L’homme à la fenêtre (et autres instants saisis sur le vif)

par Vicky Lapointe

Très tôt, durant mes études en histoire, je me suis intéressée à l’iconographie. Mon essai multimédia pour l’obtention de la maîtrise en histoire, profile multimédia, portait d’ailleurs sur « Les représentations iconographiques de la pauvreté à Londres et à New York, de Mayhew à Campbell (1861-1896)« . Quel message l’artiste a-t-il voulu transmettre? Dans quelles conditions a-t-il exercé son art? Quelle a été la réception de l’oeuvre? Tant de questions. Les photographies du dano-américain Jacob Riis ont particulièrement été intéressantes à analyser.

Pour ceux qui aiment la photographie et qui aiment prendre le temps d’observer, d’analyser, le site Shorpy est un pur bonheur. Fondé par David Hall, Shorpy héberge en ligne des milliers de photographies, tirées pour la plupart de la collection de la Library of Congress. Il s’agit surtout de photos montrant différentes facettes des États-Unis. Il s’agit d’images JPEG de grand format (TIFF convertis en JPEG). Le résultat est magnifique.

Prenons un exemple. Voici une photo tirée du site de la Bibliothèque du Congrès (Library of Congress).

Times Square, New York, N.Y. entre 1900 et 1915. Detroit Publishing Co.. Library of Congress.
Times Square, New York, N.Y. entre 1900 et 1915. Detroit Publishing Co.. Library of Congress.

Examinez maintenant cette photo de New York en 1908  sur le site de Shorpy. Cliquez une fois sur la photo ou sur View full size dans la légende pour la voir pleine grandeur.

Sur le site de Shorpy, cette photo est intitulée « Broadway at Times Square — Hotel Astor and Astor Theatre (Detroit Publishing Company). Le  format de l’image permet d’admirer la richesse et la beauté de l’architecture new-yorkaise, plus particulièrement celle de l’impressionnant hôtel Astor. L’Hermitage, à gauche, semble être de facture plus modeste. Hélas, l’imposant hôtel Astor n’existe plus. À la fin des années 60, il a cédé sa place à un gratte-ciel, le One Astor Plaza.

Maintenant, observez les mouvements de la population. La dame en bas à droite marche d’un pied ferme près d’un policier en service. A l’extrême gauche, les tramways côtoient les calèches. On aperçoit une automobile à droite. Cette photo nous fournit plusieurs informations sur les types de transports utilisés par les New-yorkais à l’époque.

Un panneau d’affichage près de l’Hermitage rappelle à la population que la pièce « Paid in full » est à l’affiche au théâtre Astor. Publicité. Une pancarte « Offices to lease »au quatrième étage du théâtre Astor  annonce des locaux inoccupés dans cet édifice. Redescendons au niveau de la rue. Toujours dans le coin du théâtre Astor, il y a plusieurs enseignes et réclames publicitaires : United Cigars, Mechanics and Traders, Mackintosh Roses, Kodak optical goods, etc.

Parfois, on remarque des détails inusités. Comme cet homme assis sur le bord de la fenêtre, dos à la rue, au troisième étage du théâtre Astor. Que faisait-il là?

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Vous pouvez aussi joindre la communauté Shorpy et soumettre des photos. Certains partagent des clichés issus de leurs collections personnelles. D’autres publient des photographies qu’ils ont colorisées.

Le site http://www.shorpy.com/ est remplit de trésors photographiques. Prenez quelques minutes pour le visiter.

Suggestions de lecture:
Analyser une image – conseils

Patrimoine bâti des Etchemins

Ces dernières années, des municipalités et MRC (municipalités régionales de comté) du Québec ont mis en ligne l’inventaire de leur patrimoine bâti. La MRC des Etchemins, en Chaudière-Appalaches, ne fera pas exception.

Cette MRC comprend 13 municipalités:

L’inventaire a été mené dans 12 municipalités de la MRC. La 13e municipalité, Lac-Etchemin, a inventorié les éléments de son patrimoine bâti, paysager et religieux il y a quelques années.  Deux brochures à ce sujet sont disponibles en cliquant ici.

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http://patrimoinebatietchemins.com/

L’inventaire du patrimoine bâti de la MRC des Etchemins a été réalisé par  la firme Patri-Arch, en collaboration avec le photographe Ghislain Fortin. Le site internet a été réalisé par la firme Maki. On peut consulter l’inventaire à l’adresse suivante:

http://patrimoinebatietchemins.com/

Je vous souhaite une belle découverte du patrimoine etcheminois!

Vicky Lapointe

 

 

Deux suggestions de lecture

Bonjour à tous,

je vais partager avec vous deux de mes plus récents coups de coeur littéraires.

Éditions Prise de Parole
Éditions Prise de Parole

D’abord, parlons de Plus peur de l’hiver que du Diable – Une histoire des Canadiens français en Floride par l’historien Serge Dupuis. Cet ouvrage est publié par les éditions Prise de parole, une maison d’édition basée à Sudbury, Ontario. Le titre de ce livre a tout de suite piqué ma curiosité. Pendant longtemps, pour moi, la Floride, c’était synonyme de Walt Disney World, de vacanciers. C’était la Floride caricaturale du film La Florida de George Mihalka (un des premiers films de Marie-Josée Croze).

J’ai, il y a quelques semaines, raconté dans un billet l’histoire d’Octave Chabot, natif de Sainte-Justine, au Québec, décédé à Orange Park, Floride, en 1939. J’ignorais que déjà, à cette époque-là, certains des nôtres habitaient là-bas.

J’avais envie d’en savoir plus sur les liens entre le Québec et la Floride.

Je reproduis ici le résumé du livre paru sur le site de l’éditeur Prise de Parole.

Plus d’un million de touristes francophones du Québec et du Canada, dont cent cinquante mille « snowbirds », selon l’expression consacrée, se rendent chaque hiver en Floride pour profiter de son climat idéal.

Si cet engouement ne se dément pas, l’histoire des migrations canadiennes-françaises en Floride, qui dépasse largement le cadre du tourisme saisonnier, est quant à elle mal connue. Plus peur de l’hiver que du Diable retrace donc, sur plus de cent ans, cette épopée passionnante : de la colonisation agricole du 19e siècle aux vagues d’émigration économique des années 1930, de la naissance du tourisme de masse de l’après-guerre aux enfants d’immigrants, l’étude traite des enjeux entourant toutes ces formes de migration et analyse ses caractéristiques.

Appuyée par des données tirées de fonds d’archives et des enquêtes de terrain, de même que par une solide historiographie, Plus peur de l’hiver que du Diable effectue une première véritable synthèse historique du rôle joué par les Canadiens français dans l’état balnéaire.

Cet ouvrage, fort bien écrit, apporte plusieurs éléments de réponses aux questions suivantes: Pourquoi émigrer en Floride? Pourquoi les touristes sont-ils attirés depuis plusieurs décennies par la Floride? Quel est l’héritage canadien français en Floride? Dupuis se penche aussi sur les relations – pas toujours cordiales- entre les Francophones et les États-Uniens.

Des premiers tentatives françaises de colonisation à nos jours, l’histoire de la Floride mérite d’être mieux connue. Plusieurs Canadiens français et Franco-Américains ont choisit au XXe siècle de s’établir dans cet état. Serge Dupuis cite d’ailleurs le cas de Joseph Carrier de Saint-Anselme, QC, qui a combattu dans l’armée américaine durant la première Guerre mondiale. Aussi, saviez-vous qu’une colonie composée de Franco-Américains a existée en Floride durant les années 30? Il s’agit de Bélandville, dans le comté de Santa Rosa.

Plus peur de l’hiver que du Diable est une excellente contribution à l’histoire des Canadiens français aux États-Unis.

 

*
***

Voici ma deuxième suggestion de lecture: Demonica par Hervé Gagnon.

Éditions Recto Verso
Éditions Recto Verso

On doit à Hervé Gagnon les séries Damné, le Testament de Nergal ainsi que Joseph Laflamme.

Résumé de Demonica paru sur le site de l’éditeur Recto Verso.

Le Mal est partout.
En 1563, une poignée de protestants fuient la guerre de religion qui embrase la France et se réfugient secrètement en Canada. Sur le site abandonné du village iroquois d’Hochelaga, que Jacques Cartier a visité en 1535, ils fondent Havre-Grâce, où ils aspirent à vivre en paix. Mais le Nouveau Monde se révèle inhospitalier pour ce groupe d’idéalistes mal préparés. Les premières récoltes sont mauvaises et le gibier a déserté les environs. L’hiver est cruel et le froid, dévorant. La neige fait de la colonie une prison. La faim s’y installe et emporte les plus faibles. Petit à petit, le Mal s’insinue dans Havre-Grâce. Une fillette semble être possédée, des envies de cannibalisme animent certains colons et une créature mystérieuse rôde aux alentours. Homme, bête ou démon? Nul ne peut le dire. Le jeune Guichard Sorbiac tentera de le découvrir.

Je ne suis pas une amatrice de romans et de films d’horreur. Mais si l’histoire se déroule il y a bien longtemps, je suis prête à faire un essai. Ainsi, j’ai vu récemment The Witch a New England Folktale de Robert Eggers qui se déroule au XVIIe siècle et j’ai beaucoup apprécié.

Demonica se déroule en Nouvelle-France un siècle plus tôt. A partir d’un fait historique -le village iroquoien d’Hochelaga a effectivement été abandonné après le passage de Jacques Cartier- Gagnon raconte une histoire prenante. J’ai adoré l’ambiance de ce roman. La tension monte graduellement. Les personnes vivent constamment dans la peur, dans l’appréhension des atrocités à venir. Un roman efficace. Une histoire qui devrait être portée au grand écran, à mon avis.

Bonne lecture!

Note: la blogueuse est allée toute seule comme une grande emprunter ces deux livres à la bibliothèque.

 

La milice à Ste-Justine en 1876

Comme à chaque année, j’ai profité de la période de la fête du Canada pour faire quelques recherches sur le site Ancestry. Habituellement, mes recherches se concentrent sur les bases de données de l’Institut Drouin (particulièrement les registres des baptêmes, mariages et sépultures des Francophones d’Amérique du Nord). Cette année, j’ai voulu parcourir d’autres collections.

C’est pourquoi j’ai passé quelques heures à lire des documents concernant les milices au Canada, plus particulièrement le bataillon de Dorchester. Le livre-souvenir du 125e anniversaire de Saint-Justine, mon village natal, souligne que dès 1869, des Justiniens ont joint ce bataillon.

Une fois l’an, les miliciens de notre village devaient participer à une « drill ». L’entraînement annuel, d’une durée de 6 à 16 jours, a eu lieu entre autres à Lévis, à Saint-Anselme et à Sainte-Claire.

En 1876, le camp d’entraînement du bataillon s’est déroulé du 17 au 25 juillet.

Le registre des paies nous apprend que le capitaine Louis Mercier a été payé 8$ pour la durée du camp cette année-là, soit 1$ par jou. Pour les autres miliciens, le salaire était de 50 sous par jour.

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Louis Mercier et son épouse Adeline Audet dit Lapointe. Source: Livre-souvenir du 125e anniversaire de Sainte-Justine, 1987.

Voici la liste des miliciens de Sainte-Justine en 1876. Pour chaque soldat, lorsque c’était possible, j’ai mis un lien vers sa fiche sur le site Nos Origines (généalogie).
Capitaine: Louis Mercier

Sergents: Misaël Morissette, Joseph Lachance et Narcisse Blanchet.

Caporaux: David Carbonneau, Séverin Audet, Onésime Ferland.

Clairon: Antoine Carbonneau

Soldats
Joseph Chabot
Joseph Boniface (dit Aubé)
Michel Terrien
Philias Lachance (mon arrière-grand-père)
Prudent Labrecque
Philippe Dorval (il s’établira plus tard au Wisconsin comme je l’explique dans ce billet)
Joseph Audet
Joseph Lachance
Source: Listes nominatives et listes de paie de la Milice volontaire canadienne, 1857 à 1922 Ancestry.
Autres billets à propos de l’histoire de Sainte-Justine

Publications en libre accès du CRILCQ

Par Vicky Lapointe

Le plus récent bulletin du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal (LHPM) nous informe que le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ) diffuse en libre accès certaines de ses publications. Ces ouvrages, en format PDF, font partie des collections suivantes: Cahiers de l’espace de Saint-Denys-Garneau, Contemporanéités, Isberg (représentations du Nord), Prégnance, Référence, Séminaires, Interlignes, Études et Convergences. Accédez à ces collections (d’abord publiées par Codicille éditeur et Nota Bene) en cliquant sur le lien suivant: http://www.crilcq.org/collections/

Parmi les ouvrages disponibles:

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Capture d’écran site internet du CRILCQ

D’autres publications portent sur les oeuvres de Gaston Morin, Réjean Ducharme, Gabrielle Roy, Angéline de Montbrun, etc

Suggestions de lecture
La lecture des mauvais livres [1880]

Décès de l’ethnologue Jean-Claude Dupont

Mise à l’index du roman Les demi-civilisés de Jean-Charles Harvey [25 juillet 1934]

Anastasie ou la censure du cinéma au Québec

Celina Géhu et David Lapierre

par Vicky Lapointe

Ce nom a tout de suite attiré mon attention. Qui pouvait bien être Célina Géhu, décédée à Sainte-Justine, Dorchester (auj. Bellechasse) le 22 janvier 1912 à l’âge de 68 ans? Géhu est un nom de famille assez rare au Québec. Les Géhu ont laissé des traces dans les registres paroissiaux catholiques en Gaspésie et dans les régions de Montmagny et de Bellechasse. C’est un patronyme dont l’orthographe a varié au fil des ans: Géhu, Jehu, Jegue, Jaigue, Gegu, Gagné, etc.

  1. Les Géhu
  2. David Lapierre
  3. Des Géhu en Nouvelle-Angleterre
  4. En résumé

1. Les Géhu

Louis, l’ancêtre des Géhu du Québec, a épousé Marie-Louise Blais à Berthier-sur-Mer le 18 février 1765. Selon Nos Origines, il serait né vers 1736 à Pleurtuit, Ille-et-Vilaine (France). Je n’ai pas trouvé de traces de ce breton dans le Fichier Origine, qui recense les « émigrants français et étrangers établis au Québec des origines à 1865 ». Peut-être Louis Géhu était-il un soldat ayant participé à la guerre de Sept ans?


Louis Géhu et Marie-Louise Blais ont eu au moins sept enfants: Louise (Etienne Renaud), Louis (Madeleine Boulay), Marie (Charles Couture), Julien (Marcelline De La Durantaye, Marie-Reine Fournier), Louis-Jean, Marie-Marguerite et Véronique. Louis-Jean est décédé en bas âge et Louis ne semble pas avoir eu d’enfant. Par contre, Julien est le père d’au moins neuf enfants, dont Michel et Julien.

Revenons à Célina Géhu. Âgée de 68 ans à son décès, elle serait donc née vers 1844. La consultation du site web du Programme de recherche démographique historique (PRDH) ne m’a pas permis de connaître sa date et son lieu de naissance.

Elle s’est mariée à au moins deux reprises: la première fois avec David Lapierre (date et lieu inconnus) et la seconde fois avec Jean « Johny » Richard à Sainte-Justine le 8 janvier 1884.

J’ai laissé il y a quelques jours un message sur le forum de Nos Origines pour trouver plus d’informations sur le mariage de Célina Géhu et de David Lapierre. Une participante, Jacynthe, m’a fait remarquer que Célina apparaissait dans les recensements canadiens de 1852,  de 1871 et de 1891. Je tiens à remercier une autre participante, Renée, pour son aide.

Voyons maintenant ce que nous apprennent les recensements canadiens à propos de Célina Géhu.

Recensement canadien 1852 L’Islet
Julien Gaigue 42 ans
Geneviève Fournier 41 ans
Magloire Gaigue 15 ans
Célina Gaigue 12 ans
Geneviève Gaigue 10 ans
Philomène Gaigue 10 ans
Déline Gaigue 5 ans
Séraphine Gaigue 3 ans

Recensement de 1861- où est-elle?

Recensement canadien 1871 St-Gervais
Michel Gégu 55 ans
Philomène Gégu 27 ans
Michel Gégu 19 ans
Télévine? Gégu 10 ans
Adéline Gégu 22 ans
Célina Gégu 31 ans
Adélard Gégu 5 mois

Recensement de 1881, où est-elle?

Recensement canadien 1891 Ste-Justine
Jean Richard 45 ans
Delina Richard 45 ans
Recensement canadien 1901 Ste-Justine
Jean Richard 55 ans
Célina Richard 56 ans (née le 15 mai 1845)
Recensement canadien 1911 Ste-Justine
Jean Richard 65 ans
Célina Richard 68 ans (née le 1? mai 1842)

Célina est donc née entre 1840 et 1845. Le dépouillement des actes de baptêmes de Montmagny – indiqué comme son lieu de naissance dans le recensement canadien de 1911 – n’a pas permis de confirmer cette information. Les recensements de 1901 et 1911 nous apprennent par contre qu’elle parlait français et anglais. Dans quelles circonstances a-t-elle acquise sa maîtrise de l’anglais? Sainte-Justine est située près de la frontière du Maine, mais il s’agit d’un village essentiellement francophone. Aurait-elle séjournée en Nouvelle-Angleterre?

2. David Lapierre

Le premier mari de Célina Géhu, David Lapierre, est décédé à Sainte-Justine le 25 janvier 1882 à l’âge de 53 ans. Il serait donc né vers 1829. La consultation du PRDH permet de repérer un candidat intéressant, soit David Denis (Denis dit Lapierre) né à Saint-Gervais en 1826. Il a épousé à Saint-Sylvestre de Lotbinière le 3 octobre 1848 Marguerite Gautron dit Larochelle. Leurs enfants sont nés à St-Sylvestre, Saint-Ferdinand-d’Halifax et Sainte-Sophie. En 1871, les Lapierre résident à Sainte-Justine. Au décès de David et Anna à St-Léonard d’Aston en 1875, il est écrit dans les registres que leur mère, Marguerite, est décédée. David Lapierre est donc devenu veuf entre 1871 et 1875.

Je ne trouve pas David Lapierre dans le recensement canadien de 1881. Peut-être son nom a-t-il mal été indexé ou bien au moment du recensement, était-il à l’extérieur du pays, par exemple en Nouvelle-Angleterre?

Sa fille Marguerite est décédée à Concord, New Hampshire, en 1911. Elle a épousé, probablement aux États-Unis, Peter Daily ou Dailey.

3. Des Géhu en Nouvelle-Angleterre

Un peu plus tôt, je vous ai parlé de Michel Géhu, fils de Louis Géhu et de Marie-Louise Blais. Célina habite chez lui à Saint-Gervais en 1871. Il s’agit probablement de son oncle. En 1874, Michel réside en Nouvelle-Angleterre. Deux de ses enfants décèderont dans cette partie du monde soit  Marie, à Fall River, Massachusetts,  le 11 décembre 1874 puis  son fils Michel (Micheal), inhumé à Seymour,  Connecticut, en 1916. Sur le site Find a grave, on trouve deux Gehu inhumés à Seymour, soit Mary A (Agnès?), femme de Michael (d. 1926) et Edouard (d. 1914).

4. En résumé

Je recherche les informations suivantes:

Date et lieu de naissance de Célina Géhu (entre 1840 et 1845) .

Lieu et date du mariage de Célina Géhu et David Lapierre (peut-être en Nouvelle-Angleterre).

Lieu et date de décès de Marguerite Gautron dit Larochelle, épouse de David Lapierre (entre 1871 et 1875).

À suivre…

Hommage à Claude Lapointe (1934-2016)

par Vicky Lapointe

Mon grand-oncle Claude Lapointe est né à Sainte-Justine, comté de Bellechasse, Québec, le 31 décembre 1934, fils d’Évangéliste Lapointe et d’Elise Lessard. Baptisé Jean-Claude, tout le monde l’appelait Claude. Il était le 12e d’une famille de quinze enfants.

Claude a passé son enfance sur la terre du 6e rang de Sainte-Justine où Evangéliste et Elise s’étaient établis peu après leur mariage en 1914. C’était l’époque où toute la famille, même les enfants, participaient aux travaux agricoles.

Claude et son frère Adrien à Ste-Justine.  Années 40.
Claude et son frère Adrien à Ste-Justine. Années 40.

En 1944, Evangéliste décède. Trois ans plus tard, mon arrière-grand-mère vend la terre familiale et fait l’acquisition d’une maison au coeur du village.

Claude vers 1950. Maison d'Elise à Sainte-Justine.
Claude vers 1950. Maison d’Elise à Sainte-Justine.

La forêt a toujours été un élément très important dans la vie de Claude.

Il a travaillé pendant quelques années en Ontario, conduisant de la machinerie lourde dans le bois. Puis il est retourné au Québec pour prendre soin de sa mère.

Aimant la nature, il a été propriétaire d’une érablière et de deux lots à bois.

Cabane à sucre de Claude.
Cabane à sucre de Claude.

Le 10 décembre 1999, il a épousé à Sainte-Justine Monique Côté qui a pris soin de lui de façon admirable ces dernières années.

Claude, Monique et Lucille, soeur de Claude.
Claude, Monique et Lucille, soeur de Claude.

Il est décédé chez lui, à Sainte-Justine, le 21 mai 2016, après une longue lutte contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA).

Chronologie de Montréal

Par Vicky Lapointe

Je vais vous présenter brièvement aujourd’hui deux ressources en ligne sur l’histoire de Montréal.

D’abord, le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal (LHPM) de l’UQAM a mis en ligne une chronologie de l’histoire de Montréal. Cette liste contient (pour le moment) plus de 1547 événements  répartis en six thèmes: Population, Économie, Société, Politique, Espace et culture. Certains éphémérides sont accompagnés d’une illustration.

Pour découvrir cette ressource, cliquez ici.

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Capture d’écran Chronologie de Montréal

Ensuite, pour approfondir les événements présentés, le LHPM vous suggère de consulter sa Bibliographie sur l’histoire de Montréal qui recense près de 15 000 articles, articles d’encyclopédie, chapitres, ouvrages, pages web, rapports, thèses ou mémoires.

En somme, deux belles ressources pour s’initier à l’histoire de Montréal et qui continueront d’être bonifiées dans les mois à venir.

Autres billets à lire

Indexation collaborative

Bilan du Siècle

Adhémar Bases de données du Groupe de recherche sur Montréal Propriété, bâti et population à Montréal, 1642-1805

Décès de l’ethnologue Jean-Claude Dupont

par Vicky Lapointe

La Société québécoise d’ethnologie a annoncé le 17 mai le décès de l’ethnologue québécois Jean-Claude Dupont (1934-2016).

Pour en savoir plus sur sa contribution à l’ethnologie québécoise, je vous invite à lire cet article de la SQE, Hommage à Jean-Claude Dupont, publié en 2015.

BANQ a numérisé et mis en ligne sept de ses livres sur les légendes du Québec:

  • Contes de bûcherons

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406261

  • Le légendaire de la Beauce

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406264

  • Légendes du Saint-Laurent : récits des voyageurs

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406244

  • Légendes du coeur du Québec

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406245

  • Légendes des villages

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406246

  • Légendes de la Gaspésie et des Iles de la Madeleine

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406268

  • Légendes de la Côte-Nord : de Tadoussac à Blanc-Sablon

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406271

 

 

Inhumé dans la partie du cimetière paroissial réservée ad hoc [St-Anselme, 1881]

Par Vicky Lapointe

Aujourd’hui, je vais vous raconter un drame vécu par la famille Aubin de Saint-Anselme, Québec, en 1881.

Denis Aubin et Esther Giasson se sont mariés à St-Anselme le 10 novembre 1855.Le recensement canadien de 1871 à St-Anselme nous apprend que Denis Aubin et sa femme étaient analphabètes. Denis cultivait la terre pour faire vivre sa famille composée de six enfants soit Esther (14 ans), Séraphin (10 ans), François (8 ans), Marie (6 ans), Louis (4 ans) et Rozalie (3 ans).

10 ans plus tard, le 6 avril plus précisément, le recenseur s’est de nouveau arrêté chez les Aubin. La famille demeure toujours à Saint-Anselme. Une fillette s’est ajoutée à la famille, Louise, née vers 1875. L’âge indiqué pour Louis, soit 17 ans, est inexact. Les garçons aident leur père sur la ferme. Les deux plus jeunes, Rose (Rozalie) et Louise vont à l’école. L’autre soeur, Marie, 18 ans, est atteinte d’aliénation mentale.

Quelques semaines plus tard, Louis, 14 ans, est retrouvé pendu dans une grange appartenant à sa famille. Le coroner, le Dr A. Morisset concluera à un suicide.

Louis avait vu le jour le 27 décembre 1866 à St-Anselme.

Dans son édition du 27 octobre 1881, Le Canadien qualifie la famille Aubin de « mendiants ». Le drame s’expliquerait par « la misère et l’abrutissement ». Le journaliste a-t-il lu le rapport du coroner? A-t-il parlé à des paroissiens de Saint-Anselme? On l’ignore.

L’inhumation a eu lieu le 26 octobre à Saint-Anselme. Notez que Louis Aubin a été inhumé « dans la partie du cimetière paroissial réservée ad hoc » (la section non consacrée) après permission du coroner.

Registres paroisse Saint-Anselme, S33, 19e feuillet. Family Search.

Sources consultées:

Base de données Les enquêtes des coroners des districts judiciaires de Beauce, 1862-1947, de Charlevoix, 1862-1944, de Montmagny, 1862-1952, de Québec, 1765-1930 et de Saint-François (Sherbrooke), 1900-1954 (BANQ)

Le Canadien, 27 octobre 1881

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