Tous les Articles par Vicky Lapointe

Égarés en forêt [canton Langevin, 1868]

(Je prends une pause de quelques semaines. De retour en septembre)

Cette histoire remonte aux débuts de la colonisation par chez nous.

Le Courrier du Canada, 27 novembre 1868

"Jeudi le 5 du courant, MM. Ferdinand Lecours, cultivateur de Ste. Claire (Dorchester) et Octave Morisset, de Ste. Justine du township Langevin, partaient de cette dernière place pour se rendre à travers le bois au township d’Armagh. Ils avaient environ quatre lieues à faire et devaient revenir trois ou quatre jours après. Les premiers jours de leur retard les amis ne furent pas inquiets, mais lorsqu’ils virent que leur absence se prolongeait, ils commencèrent à craindre. Le jeudi suivant, le 12, plusieurs de leurs amis se mirent à leur recherche en prenant la direction qu’ils avaient dû prendre pour se rendre où ils devaient aller. Comme il était tombé beaucoup de neige après leur départ, leurs amis ne purent trouver les traces de leurs pas; les seules indices de leur passage furent des entailles ou coupes faites aux arbres avec une hache que quelqu’un avait conseillé à Lecours de prendre en partant. Ceux qui cherchaient, suivirent ces entailles jusqu’à environ 9 ou 10 milles où elles finissaient entièrement; ils n’en trouvèrent qu’une sur un seul arbre et dans une autre direction. Ne trouvant rien, ils revinrent sur leurs pas et le 16, une trentaine d’hommes tant de Ste. Claire que de Ste-Justine et de de Ste. Malachie, se mirent de nouveau à faire des recherches qui durèrent plusieurs jours; mais ils ne trouvèrent pas d’autres marques que celles trouvées par les premiers.

M. L. Fortier, notaire de Lévis, est parti hier (25) de Ste. Claire, accompagné d’un chasseur et que quelques autres de leurs amis pour se rendre au lieu communément appelé "les Trappistes" et de là aller à environ 24 à 30 milles à travers le bois pour se rendre à un ancien chantier ou camp d’Américains, maintenant abandonné, qui se trouve près de la rivière St. Jean. C’est la seule habitation dans cette forêt, et on suppose que Lecours ou Morisset, s’étant égarés, peuvent s’y être rendus. Mais comme ils doivent être exténués par le froid et la faim, et qu’il n’y a pas même de sentier de tracé, il leur est impossible de revenir seuls; c’est pourquoi ces amis partent pour aller à leur recherche dans cet endroit.

La paroisse de Ste. Claire et les paroisses environnantes sont dans l’affliction, car Lecours était un des premiers citoyens de Ste. Claire et il était estimé de tous ceux qui le connaissaient.

Il était âgé d’environ 40 ans et Morisset de 24 à 25 ans. – (Communiqué). "

Le 4 décembre 1868, le Courrier du Canada évoque une rumeur plutôt sinistre.

Le courrier du Canada, 4 décembre 1868
Le courrier du Canada, 4 décembre 1868

On a retrouvé Octave Morisset quelques mois plus tard.

Acte de sépulture d'Octave Morisset. Registres de Sainte-Justine (Dorchester, auj. Bellechasse).
Acte de sépulture d’Octave Morisset. Registres de Sainte-Justine (Dorchester, auj. Bellechasse).

La veuve de Ferdinand Lecours,  Emilie Audet dit Lapointe (mariage le 27 août 1850, à Sainte-Claire), s’est remariée le 25 novembre 1872, à Sainte-Justine, avec Misaël Morisset, fils de Charles Morissette et de Théotise Marie Roy. Elle a donc marié le  frère d’Octave Morissette. On retrouve Emilie et Misaël à Sainte-Justine selon recensement de 1881, Misaël étant âgé de 36 ans et Emilie de 49 ans.

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UN DÉTOUR PAR SAINTE-JUSTINE

RENCONTRE FATALE AVEC DES GARDES-CHASSE AMÉRICAINS [1902]

PROJET D’UNE COLONIE BELGE DANS LE CANTON DE LANGEVIN [1871]

21 AUTOCHTONES MORTS DE FAIM DANS LES BOIS [LAC-ST-JEAN, 1907]

Il perd sa famille dans un incendie [canton d'Arthabaska, 1868]

Le Canadien, 2 octobre 1868

"ACCIDENT LAMENTABLE – Dans la nuit de mardi à dimanche, M. Elzéar Guilmet, cultivateur de St. Christophe d’Arthabaska, éveillé par les cris de ses jeunes enfants, s’aperçut que le feu était à sa maison. Les flammes s’étaient déclarées dans un amas de filasse qu’il y avait au grenier, et déjà la partie supérieure de la maison était toute embrasée. Malheureusement, à ce moment, la partie du plancher de haut qui se trouvait au dessus de la porte d’entrée, s’écroula et rendit toute issue par la porte impossible. Cependant, M. Guilmet sortit par une fenêtre pour aller demander du secours à ses voisins, mais dans l’intervalle, Mme Guilmet, jeune femme de 27 ans, se trouvant sans doute fatiguée par la fumée qui remplissait la maison, voulut se sauver avec ses deux enfants âgés de 9 mois et l’autre de 23 mois, et tenta d’effectuer sa retraite par la porte.

La malheureuse mère, sans doute suffoquée par la fumée, ne put opérer sa sortie et périt dans les flammes avec ses deux enfants. A l’arrivé de M. Guilmet, la maison ne présentait plus qu’une masse de flamme et c’est la qu’il eut la douleur de s’apercevoir du sort qu’avait éprouvé sa famille infortunée.

Après que les flammes eussent terminé leur oeuvre de destruction, on trouva les restes calcinés des trois victimes."

Les victimes sont Henriette Gendreau, Joseph-Napoléon (quatre ans et deux mois) et Marie-Arthémise Guilmette (13 mois et demi).

Registres de la paroisse St-Christophe d'Arthabaska
Registres de la paroisse St-Christophe d’Arthabaska

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DÉCÈS DE JACOB FOURNIER, ÂGÉ DE… 134 ANS? [MISSOURI, 1871]

LA COLONISATION DE L’ÎLE D’ANTICOSTI RÉUSSIRA-T-ELLE? [1878]

DES NOUVELLES D’UNE PAROISSE DE COLONISATION: SAINT-ZACHARIE DE METGERMETTE [1881]

LE MOULIN DE METGERMETTE [SAINTE-AURÉLIE, 1874]

Émeute sanglante à Montréal le 9 juin 1853

La Minerve, 11 juin 1853

"DE NOTRE EXTRA D’HIER MATIN
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LECTURE DE CAVAZZI!
__
EMEUTE SANGLANTE!

Grand nombre de
MORTS ET BLESSÉS
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La scène disgracieuse arrivée à Québec lundi, à l’occasion d’une lecture de l’ex-moine Gavazzi, s’est renouvelé au milieu de nous hier soir; mais nous avons la douleur d’ajouter que les conséquences en ont été de beaucoup plus fatales. Avec les opinions que nous avons de ce M. Gavazzi, cet apostat renommé, on ne peut s’attendre que nous ferons la tentative de pallier son effronterie, sa persistance audacieuse à défier les croyances et les préjugés religieux d’une population comme celle de Montréal et de tout le Canada, lors même qu’il est bien prévenu que sa présence produira plus de mal que de bien, lorsqu’il sait qu’il sera cause de trouble et de désordre. La simple charité chrétienne, s’il a jamais su bien la pratiquer, comme on l’enseigne dans les monastères qu’il a pu fréquenter, devait lui prescrire une conduite différente."

[...]

Publicité annonçant la conférence de Gavazzi. Extrait du Montréal Witness du 8 juin 1853.
Publicité annonçant la conférence de Gavazzi. Extrait du Montréal Witness du 8 juin 1853.

L’auteur reproche ensuite aux Protestants d’avoir invité Gavazzi à Montréal.

"Hier soir, l’apostat Gavazzi paraissait devant un auditoire nombreux réuni à Zion Church; une foule immense entourait cette église. Les autorités avaient fait leur devoir. Les hommes de la police étaient à leur poste. Les troupes se trouvaient à deux minutes du lieu de réunion. La lecture commença à six heures et demie. Jusque vers les huits heures et un quart tout se passa régulièrement. Les autorités avaient, paraissait-il, réussi à ramener à des sentiments pacifiques cette multitude dont on redoutait la haine et la fureur, mais à peine l’heure où devait se disperser l’auditoire arrivait, que quelqu’excitation se manifesta dans la foule. Les autorités craignant qu’on n’obstruât le passage aux personnes réunies dans l’église, intervinrent et voulure faire rétrograder celles qui se trouvaient au dehors.

Gravure | La troupe tirant sur la foule, émeutes Gavazzi, Montréal, QC, 1853 | M710
La troupe tirant sur la foule, émeutes Gavazzi, Montréal, QC, 1853 par John Henry Walker

Il s’ensuivit nécessairement quelque confusion. Mais tout porte à croire qu’il n’en fut arrivé aucune conséquence déplorable, sans la venue malencontreuse de personnes armées dep istolets et de fusils qui apparurent soudainement au seuil de l’église; sans provocation aucune, ces personnes, tirent feu sur la foule et un jeune homme du nom de Gillespie, tomba frappé à mort par une balle qui lui fracassa le crâne. D’autres au nombre de deux ou trois, furent plus ou moins sévèrement blessés. Le désordre fut alors à son comble et il s’ensuivit une mêlée générale. Malgré les efforts de la police, dont le chef reçut une pierre au front et plusieurs coups de bâton sur la tête, le tumulte allait toujours croissant. Les troupes à la réquisition des autorités furent en un instant sur les lieux. L’acte de riot fut immédiatement lu. Ici nous devons nous arrêter un moment. Beaucoup de citoyens paisibles qui regardaient à quelque distance ce qui se passait alors, sans se douter le moins du monde que lecteur eut été donnée de l’acte de riot, se trouvèrent exposés au feu des troupes. La décharge eut lieu dans un moment où peu de monde s’y attendait, et par suite de cette précipitation, quelques personnes furent sévèrement blessées, au nombre desquelles il s’en trouve dont on désespère de conserver la vie.

Il faut dire aussi que les personnes sur le lieu de l’émeute pouvaient plus facilement juger de l’opportunité d’un tel ordre que celles qui en étaient plus éloignées.

Durant la première tentative qui fut faite pour entrer dans l’église il y eut une mêlée sérieuse entre la police et la foule; plusieurs coups de feu, fusils et pistolets, furent tirés et la foule fut repoussée avec deux ou trois morts ou blessés. Voici les noms de quelques unes des victimes:

 

James Welch, mort.

Beaudoin, homme de police blessé dangereusement.

Daniel McGrath et James Joyce, tous deux grièvement blessés.

Peter Gillespie, mort.

McCaulay et Wallace, grièvement blessés.

Hutchisson, mort.

Crosby, Clarke, mort.

Hudson, mort.

Adams, fils du conseiller Adams, mortellement blessé.

J. O’Neil, blessé sans espoir.

Clare, blessé à la jambe.

M. Hibbert, de la Longue-Pointe, blessé au pied.

Patrick Guy, blessé au talon.

Chipman, blessé au côté.

Stevenson, sévèrement blessé à l’épaule.

Un neveu de M. McKay, rue St. Paul, blessé à la jambe.

Un homme inconnu mort, dans la maison du Dr. McDonell.

Sidney Jones, légèrement blessé.

Un jeune homme a été tellement blessé qu’il a fallu lui amputer les jambes, à l’Hôpital.

Photographie | Émeute Gavazzi, place du marché à foin, Montréal, QC, gravure, 1853, copie réalisée vers 1910 | MP-0000.812.2
Émeute Gavazzi, place du marché à foin, Montréal, QC, gravure, 1853, copie réalisée vers 1910

On comprend facilement qu’il y a eu une foule d’autres blessures plus ou moins graves, car après le feu, on vit les cabs se rendre en toute hâte en grand nombre, chez tous les divers médecins de la ville. Il nous est impossible pour le moment de constater l’étendue du malheur. Nous le pourrons dans le cours de ce jour.

Nous sommes informés que l’ordre donné aux troupes de tirer sur la foule ne venait pas du maire, et nous croyons que les autorités civiques ont fait de grands efforts pour prévenir le conflit. Nous espérons qu’on va prendre des moyens efficaces pour empêcher le renouvellement de pareilles scènes, puisqu’il est impossible de compter assez sur le bon esprit des gens.

Gavazzi a été reconduit de l’église au St. Lawrence Hall, au milieu de deux haies de soldats qui ont passé la nuit en face de cet édifice. La résidence du maire, et la station de police ont aussi été gardées par les troupes durant la nuit.

Nous regrettons d’apprendre que Gavazzi annonce une seconde lecture pour ce soir, et nous demandons en grâce à nos co-religionnaires de le laisser ne paix régler ses affaires de conscience comme il l’entend. Que l’affreuse tragédie d’hier soir ne se renouvelle pas.

AUTRES DETAILS SUR L’ÉMEUTE SANGLANTE
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Depuis que notre extra d’hier est écrit, nous avons pu nous procurer les renseignements suivants:

James Pollock, homme âgé, a été tué, plusieurs balles lui ayant traversé le corps.

W. H. Clare, teneur de livres chez MM. Lyman & Cie, droguistes, qui a reçu une balle au pied, a été obligé de se faire faire une amputation au pied.

Pendant que M. Sidney Jones parlait à quelqu’un, presque vis-à-vis, l’Elise Zion une balle vint lui enlever le pouce.

Un jeune homme du nom de Benally, apprenti chez Alex. Wallace,a reçu une balle dans le pied gauche. On ne croit pas la guérison possible.

Un autre jeune homme, du noms de McRae, fils de James McRae, blessé. On ne croit pas qu’il survivra à ses blessures.

Un autre jeune homme du nom de Clendinen, employé dans le bureau du journal le Sun blessé à la jambe.

Une autre personne du nom de Little, teneur de livres chez MM. Savage & Cie, a reçu deux blessures, une dans le côté droit et l’autre dans le dos et un coup de couteau sur la tête. On ne croit pas qu’il survive à ses blessures.

Wm. Lennon a été poignardé; on désespère de le sauver.

Andrew Thompson, fils de W. Thompson, manchonnier, frappé dans le bras gauche."

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LA PRISON DE BORDEAUX EN 1912

EMEUTE DU 1ER AVRIL 1918 CONTRE LA CONSCRIPTION [QUÉBEC]

L’ENTERREMENT DE JOSEPH GUIBORD [MONTRÉAL,1875]

UN AIR DE FAR WEST CHEZ JOE BEEF [MONTRÉAL, NOVEMBRE 1887]

La fête des orangistes à Montréal en 1877

La Minerve, 12 juillet 1877

"LE 12 DE JUILLET. – La célébration de la fête des orangistes n’a pas été accompagnée des désordres que l’on redoutait, quoiqu’on ait déjà à déplorer une victime.

La procession n’a pas eu lieu, mais toute la matiné [sic] une foule nombreuse a stationné dans la rue St. Jacques, en face de la loge orangiste, et sur la rue Dorchester devant le Knox Church, où le service du jour a été célébré. Les orangistes s’y sont rendus par petits groupes, et sans insignes, ce qui a empêché les troubles, et ils sont sortis sans être inquiétés.

Vers une heure, au moment où on pensait d’une certaine façon que tout danger avait disparu, on vint annonce à la station centrale de police qu’un homme venait d’être tué en face du magasin de M. Clendinneng, rue McGill, au coin de la rue Craig. Les renseignements que nous avons reçus sur cet événement sont tellement contradictoires que nous ne les donnons que sous toutes réserves, sauf à rétablir la vérité dans notre prochaine édition.

Page frontispice du Canadian Illustrated news  du 21 juillet 1877.
Page frontispice du Canadian Illustrated news du 21 juillet 1877.

Vers une heure et demi un individu poursuivi par plusieurs personnes s’est précipité dans le magasin de M. Clendinneng et a essayé de se débarrasser de ses agresseurs en les frappant. Au même moment une détonation, suivie de plusieurs autres, se fit entendre et il tomba frappé d’une balle qui l’atteignit à la tête. La foule se dispersa presqu’aussitôt et lorsque la police arriva tout était rentré dans le calme.

Acte de sépulture de Thomas Lett Hackett. Registre Christ Church Cathedale, Family Search
Acte de sépulture de Thomas Lett Hackett. Registre Christ Church Cathedale, Family Search

Un nommé Giroux a été blessé gravement à la cuisse et on assure qu’une femme a été atteinte.

Le défunt a été transporté à la morgue de la rue Perthuis et par les papiers qu’on a trouvé sur lui on a établi qu’il se nommait J. L. Hackett et qu’il était employé chez M. MacMaster, marchand de peintures. Il paraît âgé de 23 ans.

Thomas Lett Hackett. Canadien illustrated news, 28 juillet 1877
Thomas Lett Hackett. Canadien illustrated news, 28 juillet 1877

On prétend qu’il portait à la boutonnière un ruban couleur orange, mais ce renseignement n’est pas confirmé.

La conduite du chef de police a été admirable; sachant parfaitement qu’un déploiement de force ne ferait qu’irriter la foule, il a consigné ses hommes dans les stations, tout en dépêchant dans les différentes rues où on redoutait des troubles, des émissaires qui le mettaient au courant des événements.

Il faut espérer que ce déplorable événement sera le seul que nous aurons à mentionner."

Pour ce qui est des funérailles, vous pouvez lire le compte-rendu publié dans la Minerve. Le texte qui suit a paru dans le Canadien de Québec.

Le Canadien, 17 juillet 1877

L’ENTERREMENT DE HACKETT

"L’enterrement de Hackett, tué à Montréal, jeudi dernier, dans les circonstances que l’on connaît, a eu lieu hier après-midi, à trois heures. Les orangistes, au nombre de cinq ou six milles, ont suivi le convoir funèbre. Plusieurs cents orangistes étaient venus du Haut-Canada, pour la circonstance. La marche de la procession a été protégée par la police et les militaires.

Procession funéraire lors de l'enterrement de T. L. Hackett. Canadien illustrated news, 28 juillet 1877
Procession funéraire lors de l’enterrement de T. L. Hackett. Canadien illustrated news, 28 juillet 1877

Il n’y a pas eu de troubles sérieux durant l’enterrement. Il y a eu un moment d’émoi sur la rue St. Jacques. Une femme orangiste ayant voulu faire sentir un lis jaune à une femme irlandaise, celle-ci a arraché le bonnet à sa voisine. Des cris de "au meurtre" se sont fait entendre et une panique s’en est suivie. Un homme a été arrêté et une vieille femme s’est fait renverser et contusionner.

Il y a eu quelques autres bagarres le long de la route suivie par la procession. Heureusement, on n’a aucune perte de vie à déplorer.

Le soir, on prétend que des orangistes qui s’en retournaient à la Pointe St. Charles ont été attaqués près du pont Wellington. Un jeune homme a été blessé par deux balles, dont l’une l’a atteint au cou et l’autre dans le dos. Le blessé a été transporté à l’hôpital."

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SOCIÉTÉ D’HISTOIRE DU PROTESTANTISME FRANCO-QUÉBÉCOIS

Où est Daniel Fynn? [Montréal, 1913]

La Patrie, 24 juin 1913

"UN MORT QUI EST EN PRISON

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ON DÉCOUVRE QUE DANIEL FYNN, QUE L’ON A FAIT INHUMER APRES L’AVOIR REPECHE DU FLEUVE, PURGE UNE SENTENCE EN PRISON

Etre au cachot et être en terre, sont deux situations qui ont plus ou moins de charmes, mais qui diffèrent un peu l’une de l’autre, cependant.

Dans le présent cas, le mort qui est en prison, ou le prisonnier qui est mort – le mystère n’est pas encore éclairci, – se nomme Daniel Fynn.

Il y a quelques temps, on annonçait qu’un individu s’était jeté à l’eau, au bout du quai de la ligne Allan, ce qui était une manière comme une autre de nager, ou si l’on préfère, de courir à la mort.

Ces jours derniers, un cadavre fut repêché, transporté à la morgue, reconnu par sa soeur, Mme Mary Fynn, qui habite 36 rue Tessier.

Le coroner déclara qu’il s’agissait d’une mort accidentelle, puis il donna un permis d’inhumer. Mlle Tessier, à ses propres frais, fit chanter un service pour le repos de l’âme de Dane puis, après la funèbre cérémonie, accompgna jusqu’au cimetière la dépouille mortelle.

Ici l’histoire devient plus intéressante, et, voici comment.

Vers 11.30, ce midi, un homme se présente à la morgue, et déclare qu’il est le frère de Mlle Fynn – ce qui peut arriver sans miracle, – et il ajoute, énervé, que sa soeur s’est trompé, et que son frère Dan, qu’elle a fait enterrer et qu’elle a reconduit au cimetière est actuellement en prison où il purge une sentence de 15 jours – ce qui semble un mystère."

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LA PRISON DE BORDEAUX EN 1912

L’ÉMEUTE DE LA PRISON SAINT-VINCENT-DE-PAUL [LAVAL, 24 AVRIL 1886]

LES ENLÈVEMENTS DE CADAVRES [1883]

QU’EST-IL ARRIVÉ À THOMAS DAVIS? (SHERBROOKE, 17 FÉVRIER 1884)

Enigme généalogique

Je suis en train de compléter mon arbre généalogique et il me manque la date de décès de deux une personnes: Adélaïde Gonthier (décédée le 12 août 1831 à St-Gervais, merci à tikainon, indexé Gouthier dans Ancestry) et Joseph Fournier. Ils se sont mariés à Saint-Gervais-de-Bellechasse le 28 août 1821.

  • Adélaïde Gonthier est née le 16 décembre 1802 à St-Charles de Bellechasse, fille de Pierre Gonthier et Marie-Judith Paquet.
  • Joseph Fournier est né le 8 septembre 1802 à St-Charles de Bellechasse, fils de Augustin Fournier et Agathe Goupil.

Ils ont eu au moins quatre enfants, Joseph, Adélaïde, Jacques et Théodore. Dans l’acte de mariage de Joseph et Louise Couture, le 30 avril 1844 à St-Etienne de Beaumont, il est écrit qu’il est le fils d’Adélaïde Gonthier et Joseph Fournier, "domiciliés (pas de s, erreur de lecture de ma part) dans un des townships situés au sud du fleuve, connu vulgairement sous le nom de Bois-Francs". Au mariage de leur fille Adélaïde à St-Gilles le 7 janvier 1846, Joseph Fournier réside à Halifax (le township) et Adélaïde (mère) est décédée. J’ai fouillé sur Ancestry  dans les registres suivants:  Bois-Francs (région des) et Arthabaska (canton) et n’ai rien trouvé concernant le décès d’Adélaïde. Au mariage de Jacques Fournier et Marie Bilodeau le 13 août 1848 à St-Charles de Bellechasse, il est dit que Joseph Fournier est de Franton (Frampton). Au mariage de Théodore et de Emilie Daigneault le 3 août 1852 à Saint-Henri, il n’est pas écrit que Joseph Fournier est décédé, contrairement à Adélaïde. Le lieu où habite Joseph n’est pas précisé. Joseph Fournier est décédé après le 3 août 1852. J’ai essayé différentes variantes de leurs noms et prénoms mais ça n’a pas fonctionné jusqu’ici. Des suggestions?

Ajout: J’ai repéré les enfants du couple dans les recensements de 1861 et 1871 (grosso modo ils habitents à St-Anselme, dans les Bois-Frances et en Gaspésie) et il ne semble pas que Joseph ait habité chez eux.  Dans le recensement de 1861, on voit que Théodore habitait St-Anselme. A la ligne 3 de cette page, il y a un Joseph Fournier, cultivateur, mais âgé de 8 ans…

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Mort d’un guérisseur [Beauport, 1895]

Le Progrès de l’Est, 1er février 1895

"M. Télesphore Giroux, le fameux guérisseur populaire, a été trouvé mort dans son lit, dimanche soir, à Beauport, où il demeurait. M. Giroux a succombé à une syncope de coeur. Le défunt était un personnage qui jouissait d’une certaine renommée, non seulement à Beauport, mais on peut dire dans tout le district de Québec. Les malades venaient d’un peu partout lui demander conseil; on dit même qu’il a accompli des guérisons étonnantes. Le gros public prêtait à M. Giroux un pouvoir quasi surnaturel. Son genre de vie n’était pas de nature à dissiper cette croyance. Il vivait depuis dix-huit ans de la manière la plus singulière, presque en anachorète; il s’était volontairement isolé de sa famille et retiré dans une modeste chambre de sa résidence, faisait carême tout le long de l’année et couchait sur un lit fait de trois planches mal jointes, sans oreillers ni couvertures. On dit même qu’on a trouvé dans sa chambre un cilice et d’autres instruments de pénitence."

Il s’agit de Théodore Giroux, pas de Telesphore ( extrait du registre de Beauport). Il était l’époux d’Hermine Filiatrault. Dans les recensements de 18711881,  1891, il est indiqué qu’il est menuisier.

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UN AMÉRINDIEN ACCUSÉ DE PRATIQUE ILLÉGALE DE LA MÉDECINE [1914]

LA "STIGMATISÉE" DE WOONSOCKET EST MORTE [1936]

L’INQUIÉTANT DR. TUMBLETY [MONTRÉAL, 1857]

ALERTE À L’IMPOSTEUR! [SEPTEMBRE 1842]

Désastreux incendie dans le quartier Champlain à Québec le 22 juin 1865

Note: Aux abonnés qui reçoivent les nouveaux billets de ce blogue par courriel  via une adresse de courriel videotron.ca. Le bug causant des problèmes d’affichage a été identifié (le problème étant lié à PHP mailer) http://en.forums.wordpress.com/topic/problem-with-the-emails-sent-to-followers?replies=7#post-1875536  mais pour le moment, aucune  solution n’a été trouvée mais WordPress y travaille.

Et maintenant, retournons aux événements du 22 juin 1865.

Le Canadien, 23 juin 1865

"DÉSASTREUX INCENDIE DANS LE QUARTIER CHAMPLAIN

ENVIRON 150 BATISSES BRULÉES

500 OU 600 FAMILLES SANS ASILES
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Hier l’après midi, cette partie de la cité connue sous le nom de Près de Ville ou Havre au Diamant a été le théâtre d’une des plus désastreuses conflagrations que nous ayons eue à enregistrer depuis longtempss [sic], causant la destruction de 90 à 100 maisons situées sur la rue Champlain et de 40 à 50 autres bâtisses de moindre importance bâtie sur les nombreux quais et slips le long du fleuve. On calcule qu’il y a entre 500 et 600 familles sans asile.

La conflagration a ravagé les deux côtés de la rue Champlain, depuis la maison d’école, près du quai Flanagan jusqu’à la résidence de Mdme. Kelly, 132 rue Champlain. A l’exception de quelques bâtisses dans le voisinage immédiat de l’endroit ou commença l’incendie, toutes les maisons des deux côtés de la rue étaient en brique ou en pierre. Toutes les maisons de cette localité étaient encombrées par la population; il y avait jusqu’à 6 ou 7 familles par maison; on peut figurer maintenant le nombre de ceux qui se trouvent ainsi brusquement jetés par le pavé. Les résidents de cette partie de la rue Champlain sont presque tous intéressés dans le commerce maritime du port.

Photographie | La rue Champlain, en bas de la Citadelle, Québec, QC, 1865 | I-17502.1
La rue Champlain, en bas de la Citadelle, Québec, QC, 1865

Quant à l’origine de l’incendie, on n’a que des conjectures à ce sujet. Il paraît que quelques minutes avant 1 heure, l’alarme se répandit que les flammes avaient fait irruption dans une maison en bois à deux étages situées sur le côté sud de la rue Champlain, à quelques distance de la bâtisse connue sous le nom de Bishop’s school. Il soufflait alors une forte brise de vent du sud-ouest et dans quelques minutes la bâtisse se trouva enveloppée par les flammes qui, chassées par le vent, s’élancèrent avec une violence extraordinaire dans la direction de la Basse-Ville. La sécheresse qui prévaut depuis quelques jours favorisait encore l’élément destructeur. La police et les compagnies du feu furent bientôt sur les lieux travaillant avec une incroyable énergie à combattre le feu. Durant la première demi-heure, on n’avait pas conçu de sérieuses inquiétudes dans le voisinage de l’incendie, qui était à peine remarqué du marché Champlain; mais vers 2 1/2 h. l’alarme devint générale; il y avait déjà 30 à 40 bâtisses détruites et le feu semblait se jouer des efforts extraordinaires de ceux qui le combattaient. Les personnes demeurant plus bas commencèrent à déménager et la confusion augmentée par la foule des curieux attiré par l’incendie devint très grande. Des détachements des régiments de la garnison furent envoyés pour porter secours. Les compagnies du feu et la police luttaient vainement contre les flammes. Enfermées dans une rue à peine assez large pour permettre à deux voitures de passer de front, travaillant au milieu de débris de maisons et de meubles, gênées par une multitude excitée d’hommes de femmes et d’enfants ou bloquées dans de dangereux passages du côté du fleuve, leurs efforts étaient rendus entièrement impuissants. Les soldats ont travaillé aussi avec beaucoup d’énergie à sauver des meubles et autres effets.

Photographie | Vue de la rue Champlain en direction nord, Québec, QC, 1865 | I-17504.1
Vue de la rue Champlain en direction nord, Québec, QC, 1865

Vers 3 1/2 h. presque tous les quais entre les deux points indiqués plus haut comme limites de l’incendie avaient été balayés par les flammes. Bon nombre de personnes occupant les maisons sur les quais furent surprises par le feu et ne purent échapper que par le côté de leurs résidences donnant sur le fleuve; et il a été heureux pour elles que la Police fluviale se soit trouvée dans le voisinage avec ses chaloupes; autrement, plusieurs auraient perdu la vie par l’eau ou par le feu. On était obligé de jeter dans le fleuve les animaux domestiques que des embarcations ramenaient ensuite aux slips situés plus bas. Une quinzaine de navires qui se trouvaient le long des quais durent être halés au large.

Ce ne fut que vers 5 1/2 h. que l’on put espérer que le feu ne dépasserait pas la limite indiquée plus haut. Une heure auparavant, il avait été question de faire sauter une bâtisse pour arrêter les progrès de l’incendie; le Col. McCrea, qui se trouvait sur les lieux, fit venir les matériaux nécessaires à cet effet et mit ses hommes à la disposition du Maire, qui fut d’avis d’attendre jusqu’à la dernière extrémité avant de recourir à ce moyen. Heureusement qu’on put s’en passer et le feu put enfin être maîtrisé. Peu après 6 heures, les compagnies du feu commencèrent à se retirer, l’incendie n’offrant plus de danger.

Photographie | La rue Champlain, en bas de la Citadelle, Québec, QC, 1872 | I-76345.1
La rue Champlain, en bas de la Citadelle, Québec, QC, 1872

Durant l’incendie, lorsque l’on parla de faire sauter une maison pour arrêter les progrès du feu, le bruit se répandit comme l’éclair que les magasins à poudre de la citadelle se trouvaient en danger d’être atteints par l’incendie; il s’ensuivit une panique extraordinaire au milieu de cette foule immense qui bloquait la rue Champlain; ce fut un sauve qui peut général; dans la confusion, nombre de personnes furent renversées et foulées aux pieds. Cette panique se propagea jusque dans le fauboug St. Roch et y cause une grande alarme qui heureusement fut de courte durée.

Par bonheur, il n’y a, autant que nous sachions aucune perte de vie à regrette dans ce désastreux incendie, malgré que plusieurs aient reçu des blessures plus ou moins graves.

Tous les secours possibles ont été portés aux infortunées victimes de l’incendie. Le clergé, le Maire et les principaux membres du Conseil Municipal et d’autres citoyens influents de la cité ont fait tout en leur pouvoir pour leur venir en aide.

On ne connait pas encore le montant des pertes; mais on peut dire qu’elles sont considérables."

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LES ÉBOULEMENTS DU 14 JUILLET 1852 À QUÉBEC

Une Saint-Jean-Baptiste qui tourne au drame à Boucherville en 1860

Le Canadien, 2 juillet 1860

"Nous sommes informés qu’un déplorable accident est arrivé à Boucherville, mercredi dernier, jour fixé dans ce village pour la célébration de notre fête nationale. Un canon qu’on s’était procuré pour cette sollennité [sic] a tué un M. Loiseau (Augustin Loiseau, 16 ans), emporté une jambe à un jeune homme du nom de Sénécal et un nommé Bellehumeur a été mortellement blessé. Plusieurs personnes ont aussi reçu de légères blessures. – (Le Pays)."

Registre de la paroisse Sainte-Famille de Boucherville, voir la sépulture No 18.

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LA SAINT-JEAN-BAPTISTE À QUÉBEC EN 1850

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JOUR NATIONAL DES CANADIENS-FRANÇAIS À L’EXPOSITION DE CHICAGO [1933]

Un souvenir de Crimée [Trois-Rivières, 1860]

CanonArméeRusse1.jpg
« CanonArméeRusse1 » par Daniel Robert — Photography. Sous licence Attribution via Wikimedia Commons.

Le Canadien, 13 juillet 1860

"Trois-Rivières se trouvent [sic] maintenant en possession d’un canon russe trophée de la Crimée, qui vient de lui être expédié par le Victoria".

On peut voir ce canon au parc de la Place d’Armes de Trois-Rivières.

Pour en savoir plus:

Plaque du canon de l’armée russe et Canon de l’armée russe (Répertoire du patrimoine culturel du Québec).

La Place d’Armes, Trois-Rivières (Journal de voyage)

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Les déprédations commises par les militaires [St-Pierre, Ile d'Orléans, 1860]

La maison Laurent Ferland à Saint-Pierre de l'île d'Orléans.
La maison Laurent Ferland à Saint-Pierre de l’île d’Orléans, extrait de "Vieux Manoirs, vieilles maisons," publié par la Commission des monuments historiques de la province de Québec, Québec, 1927 , p.288. par Pierre-Georges Roy. Bibliothèque et Archives Canada.

Le Canadien, 6 juillet 1860

"Voici ce que dit le Journal de Québec à propos des déprédations commises par les militaires stationnés à St. Pierre, Ile d’Orléans:

"Nous nous y sommes rendu dimanche, pour voir les choses de nous mêmes, afin de pouvoir en parler avec connaissance de cause. Nous avons vu les soldats traverser les champs dans tous les sens, et fouler aux pieds la moisson. Nous avons vu des prairies tellement foulées et détruites qu’il sera parfaitement inutile d’y mettre la faulx. Les soldats brisent les clôtures, et brûlent jusqu’aux barrières pour faire des feux de joie sur le rivage.

"La Gazette de Québec a dit comment ils ont dépouillé et volé un malheureux étranger qui leur demandait le chemin pour se rendre au débarcadère. Mais le mauvais exemple vient de plus haut, et des officiers mêmes s’amusent à sauter à cheval de champ en champ, comme si tous ces champs étaient à eux. Il nous semble à nous que l’armée n’est pas créée pour tyranniser, dépouiller et ruiner les citoyens, qu’au contraire elle existe pour la protection de la ville et de la propriété; et nous ne disons pas trop en demandant aux autorités compétentes de protéger les hommes sans moyens de faire respecter la loi.

"Un homme du nom de Bélanger a dit devant nous et à plusieurs autres que les officiers dont nous venons de parler insultaient les habitants, au moment même où ils sautaient à cheval dans leurs champs. On sait ce que font en Angleterre les autorités militaires quand les troupes se conduisent comme celle qui stationnent à l’Isle, en ce moment; si elles ne peuvent les tenir dans la plus stricte discipline elle les ramènent à la caserne. Nous ne croyons pas qu’elles voulussent en agir autrement envers les habitants de Saint-Pierre, parce qu’ils sont canadiens-français, et nous avons pleine confiance dans la justice et la droiture du commandant-en-chef des forces, Sir William de Kars’.

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Des Norvégiens à Gaspé en 1860

Dans le Canadien, 20 juillet 1860, on peut lire l’entrefilet suivant:

"LES NORVÉGIENS À GASPÉ

Le vapeur Arabian vient de transporter à Gaspé plusieurs familles norvégiennes qui se proposent de s’établir dans ce beau district, dont le climat et le sol présentent beaucoup d’analogie avec ceux des plus fertiles parties de la Norvège. Ces émigrants, qui sont des marins, des pêcheurs ou des fermiers, ne manqueront pas de se plaire dans une localité qui leur rappellera ainsi leur terre natale, et sans doute que leurs travaux contribueront à la prospérité de leurs patrie adoptive."

Selon le recensement du Canada-est de 1861, il y avait bel et bien des résidents du comté de Gaspé, district de Malbaie, originaires de Norvège. Il s’agit de:

  • Knud et Hannah Arnesen;
  • Peter Johnson;
  • Andrew et William Wilson;
  • Iver Peterson;
  • Martin, Johnson;
  • Cerat? Ulricson;
  • William Klasskeit?;
  • Lodvick, Christina, Dorathy, Hannah, Peter, Frederick et Chesten Brandt;
  • GulBran et Celina Christopherson;
  • Peter Brandt;
  • Hannah Johnson;
  • Christian Burnested.

Dans la marge du recensement, il est écrit "No 30 @ 50 are Norwegian immigrants who came down form Quebec last summer."

Or, il ne s’agit pas du seul groupe de Norvégiens à résider à cet endroit comme on peut le voir sur cette page. Il faut ajouter à cette liste

  • Theodore Burnested;
  • Elleny, Sagre, Gertrude, Randy et Annie Vagen;
  • Oliver, Sagre, Bottle et Olenna Urdelle;
  • Evert, Krent, Theodore, Barquette et Martin Boisen.

Selon le recensement canadien de 1861, les autres Norvégiens du Canada-Est étaient majoritairement établis dans le district de Compton ainsi qu’à Québec.

Liste des navires ayant quitté la Norvège à destination de l’Amérique du Nord en 1860 (Norway Heritage, Hands across the sea).

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Magasin chinois [1888]

La Patrie, 30 mai 1888.
La Patrie, 30 mai 1888.

Le Patrie, 29 mai 1888

"Magasin Chinois

Comme on peut le voir dans nos colonnes d’annonces, Kingtye Cheong a ouvert un magasin chinois au No 1801 rue Notre-Dame. Les effets pour la plupart sont importés directement du Japon et de la Chine. Les mouchoirs de soie, évantails, bronzes, marchandises de laine, sets de souper, de toilette, ivoire sculpté, tapis, mattes, etc. etc. ne sont pas surpassés. Les thés importés sont de première qualité."

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Une mort suspecte à Saint-Césaire en 1887

Cette histoire, une mort suspecte à Saint-Césaire, en 1887, a attiré mon attention à cause de la gravité du crime évoqué, mais aussi à cause de son traitement médiatique.  Vous constaterez que le journal Le Canadien présente deux versions, forts différentes, de la même histoire.

"Le Canadien, 13 juillet 1887

Une affaire mystérieuse et criminelle vient d’être mise au jour à Montréal. Une jeune fille de dix-sept ans aurait été empoisonnée à St. Césaire par un médecin qui, après l’avoir séduite, aurait cherché à produire l’avortement. Ordre a été donné d’exhumer le cadavre de la jeune fille. Ce sont jusqu’ici tous les faits connus. L’affaire est tenue sous le plus grand secret. "

Deux semaines plus tard, plusieurs détails ont changé (et le journaliste a fait son travail).

Le Canadien, 30 juillet 1887

"ENQUÊTE À ST-CÉSAIRE ET ARRESTATION

Le 11 juillet courant, une enquête a été tenue à St-Césaire par M. H. R. Blanchard, coroner du district de Saint-Hyacinthe, sur le corps de Marie Charron, âgée de vingt-six ans, épouse de Elie Napoléon Beauchemin, cultivateur de Saint-Césaire, exhumé sur ordre du coroner.

Le verdict des jurés fut "que la dite Marie Charron est morte le cinq juillet courant, à Saint-Césaire, district de Saint-Hyacinthe, des suites d’un traitement erroné et contraire aux règles de l’art qui lui a été appliqué par Charles E. Arthur Dorval, Ecr., médecin de Saint-Césaire et que ce dernier s’est rendu coupable de mal practice! "

L’accusé a été arrêté le vingt-six juillet courant à Saint-Césaire, par M. Joseph Chagnon, grand connétable du district de Saint-Hyacinthe, sur le warrant émané du coroner.

L’accusé a comparu le même jour devant l’honorable L. V. Sicotte, juge de la Cour Supérieure et a été admis à caution. Le procès doit avoir lieu en janvier prochain. "

L’acte de décès de Marie Charron est ici.

Je n’ai pas réussi à trouver de trace d’un quelconque procès. En 1891, le Dr Dorval habitait toujours St-Césaire, tout comme en 1901.

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LE DR HORMISDAS ETHIER EN MISSION À CONSTANTINOPLE [1908]

DÉCÈS DU DR WILFRID DEROME, PIONNIER DE LA MÉDECINE LÉGALE [1931]

L’INQUIÉTANT DR. TUMBLETY [MONTRÉAL, 1857]

UN MÉDECIN MORPHINOMANE [JUIN 1905]

En prison à huit ans [Kingston, 1845]

Credit: Dept. of Public Works / Bibliothèque Archives Canada / PA-046242 Non-daté.
Credit: Dept. of Public Works / Bibliothèque Archives Canada / PA-046242 Non-daté.

Bienvenue à Kingston

Le plus jeune prisonnier à avoir séjourné au pénitencier de Kingston, Ontario, est Antoine Beauché. Selon plusieurs sources, dont un rapport gouvernemental dont nous aller parler plus loin, il avait huit ans à son arrivée.

En novembre 1845, Antoine Beauché et trois complices, c’est-à-dire ses frères Louis (12 ans),  Narcisse (âge incertain, entre 12 et 19 ans) ainsi que leur ami  Francis Bernard (12 ans) sont condamnés  à trois ans de prison pour un vol commis à bord du Sydenham, un bateau qui naviguait entre Québec et Montréal. Les sources que j’ai consultées indiquent qu’ils étaient tous natifs du Bas-Canada.

On trouve des traces du séjour des frères Beauché au pénitencier de Kingston dans le Rapport des commissaires chargés de s’enquérir de la conduite, discipline et régie du pénitentiaire provincial avec les documents transmis par les commissaires (1849).

Il y avait des rumeurs de mauvais traitements envers les prisonniers.

Et ce qu’on apprend est loin d’être joli.

Le rapport est disponible sur Notre mémoire en ligne. Pour les Québécois, il est possible d’y accéder gratuitement sur le web en vous abonnant aux services à distance de BANQ.

Mauvais traitements

Le rapport indique qu’entre le 14 novembre 1845 et le 14 octobre 1846, Antoine Beauché a reçu plus de 56 punitions pour avoir parlé, ri, crié dans sa cellule, gâté un livre, donné du tabac à un prisonnier, fait preuve d’indécence,  volé du pain, répandu du vinaigre, etc. Ces infractions menaient à 3 à 4 coups de martinets et  à un régime au pain et à l’eau. A deux reprises, il a dû passer 24 heures aux cachots. Les commissaires concluent: "Nous regardons cette affaire comme un cas d’inhumanité révoltante" (p.194). Antoine Beauché a été relâché au terme de sa peine.

Pour ce qui est de Louis, c’est une longue suite de coups de martinets et de régime au pain sec et à l’eau, pour des infractions aussi mineures que jouer, parler, rire, se moquer de son frère, avoir fait des clins d’oeil aux prisonniers, avoir laissé son siège, etc. Il a également été libéré de prison au terme de sa peine.

Le cas le plus tragique est celui du frère aîné, Narcisse. Il a subit le martinet et le régime au pain et à l’eau pour des infractions comme avoir parlé, fait du bruit dans sa cellule, avoir joué des tours aux autres prisonniers, avoir dansé dans sa cellule, avoir été impertinent, etc.

Je reproduis ici le témoignage de l’ex-garde Robinson, issu du rapport précédemment nommé (p. 201).

"Il se souvient d’un jeune détenu appelé Booshee (Beauché); c’était un petit garçon de douze à quatorze ans; il a été très souvent puni du fouet. Sa faute ordinaire était de faire du bruit dans sa cellule. Il se rappelle qu’une nuit, il y a environ deux ans, alors que le témoin était de garde pour surveiller les prisonniers, la prison fut troublée par ce jeune homme. Il se réveilla avec une grande frayeur, s’écriait qu’il y avait quelque chose sous son lit, et appelant le prêtre pour qu’il vînt le voir. Il grimpa sur les barreaux de sa fenêtre et de la porte, criant de toute la force de ses poumons; il sortait de sa bouche du sang et de l’écume. Le gardien Hooper alla trouver le préfet, et le fit sortir de son lit; lorsque le préfet arriva l’enfant criait encore. Le préfet dit aussitôt: "Ouvrez la porte afin que je fasse sortir ce polisson", Hooper ouvrit la porte et sur l’ordre du préfet le témoin fit sortir Boshee, qui était complètement nu; l’enfant fut renversé sur le dos et l’on essaya de lui mettre un baillon, mais sans succès. L’enfant dit alors au préfet en français qu’il se tiendrait tranquille, et il fut réintégré dans sa cellule.  Le préfet rapporta au témoin ce que l’enfant avait dit: Du moment où l’enfant eût été remis dans la cellule il fut pire que jamais, criant qu’il avait quelque chose sous son lit. Le préfet alors ordonna de le tirer de nouveau de sa cellule. Hooper et le témoin le tinrent par terre et le préfet le frappa avec un bout de cable aussi longtemps qu’il pût. L’enfant était fortement lacéré; les cordes avaient coupé la peau. La chemise du témoin fut tellement ensanglanté par le contact de l’enfant qu’il fût obligé de la changer le lendemain matin. L’enfant n’est plus jamais sorti de la cellule, pense le témoin, jusqu’à ce qu’il fût reconnu pour fou et envoyé à l’asile des aliénés du Bas-Canada, sous la garde du témoin."

Un autre témoignage révèle qu’il croyait voir le spectre de sa mère.

Le 12 août 1846, Narcisse Beauché est transféré à l’asile de Beauport.

Que sont-ils devenus?

Je n’ai pas réussi à trouver avec certitude ce que sont devenus Louis et Antoine.  Se sont-ils mariés? Quand et où sont-ils décédés? Quant à Narcisse, en 186118711881, il se trouvait toujours à l’asile de Beauport. Je n’ai pas trouvé la date ni le lieu de naissance des trois frères. 

Bibliographie

Rapport des commissaires chargés de s’enquérir de la conduite, discipline et régie du pénitentiaire provincial avec les documents transmis par les commissaires (1849).

Friends of the penitentiary museum. [en ligne]Canada’s penitentiary museum. Page consultée le 29 mai 2014. http://www.penitentiarymuseum.ca/default/index.cfm/history/

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