Daguerréotype [Québec, 1840]

Extrait du Canadien, 9 octobre 1840

Extrait du Canadien, 9 octobre 1840

« Le Canadien, 9 octobre 1840

DAGUERREOTYPE. – Nous nous sommes donné l’amusement d’aller voir opérer le Daguerréotype de * MM. Halsey et Sadd. Les épreuves que nous avons vues répondent parfaitement à l’idée que nous nous en étions formée d’après les journaux de Paris. Les miniatures qui sortent de l’appareil sont absolument ce que serait l’image des personnes dans un petit miroir, moins l’incarnat et les couleurs de la draperie. Les figures sont plus ou moins parfaites, selon que les personnes gardent plus ou moins d’immobilité sur la sellette. Les yeux, qu’il est impossible de tenir constamment couverts et immobiles pendant l’opération qui ne dure que 3 ou 4 minutes, sont la partie la plus difficile à reproduire avec perfection. »

*Andrew Halsey and Henry Sadd, deux photographes originaires des États-Unis.

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LE GÉNÉRAL TOM POUCE À QUÉBEC [JUILLET 1848]

COLLECTION PHOTOGRAPHIQUE DE LA LIBRARY OF CONGRESS

PHOTOGRAPHIES: JOUETS ANCIENS DU XIXE ET DU XXE SIÈCLE

PHOTOGRAPHIE: MONTRÉAL ET QUÉBEC AU DÉBUT DU XXE SIÈCLE SELON LES FRÈRES NEURDEIN

Une voiture électrique à Sherbrooke en 1912

Voiture électrique de la Detroit electric Co. v.1921-1922. Library of Congress

Voiture électrique de la Detroit Electric v.1921-1922. Library of Congress

Le Progrès de l’Est, 24 mai 1912

Enfin, ce qui avait été prévu et attendu est arrivé; d’ailleurs le progrès continuellement ascendant le voulait ainsi. On a vu à Sherbrooke un auto mu par l’électricité; cet auto qui est un « Détroit electric » est aussi la propriété de Mme B.C. Howard. Il roule parfaitement, tranquillement sans bruit, son pouvoir électronique est facilement contrôlable et il peut circuler à l’aise dans les rues les plus animées. Ce serait l’Idéal du genre, surtout pour un auto de dames, et il sera presque parfait s’il écrase moins que ses congénères à gaz quelconque. Heureux Sherbrooke qui sait se distinguer en tout et à qui il ne manque plus qu’un auto mécanique pareil pouvant faire à lui tout seul le travail du « Cleaning-up Week ».

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Ceux qui conduisent vite [Montréal, 1837]

Portrait de Sherbrooke en 1906

Et que la lumière fut! (Québec, 30 septembre 1885)

Le téléphone à Québec [1877]

De Québec à la Rivière-du-Loup en train [1876]

Récit d’une lutte avec l’incontournable climat québécois.

Le Canadien, 27 mars 1876

DE QUÉBEC À LA RIVIÈRE-DU-LOUP.

Nous avons reçu vendredi le télégramme suivant: Nous partons ce matin pour ouvrir la ligne entre Québec et la Rivière-du-Loup. Ce serait avec beaucoup de plaisir que nous verrions un des représentants de votre journal se joindre à nous pour être témoin des divers incidents de la journée. Nous osons vous promettre un quart d’heure plein d’intérêt. Réponse de suite.

(Signé) J. Stevenson
Assistant-Surintendant
C. de F.G.T.

L’invitation était trop gracieuse pour ne pas l’accepter et de suite l’un de nos rédacteurs partait pour Lévis. Il était à la fois curieux et intéressant d’assister à la grande bataille que quatre engins, des plus forts, allaient livrer contre ces montagnes de neige accumulées sur la voie ferrée du Grand-Tronc. A notre arrivée à Lévis le personnel de l’expédition projetée était à son heure de départ. M. Stevenson nous reçus avec une parfaite courtoisie. Nous eûmes le plaisir de faire la connaissance de M. Henderson de Montréal venu tout exprès pour photographier les paysages les plus pittoresques. M. Robb, premier ingénieur, faisait aussi parti de l’expédition. Notre ami M. Hughes, du Chronicle était déjà installé dans le char de première classe, attendant le premier coup de sifflet pour commencer ses notes. Soixante travailleurs des mieux disposés à l’ouvrage occupaient un second char.

A 10 1/2 heures nous quittions la gare de Lévis en route pour la gloire. Nous eûmes l’occasion de remarquer avec quelle violence la dernière tempête de neige avait sévi dans ces parages. Un habile dessinateur aurait eu mille esquisses à élaborer s’il eût voulu annoter toutes les bizarreries, toutes les les formes étranges que la neige avait revêtu à la cime du cap et sur les falaises. La variété des tableaux est si grande, les dessins si hardis et le Hazard un artiste si capricieux que vraiment il est difficile de pouvoir donner une image assez juste de tout ce qu’il y a de fantastique dans ces indescriptibles chefs d’oeuvres que le vent a exécuté avec la neige. Toutefois, il est certaines gens qui sont loin d’applaudir aux prouesses du vent, et les malheureux qui ces jours derniers abandonnaient en toute hâte leurs habitations, menacées par de terribles avalanches sont les derniers à s’amuser des formes plus ou moins capricieuses que la neige a imprimé à son manteau.

Il y a deux ou trois petits hangars qui ont été écrasés par les éboulis survenus dans la dernière tempête, et plusieurs habitants de ces maisons adossées au rocher, se sont vus dans l’obligation d’évacuer au plus vite leurs résidences, menacées qu’elles étaient par d’incessantes avalanches.

Trois engins et leurs tenders nous précédaient sur la route, et devaient nous attendre à la Chaudière. Lorsque nous fûmes arrivés à la station de Hadlow le train fut arrêté quelques minutes afin de nous permettre de juger de l’énorme quantité de neige accumulée en cet endroit. La neige a une hauteur de 22 à 24 pieds; elle est aussi dure que la glace et nous avions à peine à concevoir comment on a pu réussir à vaincre cet obstacle qui parait tout d’abord insurmontable. Un engin du chemin de fer Lévis et Kennébec a déraillé à cet endroit et peu s’en est fallu qu’il ne vint heurter dans sa course le grand hangar à bois de la station. Le lecteur pourra se faire une idée de la quantité de neige tombée en cet endroit en apprenant, qu’à l’exception de sa cheminée, cet engin est littéralement enseveli sous la neige. Seul, le toit de la loge du chauffeur, et la cheminée dominent. Ce qui donne une hauteur de 14 à 15 pieds de neige. Sur la voie ferrée depuis Levis jusqu’au pont de St. Henri, la moyenne à prendre pour mesurer l’élévation de la neige est de 4 à 5 pieds, par toute la ligne. Viennent ensuite les passages difficiles où la charrue doit faire bondir d’un premier choc une épaisseur de 15 ou 20 pieds de neige. A St. Charles il y a 35 pieds de neige. C’est le nec plus ultra. Ceux qui ne nous croient pas n’ont qu’a bien vouloir entreprendre le voyage et lorsqu’ils auront eu le plaisir d’attendre un petit huit jours, que les engins aient percé de véritables montagnes ils verront si les rapports des journaux sont exagérés.

M. Stevenson nous offrit de visiter les grandes bâtisses de la station Hadlow où les engins sont mis en réparation. Ce shed spacieux peut contenir jusqu’à 9 engins. A l’heure présente il n’y en a que 4. Près d’une centaine d’hommes travaillent journellement à cette station. Après avoir pris sa provision de bois, notre engin nous amena à toute vitesse à la Chaudière. Nous avons trouvé là les trois engins qui nous précédaient sur la route. Les quatre locomotives furent réunies et M. Henderson trouvant l’occasion favorable résolut de prendre une photographie du train. Tous les passagers se groupèrent les uns sur les chars, les autres sur les tenders des engins, plusieurs enfin sur d’immenses blocs de neige qui dominaient la plus haute cheminée des locomotives. M. Henderson a été fort satisfait de cette première tentative.

M. Stevenson nous annonça alors que les quatre locomotives réunies allaient tenter un premier assaut. Si nous voulions jouir plus intimement du spectacle et des sensations toutes particulières que ces sortes d’excursions nous ménagent, nous n’avions qu’à monter sur un des engins et de là surveiller toutes les péripéties du drame.

Un chasse-neige poussé par quatre locomotives prêtes au déneigement  v. 1869. Alexander Henderson. LAC

Un chasse-neige poussé par quatre locomotives prêtes au déneigement v. 1869. Alexander Henderson. LAC

Nous nous rendîmes de suite dans la loge du chauffeur où nous nous installâmes tout auprès de la terrible bouilloire. Nous avions choisis le troisième engin, car on nous avait averti qu’il y avait de l’imprudence à vouloir tenter le voyage dans la première locomotive. La charrue pouvait dérailler et l’engin poussé avec une vitesse de trente mille à l’heure venir se briser sur la charrue comme la chose a eu lieu dimanche dernier.

Le signal fut donné, et soudain les quatre locomotives partirent comme un boulet. De chaque côté des engins se dessinaient deux lignes blanches; c’était les bancs de neige accumulés auprès de la voie ferrée, et que nous dépassions avec une vitesse extraordinaire. Soudain nous fûmes enveloppés d’un nuage de vapeur et de neige. Impossible de ne rien distinguer; seulement nous entendions sonner les cloches d’alarmes, et la voix des sifflets. Nous étions en lutte avec la neige et la charrue avait commencé son office. Après deux minutes de course en plein brouillard, les locomotives perdirent de leur élan et tout s’arrêta doucement et sans secousses. La valeur avait épuisé toutes ses forces, et la charrue gisait immobile sous un monceau de neige.

Tout le monde se précipita au dehors et la journée des hardis travailleurs commença. Les soixante manoeuvres se mirent à l’ouvrage. Les uns étaient occupés à enlever la neige de dessus la charrue les autres à creuser de larges fosses qui devaient faciliter la marche du chasse-neige à la prochaine charge à fond de train. Après un labeur de trois quarts d’heure les locomotives s’accouplèrent de nouveau et reculèrent d’un demi-mille pour prendre leur élan. Cette fois nous étions sur la neige et nous allions jouir du spectacle. On ne voit que les cheminées du locomotive et l’immense panache de fumée qui s’en échappe. Le sifflet et la cloche d’alarme retentissent et soudain le regard jouit d’un coup d’oeil merveilleux. Une immense cascade éblouissante de blancheur s’avance avec une rapidité extrême. Locomotive et chasse-neige ont complètement disparu. On n’aperçoit plus que la vapeur s’échappant du locomotives [sic] et cette magnifique chute, qui accourt comme les eaux écumante d’un torrent. Il est fâcheux que nous n’ayons pas une photographie électrique pour saisir sur le vif un aussi beau spectacle. Lorsque le train s’arrêta le chasse neige avait découvert six cents pieds de rails. M. Henderson a pris alors une nouvelle photographie de locomotives à demi ensevelies dans la neige.

Chemins de fer nationaux du Canada. Locomotive chasse-neige et travailleurs à la gare Chaudière. Février 1869

Chemins de fer nationaux du Canada. Locomotive chasse-neige et travailleurs à la gare Chaudière. Février 1869. Alexander Henderson. LAC

Le travail des locomotives dura tout l’après-midi. Elles réussirent à déblayer la voie jusqu’à la distance d’une arpent et demi du pont de St. Henri. A St-Charles il y a trois engins qui travaillent sur la ligne, en descendant vers la Rivière du Loup. A St. François une autre locomotive essaye elle aussi de s’ouvrir une route vers Québec.

Après la nouvelle tempête de neige dont nous venons d’être gratifiés, il est tout probable que le travail des locomotives plus de celui de 300 hommes employés sur la ligne, est devenu complètement inutile, et ce matin les engins on du commencer de nouveau à ouvrir la voie ferrée en commençant par Lévis. C’est quelque chose de désolant.

Dimanche dernier (19 mars) une locomotive ayant essayé de se frayer un chemin vers St. Henri. Malheureusement comme elle arrivait à la station de St. Jean Chrysostôme le chasse-neige dérailla et vint frapper avec une violence extrême le petit hangar qui sert de gare. L’édifice s’écroula comme un jeu de cartes. La charrue fut mise en pièce, et le devant de l’engin fut gravement endommagé. Le mécanicien, Octave Brock, a failli perdre la vie dans cette circonstance. C’est le même individu qui échappa comme par miracle au terrible accident arrivé aux Trois-Saumons printemps dernier.

Malgré notre désir de voir les locomotives en lutte avec les bancs de neige de la paroisse St. Charles (ces petites monticules mesurent 35 pieds) il nous fallut prendre congé de M. Stevenson. Nos occupations ne nous permettaient pas de faire plus longtemps partie d’une aussi agréable expédition, et nous revenions vendredi soir à Lévis avec le train qui ramena tout le personnel de l’expédition.

Nous remercions cordialement M. Stevenson pour la bienveillante invitation qu’il nous a faite, et l’exquise politesse avec laquelle il nous a reçu. Nous garderons de ce voyage aussi original qu’intéressant un souvenir des plus agréables.

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Le train fait son apparition au Bas-Canada [1836]

La Minerve, 25 juillet 1836

L’INAUGURATION du pont de M. Lachapelle qui s’est faite mercredi dernier a été suivie, le lendemain, d’une cérémonie non moins imposante, et bien digne d’occuper une place dans les annales de l’histoire. Nous voulons parler de l’ouverture du chemin de fer qui vient d’être achevé entre La Prairie et St. Jean sous l’autorité d’un acte de la législature. C’est à juste titre que nous entendions parler depuis longtemps des avantages qu’offrent ces routes qui sillonnent maintenant le [sic] États-Unis dans toutes les directions. Nous pouvons en apprécier nous-même les heureux résultats. Les personnes qui sont à la tête de cette vaste entreprise ont eu beaucoup de difficile à vaincre, cependant, cette oeuvre gigantique a été couronnée du plus brillant succès.

Estampe | Le premier chemin de fer au Canada, partant de Laprairie, Québec | M20906

Le premier chemin de fer au Canada, partant de Laprairie, Québec

Jeudi, vers dix heures et demie, la barque à vapeur Princesse Victoria est partie de ce porte avec plus de 500 personnes à bord, spécialement invitées par les directeurs, pour être témoins de l’ouverture du chemin. Du nombre se trouvaient lord Gosford, sir George et lady Gipps, sir Charles Grey, M. Elliot, secrétaire de la commission, les officiers de la garnison, L’hon. L. J. Papineau, plusieurs membres de la chambre et du conseil, M. le supérieur du séminaire, le corps mercantil, grand nombre de citoyens de distinction, et quelques étrangers distingués qui se trouvaient alors à Montréal.

Le Steamboat fit le trajet en 50 minutes. Arrivé à Laprairie, les dames et les principaux personnages furent placés dans les deux charts couverts et élégamment décorés, et furent traînés par le locomoteur. Les autres charts furent traînés par des chevaux. Un accident survenu au char qui contient la force locomotive l’empêcha de remorquer les autres charts au nombre de 14 à 15, c’est pourquoi il fallut se servir des chevaux. En peu d’instans les chars qui étaient à la remorque du locomoteur furent hors de vue. Tous les convives arrivèrent à St. Jean vers deux heures où une table splendidement servie les attendait. La colation [sic] qui consistait en viandes froides accompagnées d’excellent vin était servie dans un très grand édifice nouvellement bâti à l’extrémité du chemin de fer. Il était élégamment décoré avec des branches de sapin et des drapeaux.

La première santé fut celle du roi, portée par l’hon. P. M’Gill président de l’association; il prit occasion de parler de la réussite de l’entreprise, et des avantages qui en découleraient. Il fit aussi l’éloge des Canadiens qui presque seuls furent employés à faire ce grand travail.

La seconde santé fut  »le président des États-Unis »,  »la troisième  »lord Gosford et les dames et messieurs présents à cette fête. » Son excellence fit des remerciemens par un discours prononcé avec fermeté et éloquence; elle s’étendit assez au long sur les avantages que la province retirerait de semblables entreprises. Plusieurs autres santés furent portées du nombre desquelles sont celles de M. Lindray l’un des commissaires et M. Casay l’ingénieur qui conduisit les travaux. Une médaille en or lui fut présentée en signe d’approbation de sa conduite.

Après près de deux heures passées très agréablement à table, chacun pensa à reprendre sa place dans les chars. En retournant le locomoteur en prit quatre à sa remorque et fit le trajet en 59 minutes. Les douze autres chars furent trainés par les chevaux comme en allant. Le retour, comme d’usage, fut un peu plus bruyant, la gaité était à son comble. Plusieurs, animés par la réception vraiment cordiale que leur avaient faite les directeurs, d’autres par la fumée du champagne, exalaient leur joie et leur satisfaction de différentes manières. Quelques uns même, (avec la permission de M. Sword qui surveillait le repas) s’étaient munis de quelques bouteilles d’excellent madère afin de se prémunir contre la soif qui les avaient dévoré en allant. Pour signaler le départ  la chanson canadienne fut entonnée de cris de joie et d’acclamations à la façon de nos voyageurs.

Toute la bande joyeuse étant arrivée à bord de la Princesse Victoria le Steamboat laissa le quai, mais à peine les mouvements avaient-ils fait quelques révolutions que le vaisseau s’échoua. Ce ne fut qu’après avoir débarqué une partie des passagers dans une grande berge que le vaisseau fut remis à flot. Il parti avec une telle rapidité que le cable qui amarait la berge au Steamboat se rompit, et laissa cette embarquation bien en arrière, vogant au gré des flots. Il fallut rebrousser chemin pour reprendre les passagers. Dans cette manoeuvre un homme de l’équipage tomba à l’eau, et fut sauvé par son adresse à nage.

Tout ces contre temps causerent une long délai, et après avoir fait environ une demi lieu, le pilote déclara qu’il craignait de descendre jusqu’à Montréal, le temps étant couvert et la brunante étant tombée. Il fallut retourner à Laprairie, où chacun passa la nuit du mieux qu’il put. On ne saurait trop faire l’éloge de l’hospitalité des citoyens du villag [sic] qui vinrent en foule offrir leurs maisons et leurs lits à ceux de leurs amis qui débarquèrent du vaisseau. Le lendemain matin à 6 heures le steamboat debarqua au port de Montréal celles des personnes qui avaient été assez matinales pour s’embarquer à son bord.

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Le télégraphe fait son apparition à Montréal et à Québec [1847]

Gravure | Emblème de la Montreal Telegraph Co. | M930.50.1.536

Emblème de la Montreal Telegraph Co. C’est cette compagnie qui a procédé à l’installation du système télégraphique à Québec et à Montréal.

La Minerve, 5 août 1847

Télégraphe- Mardi dernier, les lignes du télégraphe magnétique entre Montréal et Toronto ont été mises en opération pour la première fois, et le succès a été complet. Nos marchands seront maintenant à toute heure au fait de ce qui se passe dans les grandes villes des États-Unis. On travaille activement à poser les fils de la ligne qui devra lier Montréal à Québec, et cette ligne sera, nous l’espérons, en pleine opération dans quelques semaines.

Le Canadien, 4 octobre 1847

TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE

Le télégraphe électrique entre Québec et Montréal est maintenant en pleine opération. Nous avons reçu nous-mêmes ce matin par cette voie une communication privée de Montréal à 9 heures et demie; quelques minutes après elle nous était adressée sous enveloppe.

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Le téléphone à Québec [1877]

Le Canadien, 6 décembre 1877

LE TELEPHONE À QUÉBEC

Beaucoup de nos lecteurs ignorent probablement que la ville de Québec possède un téléphone érigé en permanence. Tel cependant est le cas. M. C. Duquet, horloger, a construit, pour son propre amusement, une ligne téléphonique qui met en communication la Haute Ville avec St. Roch. Au moyen de cet appareil, M. Duquet peut converser de son magasin de la rue de la Fabrique avec son associé, M. Dallaire, au magasin de la rue St. Joseph. Nous avons nous-mêmes été témoins des merveilles du téléphone. De St. Roch nous avons communiqué avec nos amis de la Haute Ville et nous avons pu jouir d’un concert donné à un mille de distance.

Gravure | Téléphone | M930.50.1.192

Téléphone, 1850-1885

Le téléphone dont M. Duquet a lui-même construit toutes les parties diffère sensiblement des instruments américains qui ont déjà été exhibés en cette ville et il leur est incontestablement supérieur.

Il est beaucoup plus fort que le téléphone Bell, et transmet les sons sans en changer le timbre, de sorte que, dans une conversation, on peut reconnaître sans difficulté la voix de la personne qui parle. Cette qualité précieuse, qui distingue le téléphone de M. Duquet, est due aux améliorations que notre concitoyen à apportées dans la confection des aimants, qui sont pour ainsi dire la force motrice du téléphone. Car le courant électrique, qui transmet les sons, au lieu d’être produit par une pile, comme on le croit généralement, provient de la seule action des aimants sur la membrane, qui se trouve placée à faible distance d’un des pôles de l’aimant.

Voici en deux mots, comment fonctionne le téléphone: la voix, frappant la membrane, produit des vibrations qui sont conduites et reproduites exactement par le courant électrique sur la membrane placée à l’autre extrémité du fil.

La ligne téléphonique est un  »circuit » ordinaire, à part les piles, partant du sol à une extrémité, partant par les instruments aux deux bouts et rejoignant le sol qui établir le courant électrique.
Comme le fonctionnement du téléphone dépend entièrement des aimants, il va de soi que plus les aimants sont forts, plus les sons se transmettent clairement. Au lieu d’une seule barre aimantée, employée dans la construction des téléphones ordinaires, M. Duquet a confectionné des aimants en faisceau, qui ont d’autant plus de puissance qu’ils contiennent plus de barres.

Lorsque M. Duquet veut entamer une conversation avec ses amis de St. Roch, il attire leur attention par un timbre électrique placé aux deux extrémités de la ligne. Car jusqu’à présent, on ne peut pas entendre les sons transmis sans avoir l’instrument appliqué sur l’oreille. M. Duquet travaille en ce moment à fabriquer un téléphone assez puissant pour que tout l’auditoire dans un appartement, puisse entendre et nous sommes convaincus que si l’énergie peut vaincre les difficultés, il réussira.

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Un voyage en montgolfière [8 septembre 1856] (deuxième partie)

 

Un voyage en montgolfière [8 septembre 1856] (deuxième partie)

Suite de Un voyage en montgolfière [8 septembre 1856] (première partie)

Le Canadien, 12 septembre 1856

Nous nous rapprochâmes de la terre, assez près pour causer avec les habitants de la localité: nous avions déjà entendu des voix nous crier: Oh! heh! y a-t-il du monde là-dedans? Car il est bon de dire que tous les bruits terrestres s’entendent parfaitement, même à une étonnante hauteur. A une élévation de 2,000 ou 3,000 pieds, nous pouvions entendre les aboiements des chiens, et même les gloussements des volailles. Après avoir échangé quelques paroles avec plusieurs braves cultivateurs qui semblaient émerveillés de nous voir et dont l’un nous suivit pendant plusieurs arpents pour nous faire accepter un panier de mûres, nous commençames à remonter, et cette fois notre habile guide nous éleva à une magnifique hauteur, qu’ils estima à 5,500 pieds. Ce fut alors que nous eûmes un admirable aspect de cette terre sur laquelle nous planions si orgueilleusement et si heureusement. Vraiment, la terre est bien peu de chose pour l’homme qui peut conquérire le royaume de l’air. Nous ne parlerons pas des maisons, points à peine visibles: mais les montagnes elles mêmes nous semblaient à peine un petit accident de terrain, et nous étions tentés de regarder avec dédain ces prodiges de la nature que nous admirons si fort lorsque nous sommes redescendus sur notre pauvre terre.

M. Godard eut l’obligeance de nous ramener à diverses reprises près de la terre et de nous enlever encore, suivant les désirs que nous lui exprimions. Tantôt nous rasions la crime des arbres, tantôt nous allions toucher aux nuages. Le temps était pur et clair, le vent léger; c’était vraiment un voyage délicieux. Notre vue pouvait embrasser une immense horison; nous appercevions le lac Champlain, le lac St-Pierre, tous les jolis villages qui bordent le St. Laurent, la rivière Chambly et les environs; ce qui rendait notre voyage bien plus intéressant encore, c’était la manière habile, claire et lucide dont M. Godard nous expliquait sa science, nous donnait les plus intéressants détails sur les effets de l’air, de la lumière, du son, etc.. et nous racontait les différentes expériences qu’il a eu occasion de faire dans sa carrière d’aéronaute, carrière longue déjà, quoiqu’il soit bien jeune encore; car il est bon de dire qu’Eugène Godard n’est âgé que de 29 ans, et que déjà, à cet âge, il est le premier aéronaute du monde. Il a fait dans cet art d’admirables et nombreuses découvertes, et Dieu seul sait ce qu’une intelligence comme la sienne et une activité aussi complète peut faire encore.

Biographie parue suite à la visite de Eugène Godard au Canada. Rédigée par Emile Chevalier, celui qui devait monter à bord du ballon le 8 septembre 1856?

Revenons à notre voyage. Nous traversâmes l’espace qui sépare le St.-Laurent du Richelieu, admirant toujours, chantant parfois, et écoutant avec délices l’écho qui nous rapportait nos chansons, comme si un choeur terrestre nous eu secondés; enfin, nous arrivâmes au-dessus de la jolie rivière Richelieu, et là le conseil aérien délibéra pour savoir où devait se terminer l’expédition aérostatique. Notre intention avait d’abord été, et nous avions espéré pouvoir la réaliser, de nous rendre à St.-Hyacinthe ou à St.-Charles, où nous savions pouvoir trouver une belle hospitalité; mais le vent n’était pas de notre goût et il nous poussait dans une autre direction. Force nous fut donc de songer à descendre, et, sur la demande de ses passagers, M. Godard opéra sa descente aussi bien, aussi légèrement que son ascension avait été prompte et brillante. Le ballon vint, sur ses ordres, toucher terre dans une belle prairie faisant partie de la terre appartenant à P. Blanchet, ecr., propriétaire de l’Avenir. Nous avouons que, lorsque la circonstance nous fut connue, nous éprouvâmes quelques scrupules à voir le rédacteur de la Patrie s’emparer ainsi du terrain de l’Avenir; mais nous avons vu M. Blanchet depuis lors, et il nous a dit qu’il était charmé que le vent nous eut portés sur sa terre, qui acquerrait nécessairement, par là, une grande célébrité.

A peine étions-nous à terre, que nous vîmes accourir à nous les gens du voisinage qui, hommes, femmes et enfants, voulaient voir quel était le phénomène qui venait les visiter. Ces braves gens nous aidèrent avec le plus grand empressement à maintenir le ballon, dont ils ne pouvaient se lasser d’admirer la forme et les dimensions.

M. Godard leur offrit de leur donner une idée d’un voyage aérostatique, en les enlevant, tour à tour, à une distance de 200 à 300 pieds, en ballon captif, c’est-à-dire, retenu par la corde qui soutient l’ancre. Après quelque hésitation, quatre personnes présentes, parmi lesquelles nous nommerons M. Bertrand, notaire, de la Pointe Olivier, le Cap. Jos Mongeau, de Varennes, et son fils, se décidèrent à aller faire une petite promenade; ils revinrent promptement, et alors M. Godard, avec toute la galanterie française, pria les demoiselles présentes d’essayer de cette promenade; les jeunes filles reculaient devant de genre de transport inconnu; enfin, trois se décidèrent, firent le voyage et revinrent si contente, si enchantées, que toutes leurs compagnes voulurent avoir leur tour, et M. Godard eut la complaisance de faire 7 assensions consécutives. Les demoiselles avaient pris goût à la chose, et, vraiment, si l’on eût voulu les croire, il eût fallu passer la nuit à les promener; force fut, pourtant, de les abandonner; car, la nuit étant venue; il fallait dégonfler le ballon, le plier et l’emporter. Pour cela, nous reçumes, de tous les assistants, l’aide la plus empressée et, dans un instant, nos préparatifs furent faits et nous partîmes pour Chambly; une charrette de foin nous portait mollement, comme on le sait, et une autre portait ballon, nacelle, etc.

Nous arrivâmes à l’hôtel de Booth à dix heures. Un bon souper, des lits confortables nous y furent donnés et, le lendemain, frais et dispos, nous revenions à Montréal dans la bonne voiture du brave St. Germain, et racontions à nos amis toutes les phases de notre délicieux voyage.  »

Fin

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Un voyage en montgolfière [8 septembre 1856] (première partie)

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La collection photographique William Notman (19e et 20e siècle)

Oscar Wilde à Montréal [mai 1882]

Le général Tom Pouce à Québec [juillet 1848]

Un voyage en montgolfière [8 septembre 1856] (première partie)

Publicité annonçant la venue de monsieur Godard La Minerve, 6 septembre 1856

Le Canadien, 12 septembre 1856

VOYAGE AERIEN

L’habile aéronaute Eugène Godard, dont nous annonçames il y a peu de semaines l’arrivée à Montréal, s’est élevé en ballon dans les airs, lundi dernier, à la vue de milliers de spectateurs, et a, par ce moyen, effectué sans le moindre accident, à travers l’espace, un voyage rapide de plusieurs lieues. La Patrie, dont l’un des rédacteurs, M. Rambau, a pris part à cette excursion d’un nouveau genre, en donne un récit pittoresque et détaillé, que nous aimons à reproduire. Nous laissons parler le narrateur:

A trois heures et demie, les préparatifs du gonflement commencèrent. Nous avons déjà dit que le ballon à 76 pieds de hauteur, 42 de diamètre, et qu’il faut 37,500 pieds cubs de gaz pour le mettre en état de faire son service aérien. Le gaz, de la qualité duquel M. Godard, qui s’y connaît, on peut le croire, fait le plus grand éloge, fut fourni avec toute la rapidité possible, sous la direction personnelle de M. Ls Beaudry, l’actif agent de la compagnie, auquel le public est fort redevable en cette occasion; car, il s’est donné toutes les peines inimaginables pour faire confectionner et pour livrer à M. Godard un gaz abondant et de la meilleure qualité.

L’opération du gonflement dura environ deux heures. Plusieurs personnes se montraient impatientes, pensant, sans doute, que l’on pouvait la faire en quelques minutes; nous avons entendu même plusieurs personnes, auxquelles nous aurions supposé plus de bon sens, faire les remarques les plus ridicules. Il y a, toujours et partout, des gens qui ne peuvent et ne veulent voir que le mal en toute occasion.

A 5 heures et demie, tous les préparatifs étant terminés, la nacelle fut amenée près du ballon qui devait la conduire et attachée avec toute la solidité possible. M. Godard alors fit l’appel de ses passagers et les pria de monter dans la voiture aérienne. C’étaient MM A. E. Kierskowski, D. S. Ramsay et A. Rambau, qui s’empressèrent de se rendre à son appel et de prendre leurs sièges. M. E. Chevalier avait été invité à montrer, mais M. Godard, pour cette ascension, ne voulut recevoir que trois voyageurs. Alors,  MM. Ramsay et Chevalier tirèrent au sort qui aurait l’avantage. Le premier l’emporta. A peine les voyageurs furent-ils placés et leur guide se fut-il assuré que tout était correct et complet, qu’il donna le grande ordre,  »lâchez tout.’ et aussitôt le ballon commença à s’enlever majestueusement dans les airs, au milieu des acclamations frénétiques et des battements de mains de 20,000 personnes peut-être, et au son de la musique d’une excellente bande.

Tous les yeux suivaient avec anxiété le magnifique aérostat, et bien des personnes nous ont dit avoir éprouvé, en nous voyant partir, des sensations d’angoisse que, certes, aucun des voyageurs aériens n’a ressenties. Il nous serait impossible de dépeindre, de raconter tout ce que fait éprouver d’agréable et de délicieux une ascension de ce genre. Le Turc, lorsqu’il a savouré son opium et qu’il rêve aux houris de Mahomet, ne saurait être plus heureux que ne le sont les passagers d’Eugène Godard, lorsqu’ils s’élèvent avec lui dans les airs.

Arrivés au milieu du fleuve, E. Godard nous dit, avec cette aménité qui le caractérise: Messieurs, nous sommes sur le plus beau fleuve du Canada: c’est, je crois, le moment de prendre un verre de champagne à la santé du Canada (nom du ballon). Personne ne s’objectant à la proposition, la bouteille de champagne fut débouchée et consciencieusement vidée, à la santé du Canada et de tous les citoyens de Montréal qui nous suivaient encore des yeux et que nous voyions s’agiter comme des fourmis.

Après cela, fut-ce la diminution du leste ou la volonté de notre guide? le ballon s’éleva  à une majestueuse hauteur et nous traversâmes les plaines de St. Lambert et Longueuil plus près des nuages que de la terre. Ce qui nous a paru bien étrange, c’est qu’à une semblable hauteur, on n’éprouvve pas le moindre sentiment de vertige, même lorsque l’on se penche hors de la nacelle, comme nous le fîmes tous, pour examiner la terre et essayer les étonnants effets de répercussion de la voix qui se produisent, lorsqu’on a atteint cette élévation.

Après nous avoir promené quelques temps dans les régions élevées et nous avoir presque fait espérer que nous montions au ciel, M. Godard nous ramena vers les régions terrestres. Nous descendions lentement à son gré et suivant ses ordres; car il est impossible de se faire une idée de l’aisance, de la facilité avec laquelle E. Godard conduit son aérostat. Le cheval le plus docile n’obéit pas mieux aux rènes tenues par une habile main.

La suite

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Les journaux, en cette fin de septembre 1885, consacrent beaucoup d’articles à l’épidémie de variole qui sévit à Montréal. Mais à Québec, le 30 septembre, c’est une nouveauté qui retient l’attention: l’éclairage électrique. Sigismund Mohr, de la Compagnie électrique, avait pour ambition de démontrer les avantages de l’électricité pour l’éclairage extérieur (et éventuellement obtenir des contrats). Ce soir-là, de l’énergie produite à partir des installations des chutes Montmorency servit à éclairer la Terrasse Dufferin à Québec. Les spectateurs ont apprécié.

Dans le Canadien du 30 septembre 1885, on pouvait lire un résumé de la soirée

La Lumière électrique

La grande exposition de lumière électrique si impatiemment attendue a eu lieu hier soir sur la terrasse Dufferin, avec un succès qu’ont applaudi 20 000 personnes. Quoique des myriades d’étoiles scientillassent au firmament, l’obscurité était profonde sur l’immense plate-forme, la compagnie du gaz n’ayant pas jugé à propos de faire concurrence pour cette fois à la lumière électrique ni à celle de la lune. On aurait dit un océan berçant ses flots noirs dans un vaste murmure qui se perdait au loin.

M. Mohr, l’actif et intelligent gérant de la compagnie, entouré du président M.A.  Thompson, des directeurs MM. D. C. Thompson, P. Garneau et Bell Forsyth, de plusieurs actionnaires parmi lesquels M. Borroughs, M. L. J. Demers et de quelques journalistes, attendait avec anxiété l’arrivée de son Honneur le lieutenant-gouverneur.

Photographie | La Terrasse Dufferin depuis le bureau de poste, Québec QC, vers 1885 | VIEW-1281

La Terrasse Dufferin depuis le bureau de poste, Québec QC, vers 1885

Celui-ci est arrivé à huit heures précises, accompagné de Mme Masson, de son aide-de-camp, le capt. Sheppard, et de plusieurs dames. Il a été salué par l’harmonie du 8e carabiniers royaux qui a joué  l’hymne national anglais.

Aussitôt, l’hon. M. Masson a été prié de transmettre le signal aux chutes Montmorency, au moyen d’une sonnerie électrique, et instantanément le fluide a fait surgir des ténèbres 34 foyers lumineux qui ont acquis en quelques secondes une puissance considérable. L’aspect de la terasse a été transformé comme par une baguette magique, et les acclamations ont éclaté de toute part, réveillant les échos paisibles de la nuit.

Le chef de police V(illisible), à qui l’on doit d’avoir jouit d’une soirée parfaitement paisible, a fait ouvrir par ses hommes un passage à travers la foule compacte qui se pressait d’un bout  à l’autre de la terrasse, et le cortège des invités s’est mit en branle à la lumière limpide des foyers électriques, qui aurait permis de distinguer une épingle sur le sol.

S’ensuit un résumé du  concert offert par le 9e Voltigeurs de Québec et l’harmonie du 8e Carabiniers royaux.

L’article se poursuit:

Le Canadien, 30 septembre 1885

L’expérience faite hier soir par la compagnie de lumière électrique de Québec et de Lévis a réussi au-delà de toute attente, et il est parfaitement établi aujourd’hui que malgré la déperdition de fluide qui se produit nécessairement sur un parcours de 34 milles de longueur, on obtient encore une lumière d’un brillant et d’une stabilité incontestables. Cette expérience consacre en outre la substitution énormément avantageuse de la force hydraulique à celle de la vapeur qui coûte beaucoup plus cher.
Nous ne doutons pas qu’après un succès aussi éclatant, dû en grande partie, nous aimons à le dire en toute justice, à la persévérance de M. Mohr, la compagnie ne fasse des progrès rapides et décisifs. La corporation de Québec sait maintenant à quoi s’en tenir, et nous espérons qu’elle n’hésitera pas davantage à éclairer nos rues à la lumière électrique. Cet admirable lumière sera aussi davantage employé à l’avenir, nous n’en doutons pas, dans les églises, les maisons d’éducation, les fabriques, les magasins, et même chez les particuliers. La compagnie réglera ses taux sur la somme d’encouragement qu’elle recevra.

Comme nous l’avons déjà annoncé, l’expérience d’hier se renouvellera tous les soirs de la semaine, si le temps le permet, et il y aura concert comme hier soir.

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Bougie et globe Jablochkoff. Extrait de Le règne de l’électricité par Gaston Bonnefont, publié en 1895

A l’Exposition universelle de Paris de 1878, les visiteurs ont pu admirer la lampe à arc de Pavel Jablochkov qui permettait de fournir un éclairage grâce à l’énergie électrique. Parmi ces visiteurs, il y avait le montréalais J.-A.-I. Craig. L’année suivante, sur le Champ-de-Mars, à Montréal, Craig faisait une démonstration de la lampe à arc.

Photographie | Gravure du Champ-de-Mars, Montréal, QC, 1869 | I-38034.1

Gravure du Champ-de-Mars, Montréal, QC, 1869

Dans la Minerve du 17 mai 1879, on pouvait lire

Lumière électrique – Hier soir, nous avons eu le plaisir d’assister au premier essai de M. J. A. I. Craig qui a fournit cette fameuse lumière à la clarté de laquelle les militaires ont fait l’exercice. On peut dire que l’expérience a eu tout le succès que l’on pouvait attendre d’une première fois. Le mouvement partait de l’engin de la Minerve, et se communiquait à l’appareil par des fils établis entre la machine dynamite et le récepteur placé sur le dôme du musée géologique, en face du Champ-de-Mars. Il y a avait 1,200 pieds de fil conducteur. La lumière était distribuée avec un régulateur Serin, et répandait sur tout le carré une clarté vive qui permettait de reconnaître les personnes des points les plus éloignés. L’instrument commença à fonctionner à 9 1/2 heures et finit vers (illisible) heures. Les premiers jets n’avaient pas eut l’éclat désiré. Ce défaut était dû à la mauvaise qualité du charbon dont on se servait, mais aussitôt ce vise reconnu, on employa un charbon plus gros et avec plus de consistance et jusqu’à la fin, la réussite a été complète. On se proposer d’ajouter de nouvelles forces à l’engin moteur, ce qui donnerait un résultat plus complet encore. On peut cependant juger de l’effet produit en sachant que l’essieu qui faisait marcher la machine subissait un mouvement de rotation de 1,500 révolutions à la minute, ce qui occasionnait à toute la bâtisse un tremblement dont les ouvriers qui travaillaient dans les étages supérieurs avaient hâte de voir la fin.

Régulateur Serin, L’étincelle électrique (2e édition revue et augmentée) / par A. Cazin, 1880, p. 292

En somme, le résultat a été des plus satisfaisant, et M. Craig, qui a lui-même construit la machine électro-magnétique, n’a qu’à se féliciter du succès de sa première expérience.
Plusieurs milliers de spectateurs étaient sur les lieux, et tous ont été satisfaits.

Bibliographie

Hydro-Québec[en ligne] Chronologie de l’électricité. [Page consultée le 21 janvier 2012] Adresse URL: http://www.hydroquebec.com/comprendre/histoire/index.html

Musée virtuel du Canada [en ligne] L’histoire de l’hydroélectricité au Québec [Page consultée le 21 janvier 2012] Adresse URL http://www.hydroelectricite.ca/

Geopedia [en ligne] La découverte de l’énergie électrique [Page consultée le 21 janvier 2012] Adresse URL: [n’est plus en ligne)

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