Tous les Articles par Vicky Lapointe

Père de 32 enfants [St-Alexis-des-Monts, 1932]

L’Action catholique, 23 avril 1932

"SEIZE ENFANTS SUR TRENTE-DEUX LUI SURVIVENT

M. Pierre Poudrier, de St-Alexis-des-Monts, est décédé à l’âge de 84 ans. Le défunt était père de 32 enfants, dont seize lui survivent, avec son épouse. Il laisse aussi 130 petits-enfants et un grand nombre d’arrière-petits-enfants. "

Imaginez les réunions de famille!

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Tourville demande des lots de colonisation [1932]

L’Action catholique, 4 mai 1932

"TOURVILLE DEMANDE DES LOTS DE COLONISATION
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UNE IMPORTANTE DÉLÉGATION VIENT RENCONTRER LES MEMBRES DU CABINET PROVINCIAL CE MATIN. – LE CURÉ MATTE ET LE MAIRE FOURNIER EXPOSENT LA SITUATION DANS LAQUELLE SE TROUVE LEUR PAROISSE. – CHÔMAGE AUX USINES.
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BONNES TERRES PRÈS DU VILLAGE

Une importante délégation de Tourville, comté de l’Islet, rencontrait les membres du cabinet provincial ce midi. Présentée par l’hon. Adélard Godbout, les délégués ont demandé la concession de lots pour colonisation.

Par la bouche de M. le Curé Matte, de M. Odilon Fournier, maire, et de quelques autres, les délégués exposèrent aux ministres une situation tout à fait spéciale.

En temps normal, la population de Tourville vit de la terre et du chemin de fer. Une usine de réparation employait régulièrement 100 à 120 hommes. Or, depuis un certain temps, les activités de cette usine ont diminué de 90 p. c. et 15 à 20 hommes sont employés par le chemin de fer. Les autres sont pratiquement des chômeurs.

Ces chômeurs expriment le désir de faire de la colonisation et veulent obtenir des lots qui sont à proximité du centre du village, à moins de deux milles.Actuellement, ces limites forestières sont concédées à la Power Lumber, mais le Ministère de la Colonisation a toujours le droit de résilier un bail pour colonisation, disent les délégués. Ils ajoutent que cette demande est parfaitement dans l’esprit d’une politique de retour à la terre. L’établissement de colons sur ces lots seraient peu dispendieux et l’on pourrait y faire de la bonne terre.

L’hon. M. LaFerté a promis aux délégués d’étudier attentivement leur requête et de faire tout ce qu’il sera possible de faire pour se rendre à leurs désirs."

Sur le site de la municipalité de Tourville, on peut voir quelques photos anciennes.

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F.-X. Aubry, l’écumeur des plaines, meurt à Santa Fe, Nouveau-Mexique [1854]

Voici un article à propos de François-Xavier Aubry, né au nord de Louiseville le 3 décembre 1824 et qui termina sa vie au Nouveau-Mexique âgé de 29 ans.

La Minerve, 26 septembre 1854

"M. F. X. Aubrey, le célèbre voyageur Canadien, vient d’être tué à Santa-Fe, dans une querelle survenue entre lui et un major Weightman à la suite d’une discussion par la voie de la presse et dans laquelle il avait été injurié par ses adversaires. Voici ce que dit un journal américain de la mort de notre illustre compatriote:

Nous trouvons dans les journaux de St.-Louis le récit de la mort de M.F.X. Aubrey, trafiquant canadien d’environ 40 ans, qui avait acquis, par son intrepidité dans les voyages, sa persévérance et ses nombreuses aventures dans l’Ouest, le surnom d’Ecumeur des plaines. En 1848, M. Aubrey fit, le premier et sans aucun compagnon, le voyage de Santa Fe au Fort Independance, (distance d’environ 800 milles) en cinq jours et demi. Pendant cette longue course, il ne dormit que deux heures et ne prit que six repas; il tua six chevaux, fit 20 milles à pied, traversa plusieurs rivières à la nage, reçut une pluie torrentielle pendant 24 heures et, sur un espace de 600 milles, fut obligé de courir dans une boue fatigante. Depuis lors M. Aubrey avait fait plusieurs grands voyages dans l’Ouest, entr’autres en Californie, où il conduisit des bestiaux. On dit que cette seule spéculation lui rapporta plus de $70,000 de bénéfice net. Dernièrement encore, il avait parié d’aller de San Francisco à Santa Fe en 22 jours; il est peut-être inutile d’ajouter qu’il a gagné ce pari.

M. Aubrey a rendu plusieurs services à la science et surtout au corps topographique envoyé dans les Montagnes Rocheuses pour y tracer le futur chemin de fer interocéanique. C’est donc avec un vif regret qu’on a reçu des États la nouvelle de sa mort. Cette mort est d’autant plus triste, qu’après avoir échappé à mille terribles et honorables dangers, M. Aubrey est tombé inglorieusement sous le couteau d’un major Weightmann, ex-représentant du Nouveau-Mexique au congrès, avec lequel il s’était pris de querelle."

Pour en savoir plus: Bouchard Serge et Marie-Christine Lévesque. De remarquables oubliés tome 2 Ils ont couru l’Amérique. Montréal, Lux, 2014, 424 pages ainsi que le site web de l’émission radiophonique De remarquables oubliés.

Tassé, Joseph. Les Canadiens de l’Ouest, tome 2. Montréal, Cie d’imprimerie canadienne, 1878, 458 pages.

Récit du décès de F.-X. Aubry, extrait du Kansas weekly Herald du 29 Septembre 1854.

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Détresse dans le comté de Beauce [1837]

Le Canadien, 26 mai 1837

"CORRESPONDANCE

DETRESSE DANS LE COMTE DE BEAUCE

St. François Comté de Beauce, 22 mai 1837

MONSIEUR, – La détresse va toujours en augmentant dans les paroisses St. François et St. George et même dans toute la Beauce.Les chemins étant devenus impraticables par le gonflement des rivières ont réduit les habitans à la plus excessive misère. Les moins affligés, c’est-à-dire, les meilleurs habitans sont eux-mêmes épuisés. Ils ont fait tout en leur pouvoir pour aider les autres et les empêcher de mourir de fain, en vendant ou en prêtant le peu de blé ou de farine qu’ils réservaient pour eux, espérant s’en procurer bientôt de Québec. Nos pauvres cultivateurs sont désolés, non seulement de souffrir la faim cette année, mais de se voir exposés à la même détresse l’année prochaine, une bonne moitié de deux paroisses devant rester sans culture. La plupart n’ont pour toute nourriture qu’un peu de sucre qu’ils font dissoudre dans l’eau. On en trouve même qui n’ont eu d’autres moyens d’éviter de mourir de fain, que de manger les animaux qu’ils trouvaient morts le long des chemins. On ferait le tour des paroisses St. François, St. Joseph, St. George, que l’on ne pourrait trouver un seul pain ou une seule livre de farine à acheter.

C’est un triste spectacle que de voir la plupart des familles de la Beauce. Joignez à cela la picote et les fièvres scarlatines qui se font sentir dans ces malheureuses familles et faites-vous, si vous le pouvez, une idée de l’état des pauvres habitans de la Beauce. Qu’il a été cruel pour eux de ne pouvoir trouver des cautionnements afin d’obtenir des secours nécessaires.

Je suis Monsr.
Votre Serviteur,
… "

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Des familles quittent Natashquan [1888]

Le Canadien, 21 septembre 1888

"La misère au Labrador

Mardi, la goëlette commandée par le capitaine A. E. Joncas, débarquait à Québec quatre familles venant de Natashquan, Côte du Labrador. De même que les cinq familles débarqués lundi du steamer ‘Other’, ces malheureux pêcheurs fuient la famine qui les menaçaient.

L’histoire racontée par ces malheureux est bien triste. Un chef de famille, père de sept enfants, dit qu’il a été obligé de fermer sa maison dans laquelle sont tous les meubles qu’il possédait.

Cette maison, qui vaut au moins quatre cents piastres, il l’a offerte pour quinze piastres et il n’a pas réussi à la vendre, car personne là-bas n’avait l’argent nécessaire. Il a aussi été forcé d’abandonner ses meubles vu qu’il n’avait pas les moyens de les apporter avec lui. Il dit aussi que le seul poële qu’il possédait, et qui lui avait coûté $16, a dû être laissé là, car personne ne pouvait lui payer la piastre qu’il en demandait.

Ces quatre familles vont aller s’établir dans le comté de Beauce, canton de Metgermette*, où déjà plusieurs familles venant du Labrador sont rendues."

*Canton de Metgermette: auj. Sainte-Aurélie et Saint-Zacharie.

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Le bordel Dumas à Butte, Montana

J’avais prévu reprendre les publications sur ce blogue seulement en septembre, mais bon, difficile de résister à une bonne histoire.

Transportons-nous à Butte, Montana. En 1878, un natif de Saint-Hyacinthe, Joseph Nadeau, accompagné de son épouse Delia Rousseau et de leurs enfants, s’installent dans cette ville.

Joseph, un homme d’affaires, veut profiter du boom minier. Il a fait ses premières armes dans la vente de souliers à New York puis à Valley Falls, au Rhode Island.

A Butte, par question de chausser les habitants. En association avec son frère Arthur, Joseph se porte acquéreur de l’hôtel Windsor. Les frères Nadeau investissent aussi dans le domaine minier.

L’article consacré à Joseph Nadeau dans ‘A History of Montana‘ est élogieux. Il y est présenté comme étant un homme d’affaires prospère et un membre en vue de la communauté.  On souligne qu’il est un catholique dévot, membre de la Société Saint-Jean-Baptiste.

Joseph Nadeau. Extrait de 'A History of Montana", volume 2, par Helen Fizgerald Sanders, p. 431
Joseph Nadeau. Extrait de ‘A History of Montana", volume 2, par Helen Fiztgerald Sanders, p. 1081. 1913

Maintenant, quel est le lien entre Joseph Nadeau et le bordel Dumas?

L’édifice abritant le bordel Dumas a été construit par Joseph et Arthur Nadeau. De respectables propriétaires.

Cet édifice, situé au 45 E Mercury S à Butte, a été construit vers 1890, en plein Red light. Le bordel Dumas fut en activité jusqu’en 1982.  90 ans de loyaux services. L’édifice existe toujours.

Et comme tout édifice historique qui se respecte aux États-Unis, l’endroit abriterait un fantôme, celui  d’Elenore Knott, une tenancière de l’établissement.

Bibliographie

SANDERS, Helen Fitzgerald. History of Montana. Chicago et New York, The Lewis Publishing Company, 2 volumes.

GULLIFORD, Andrew. Preserving Western History. University of New Mexico Press, 2005, pages. 418 pages.

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Égarés en forêt [canton Langevin, 1868]

(Je prends une pause de quelques semaines. De retour en septembre)

Cette histoire remonte aux débuts de la colonisation par chez nous.

Le Courrier du Canada, 27 novembre 1868

"Jeudi le 5 du courant, MM. Ferdinand Lecours, cultivateur de Ste. Claire (Dorchester) et Octave Morisset, de Ste. Justine du township Langevin, partaient de cette dernière place pour se rendre à travers le bois au township d’Armagh. Ils avaient environ quatre lieues à faire et devaient revenir trois ou quatre jours après. Les premiers jours de leur retard les amis ne furent pas inquiets, mais lorsqu’ils virent que leur absence se prolongeait, ils commencèrent à craindre. Le jeudi suivant, le 12, plusieurs de leurs amis se mirent à leur recherche en prenant la direction qu’ils avaient dû prendre pour se rendre où ils devaient aller. Comme il était tombé beaucoup de neige après leur départ, leurs amis ne purent trouver les traces de leurs pas; les seules indices de leur passage furent des entailles ou coupes faites aux arbres avec une hache que quelqu’un avait conseillé à Lecours de prendre en partant. Ceux qui cherchaient, suivirent ces entailles jusqu’à environ 9 ou 10 milles où elles finissaient entièrement; ils n’en trouvèrent qu’une sur un seul arbre et dans une autre direction. Ne trouvant rien, ils revinrent sur leurs pas et le 16, une trentaine d’hommes tant de Ste. Claire que de Ste-Justine et de de Ste. Malachie, se mirent de nouveau à faire des recherches qui durèrent plusieurs jours; mais ils ne trouvèrent pas d’autres marques que celles trouvées par les premiers.

M. L. Fortier, notaire de Lévis, est parti hier (25) de Ste. Claire, accompagné d’un chasseur et que quelques autres de leurs amis pour se rendre au lieu communément appelé "les Trappistes" et de là aller à environ 24 à 30 milles à travers le bois pour se rendre à un ancien chantier ou camp d’Américains, maintenant abandonné, qui se trouve près de la rivière St. Jean. C’est la seule habitation dans cette forêt, et on suppose que Lecours ou Morisset, s’étant égarés, peuvent s’y être rendus. Mais comme ils doivent être exténués par le froid et la faim, et qu’il n’y a pas même de sentier de tracé, il leur est impossible de revenir seuls; c’est pourquoi ces amis partent pour aller à leur recherche dans cet endroit.

La paroisse de Ste. Claire et les paroisses environnantes sont dans l’affliction, car Lecours était un des premiers citoyens de Ste. Claire et il était estimé de tous ceux qui le connaissaient.

Il était âgé d’environ 40 ans et Morisset de 24 à 25 ans. – (Communiqué). "

Le 4 décembre 1868, le Courrier du Canada évoque une rumeur plutôt sinistre.

Le courrier du Canada, 4 décembre 1868
Le courrier du Canada, 4 décembre 1868

On a retrouvé Octave Morisset quelques mois plus tard.

Acte de sépulture d'Octave Morisset. Registres de Sainte-Justine (Dorchester, auj. Bellechasse).
Acte de sépulture d’Octave Morisset. Registres de Sainte-Justine (Dorchester, auj. Bellechasse).

La veuve de Ferdinand Lecours,  Emilie Audet dit Lapointe (mariage le 27 août 1850, à Sainte-Claire), s’est remariée le 25 novembre 1872, à Sainte-Justine, avec Misaël Morisset, fils de Charles Morissette et de Théotise Marie Roy. Elle a donc marié le  frère d’Octave Morissette. On retrouve Emilie et Misaël à Sainte-Justine selon recensement de 1881, Misaël étant âgé de 36 ans et Emilie de 49 ans.

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