou une célèbre cantatrice, mais bien la reine des comètes, la comète de Halley. Sa dernière apparition remontait à 1835. Autant dire qu’il s’agit d’une comète que l’on ne voit qu’une fois dans sa vie. Comment les journaux de Sherbrooke, Montréal et Québec ont-il parlé de ce phénomène astronomique?

Dans le Progrès de l’Est de Sherbrooke du 17 mai, une publicité propose aux lecteurs de se préparer à l’arrivée de la comète. Nul doute que plusieurs ont suivi ce sage conseil…

Le Progrès de l'est, 17 mai 1910

L’Action sociale de Québec précise qu’il s’agit du plus important sujet de conversation en ville. Pour voir la comète, on conseille d’aller sur la terrasse Dufferin. On déplore par contre de voir sur la terrasse, tard la nuit, des dames espérant voir la fameuse comète (au foyer, les dames! les hommes, pas de problème!). Dans la livraison du lendemain, L’Action sociale nous rassure:

La comète est venue et la comète s’en va et la terre ne s’en porte pas plus mal ni mieux qu’auparavant. Il n’y a pas eu de collision – il pouvait assez difficilement se produire une collision entre la terre et cette comète, vu que des millions de lieues les séparaient l’une de l’autre- et maintenant que la comète s’éloigne de nous, il n’y a plus raison de redouter les catastrophes que sa rencontre avec la terre aurait pu produire si cette rencontre pouvait avoir lieu. La Patrie, 19 mai 1910.

Le Canada tient lui aussi à rassurer ses lecteurs,  »l’astre chevelu » ne causera aucun dommage. Le journal publie plusieurs dépêches en provenance de New York, Détroit, Cambridge, Chicago et Paris présentant les témoignages de professeurs et des astronomes sur le phénomène.  Les Américains voyaient cette comète comme étant une curiosité alors que  pour certains étrangers,  »non-américanisés », on tient à le préciser, c’est la fin du monde qui s’annonce!

Le Montreal Daily Witness préfère traiter du sujet de façon sensationnaliste. On laisse planer le doute…On l’a échappé belle!

Montreal Daily Witness, 24 mai 1910

Le Quebec chronicle parle peu de la comète, mais soulignons cette publicité du magasin Paquet parue le 19 mai 1910.

Quebec Chronicle, 19 mai 1910

Le Patrie publie le 18 mai en une plusieurs articles sur la comète. Le 19, elle souligne à grands traits l’inexactitude des prédictions des scientifiques, qui avaient annoncé la comète pour le 18. La Patrie avait annoncé que la comète serait visible le lendemain (elle avait raison). Elle en a profité pour se moquer joyeusement des scientifiques grâce à quelques caricatures.

La Patrie, 19 mai 1910

En somme, la majorité des journaux du Canada français ont tenté de rassurer les gens en vulgarisant ce phénomène astronomique. On s’est fait par contre un malin plaisir de rapporter les réactions farfelues suscitées  à travers le monde par le passage de la comète de Halley.

La comète de Halley est revenue nous visiter en 1986.

Bibliographie

L’Action sociale, 18 mai  et 19 mai 1910.

Le Canada, 18 mai  et 19 mai 1910.

Montreal Daily Witness, 17 mai et 24 mai 1910.

La Patrie, 18 mai et 19 mai 1910.

Quebec Chronicle, 18 mai et 19 mai 1910

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Photographie: Jacques Rousseau – Paysages et Autochtones du Nord du Québec et d’ailleurs – années 40

Le Jardin botanique de Montréal a mis en ligne des photographies prises par le scientifique Jacques Rousseau (1905-1970) au cours des années 40 alors qu’il était sous-directeur puis directeur du Jardin botanique.

Lors de ces voyages scientifiques,  Rousseau, le botaniste, a photographié la flore. S’intéressant à l’anthropologue, il a documenté par la photo plusieurs aspects de la vie des communautés amérindiennes.  Ses voyages estivaux l’ont mené à l’île d’Anticosti, dans la communauté Atikamekw de Manouane, à Mistassini (plusieurs voyages, dont une fois l’hiver), aux Monts Otish, chez les Abénaquis d’Odanak et dans l’Ungava. Il était quelques fois accompagné de personnages tel l’abbé Albert Tessier (photographe et cinéaste) et Ernest Rouleau (spécialiste de la flore), qui sont les auteurs de certains des clichés présentés.

Jacques Rousseau a aussi pris des clichés en Haïti, au Mexique et aux États-Unis à la même période.

Pour voir les photographies qu’il a rapportées de ses voyages, cliquez sur l’image ci-dessous puis sur Québec ou Ailleurs dans le menu.

Quelques éléments biographiques

Jacques Rousseau a été formé à la botanique par le frère Marie-Victorin. Il a été nommé chargé de cours à l’Institut botanique de l’Université de Montréal en 1928 pour être ensuite sous-directeur du Jardin botanique puis directeur de 1945 à 1956.

Il est nommé directeur du tout nouveau Musée de l’Homme à Ottawa en 1956. Il y est resté trois ans puis est allé enseigner à l’Université de Paris de 1959 à 1962. Il a terminé sa carrière comme directeur de la recherche au Centre d’études nordiques de l’Université Laval de Québec (1962-1970). Il est décédé en 1970.

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L’exposition virtuelle 400 ans de sciences au Québec a été créée d’après le livre Histoire des sciences au Québec, publié en 2008.

400sciencesqc

Dès la page d’accueil, on peut regarder une vidéo où le professeur en histoire et sociologie des sciences de l’UQAM, Yves Gingras, nous parle de la constitution d’une société à travers le rôle de la science . A quelques reprises, durant l’exposition, on verra des vidéos où le professeur Gingras nous entretient de divers aspects de l’histoire des sciences au Québec.

L’exposition est divisée en 15 périodes. On voit que dès l’arrivée de Champlain, les sciences ont été présente en Nouvelle-France. On a cartographié et amassé des échantillons de plantes, de roches et de minéraux pour documenter le potentiel économique de la colonie. Même les hommes de Dieu ont contribué à l’essor des sciences. Ainsi, on enseignait l’hydrographie et la physique d’Aristote au Collège des Jésuites.

Les universités vont prendre le relais dès le milieu du 19e siècle, jusqu’à nos jours. Les sociétés savantes, les médias et des vulgarisateurs comme le frère Marie-Victorin contribuent à diffuser les connaissances scientifiques au 19e et 20e siècle.

On voit que les Canadiens-Français ont vraiment commencé à s’imposer dans le domaine des sciences par l’enseignement et la recherche au cours du 20e siècle.

En somme, 400 ans de sciences au Québec est une belle exposition, bien vulgarisée. Elle nous fait prendre conscience que les Québécois contribuent depuis longtemps à l’avancement de la science.

Adresse: http://hdsquebec.org/400-ans-de-science-au-quebec.htm

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