Patrimoine, Histoire et Multimédia

Découvrir l'histoire et le patrimoine des francophones nord-américains aux XIXe et XXe siècles par Vicky Lapointe


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Le Père Paul K. Malouf prêche une retraite à Sainte-Flavie [1900]

Le Canada, 14 avril 1900

Ste-Flavie, 13. -Le Rév. Père Paul K. Malouf, prêtre Syrien, catholique romain était ici depuis quelques jours dans le but de prêcher une retraite à la colonie syrienne de notre paroisse afin de la préparer à accomplir leur devoir pascal.

Dimanche dernier, le Rév. Père nous donna des explications concernant les cérémonies du rite latin et du rite grec. Ses explications furent données en langue française, qu’il parle admirablement bien.

Les Syriens de notre paroisse espèrent à l’avenir, avoir souvent la visite de leurs prêtres surtout aux fêtes de Noël et de Pâques.

Je n’ai trouvé jusqu’ici le nom que d’une personne dite d’origine syrienne en lien avec Ste-Flavie à cette époque, soit Nicolas Malouf (lien) diplômé du Séminaire de Rimouski en 1911-1912 et originaire de Baskinta (Liban).


Turquie d’Asie, Syrie, 1860. Extrait de l’Empire ottoman… / dressé par le Che.r Lapie
Source: gallica.bnf.fr

Les frontières de la Syrie ayant beaucoup évolué, je vous invite à consulter les cartes géographiques de la Syrie ottomane qui sont disponibles sur Wikipédia à la fin de l’article Ottoman Syria.

J’ai effectué une recherche dans les recensements de Ste-Flavie de 1901 et 1911, sans trouver de personnes d’origine syrienne. J’ai élargi ma recherche à quelques paroisses du Bas-Saint-Laurent et j’ai eu plus de chance. A Mont-Joli, en 1901, il y avait les Boussafie, les Murray et les Tapin, arrivés ici entre 1894 et 1899.

Recensement canadien de 1901, Mont-Joli.

Recensement canadien de 1901, Mont-Joli.

D’autres Syriens sont arrivés au Bas-Saint-Laurent au cours de la décennie suivante. Voici donc des extraits du recensement de 1911 à Mont-Joli, Sayabec, Matane et Price. Le patronyme qui domine est Aboussafy.

Recensement canadien de 1911, municipalité de Mont-Joli, Rimouski.

Recensement canadien de 1911, municipalité de Mont-Joli, Rimouski.

Si vous consultez les registres de Mont-Joli, vous trouverez plusieurs actes concernant la famille Aboussafy.  D’ailleurs, le Père Paul K. Malouf, dont il est question dans l’entrefilet en début de texte, a baptisé le 14 avril 1906, à l’église Notre-Dame-de-Lourdes de Mont-Joli, Pierre Albert Aboussafy (Abousafi), né le 24 mars 1906, fils de Najib Abousafi et Marie Murry. Parrain: Amin Abousafi, cousin de l’enfant. Marraine: Marcha Abousafi.

Quelques Aboussafy ont quitté en 1912 Mont-Joli pour l’Alberta. Il est indiqué sur cette page, où on peut voir plusieurs photos de famille, que les Aboussafy venaient du Liban.

On trouve aussi des gens d’origine syrienne à Sayabec en 1911.

sayabec1911

Recensement canadien de 1911, Sayabec.

Si on revient au recensement de 1911 de Mont-Joli, on voit Marie Murray?, d’origine syrienne. On trouve des Murray d’origine syrienne dans le recensement de 1911 à Matane.

matane1911

Recensement canadien de 1911, Matane.

 

A Price en 1911, il y avait deux Aboussafy.

price1911

Recensement canadien de 1911, Price.

 

 

Les Syriens de cet échantillon exercent des métiers sont marchands, commis ou vendeurs.

Consulter les actes de baptêmes, mariages et sépultures de ces paroisses permet de trouver d’autres gens d’origine syrienne (libanaise). Par exemple, Kalil el Esber, colporteur et Nabihat Abouanna se sont mariés à Mont-Joli le 19 septembre 1910.

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Des Norvégiens à Gaspé en 1860

Un détour par Sainte-Justine (Les Raban)

Aziz George Nakash, photographe arménien à Beauceville, Sherbrooke et Montréal (1892-1976)

Février, mois de l’histoire des Noirs


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Découverte d’ossements [Saint-Malo, 1868]

Le Canadien, 23 septembre 1868

UNE ETRANGE DÉCOUVERTE

On nous informe que quelques habitants de St.Malo, Canton d’Aukland et comté de Compton, viennent de découvrir, sur le lot N. 3, dans le 2nd Rang d’Auckland, les ossements d’une personne morte, en apparence, depuis plusieurs années. Bien que les restes soient dans un état avancé de dessèchement, il y a cependant indices qui peuvent faire reconnaître cette personne; car on a trouvé auprès du cadavre une valise de voyageur, de l’argent et quelques papiers qui sont très peu lisibles; ils sont écrits en langue anglaise et assez difficiles à comprendre. Une chose indique que cette personne doit être morte, durant les sept dernières années, c’est qu’on a trouvé sur elle des centins portant la date de 1861. La chevelure est rouge, et d’après les indices, ce doit être le cadavre d’un jeune homme. S’il appartenait à quelque famille peu éloignée, on pense qu’il serait assez facile de le faire identifier.

Les gens de la localité informent les autorités, surtout M. le coronaire, s’il croit devoir intervenir.

Pour les détails s’adresser à M. Joseph Dubois à St. Malo d’Aukland, P.Q.

Les journaux sont priés de reproduire – Pionnier de Sherbrooke

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Translation des ossements des soldats français morts sur les plaines d’Abraham [1854]

Des ossements retrouvés à l’Anse au Foulon [1924]

D’intéressantes découvertes [Québec et Trois-Rivières, 1887 et 1896]

Un cercueil sur la rive [1892]

Trois squelettes découverts lors de fouilles archéologiques à Québec en 1878


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Avis de recherche – Claude Guay, pilote de Spitfire

Originally posted on Souvenirs de guerre:

Je suis à la recherche de toute information concernant Claude Guay qui aurait été pilote de Spitfire durant la Deuxième Guerre mondiale.

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La guérison de Flore Lapointe [1889]

En effectuant des recherches généalogiques, j’ai trouvé cette histoire concernant la tante de mon arrière-grand-père.

Extrait de ‘Les miraculés de la bonne Sainte Anne‘, 1907, p. 173 à 176.

LXI
GUÉRISON DE Melle LAPOINTE
de STE-JUSTINE, P.Q.
(2 septembre 1889)

Relation de l’abbé Charles Trudel, chapelain de l’Hôpital du Sacré-Coeur, à Québec

Dieu est admirable dans ses Saints, dit l’Ecriture Sainte, et cette admiration s’impose surtout lorsque l’on voit de ses yeux, et qu’on touche, en quelque sorte du doigt, quelqu’un des merveilles que ce Dieu de bonté veut bien opérer par l’intercession de ses élus. C’est ce qu’ont éprouvé dernièrement toutes les personnes qui demeurent actuellement à l’Hopital du Sacré-Coeur, à l’occasion de la guérison miraculeuse d’une des malades de cette maison.

Delle Flore Lapointe, de Ste-Justine, était malade depuis six ans, et, depuis trois ans, elle était clouée sur un lit de douleur, sans pouvoir se lever ni prendre d’autres positions que celle de rester jour et nuit couchée sur le dos. Les médecins n’avaient pu lui apporter aucun soulagement. Au commencement du mois de juillet dernier, elle se fit transporter à l’Hôpital du Sacré-Coeur, espérant obtenir sa guérison, ou au moins du soulagement, sous les soins des médecins de cet hôpital. Mais après avoir pris connaissance de sa situation, deux médecins déclarèrent ne pouvoir rien faire pour sa guérison.

N’attendant plus de secours du côté des médecins, et se voyant condamnée à demeurer toute sa vie dans son infirmité, à charge aux autres, elle résolut de s’adresser à la bonne sainte Anne. Remplie de la plus grande confiance, elle demande à être transportée dans le temple où cette grande Thaumaturge du Canada se plaît à manifester son pouvoir auprès de Dieu.

Les miraculés de la bonne sainte Anne

Les miraculés de la bonne sainte Anne

Lundi matin, donc, 2 du mois de septembre, on la transporta, sur son lit, de l’Hôpital du Sacré-Coeur au bâteau à vapeur. Arrivée à l’église, elle fut placée près de la statue de sainte Anne, où un prêtre lui apporta la sainte Communion. Elle avait espérer obtenir sa guérison dans ce moment solennel pour elle; mais le bon Dieu voulait éprouver sa foi. Quoique un peu découragée, elle continua cependant à prier avec d’autant plus de confiance qu’elle se sentait un peu soulagée.Après la messe, on lui fit vénérer la sainte Relique, et, au moment où on la lui appliqua sur la partie la plus souffrante du corps, elle éprouva quelque chose d’extraordinaire et d’inexplicable. Elle se sentit guérie, capable de se lever et de marcher. Hors d’elle-même, elle se mit à crier, à pleurer, à rire, à parler, sans trop se rendre compte de ce qu’elle disait et faisait. Puis elle se leva et se mit à marcher, au grand étonnement des témoins de ce miracle.

La nouvelle de cette étonnante guérison parvint le jour même, à l’Hôpital du Sacré-Coeur, où l’on avait bien prié pour que les voeux de cette bonne fille fussent exaucés. L’émotion fut grande et des larmes tombèrent des yeux de plusieurs, au Sacré-Coeur, lorsque, le lendemain soir, on vit la pauvre malade de la veille, descendre facilement de la voiture, avant d’arriver à l’Hôpital, et se rendre seule, à pied, afin de donner à tous la preuve de sa guérison. Tous la félicitaient, mais elle, au contraire, ne cessait de remercier ses bienfaiteurs pour les prières adressées au ciel en sa faveur, et auxquelles seules elles attribuaient sa guérison.

C’était peu de temps avant la prière, qui se fait tous les soirs à la chapelle; Delle Lapointe s’y rendit et s’y agenouilla, comme toutes les personnes qui assistèrent à cette prière. On y chanta, en actions de grâces, le cantique populaire dont le pieux refrain est si souvent répété avec bonheur et transport par les pèlerins reconnaissant:

« Daignez, sainte Anne, en un si beau jour,
De vos enfants agréer l’amour ».

L’abbé CHS. Trudel.

Hôpital du Sacré-Coeur, 10 sept. 1889

Au Révd Père Fiévez, C. SS. R.

Mon Révd Père,

En réponse à votre lettre d’hier, au sujet de la guérison de Delle Flore Lapointe, je suis heureux de pouvoir dire que le mieux général se continue, de sorte qu’il y a lieu de croire qu’elle a en effet obtenu sa guérison par l’intercession de la bonne sainte Anne; sa faiblesse diminue, elle digèrent mieux et prend des forces.

En un mot, vut l’ensemble des circonstances qui ont précédé et suivi son voyage à Sainte-Anne, on regarde ici comme bien prouvé que la guérison de Delle Lapointe est une guérison extraordinaire obtenue par l’intercession de la bonne sainte Anne.

Cette pauvre fille, pleine d’humilité, attribue sa guérison, non à ses prières, mais aux prières de la communauté et des autres personnes de l’Hôpital du Sacré-Coeur. Elle ne cesse de bénir et de remercier le Sacré-Coeur de Jésus, et elle est pleine de reconnaissance pour sa Bienfaitrice.

CHS. TRUDEL, Ptre.

Quelques notes à propos de Flore Lapointe et de sa famille

Flore Lapointe est née à St-Evariste-de-Forsyth le 22 mai 1858, fille de David Audet et d’Henriette Côté. Elle avait deux soeurs, Philomène et Joséphine ainsi qu’un frère, Joseph. Selon le recensement de 1871, ils habitaient à Sainte-Justine, Dorchester (auj. Bellechasse). Le père, David, est décédé à Sainte-Justine le 10 novembre 1871. Notez que le nom du conjoint est omis dans l’acte. Même problème pour l’acte de sépulture de la soeur de David, Zoé, pourtant veuve de Clément Pépin dit Lachance.

En 1881, Henriette et ses enfants résidaient toujours à Sainte-Justine.

La base de données Ontario Deaths and Overseas Deaths, 1939-1947 de Family Search nous permet de trouver le lieu et la date de décès de Flore, soit le 5 janvier 1934 à Ottawa, Ontario. Aussi, dans un cimetière d’Ottawa se trouve cette pierre tombale. Flore aurait donc fini ses jours près de sa soeur Joséphine qui, à Sainte-Justine, le 24 octobre 1882, a épousé Evangéliste Hébert.

Pour ce qui est de la période entre 1890 et 1934, ma recherche d’informations à propos de Flore continue. Je continue mes recherches pour la localiser grâce aux recensements.  J’ai quand même pu trouver quelques informations concernant les autres membres de la famille. Par exemple,  en 1891, Henriette Côté, sa fille Joséphine et son époux Evangéliste résidaient à Barford, Stanstead. Un enfant du couple est né aux États-Unis. En 1901, Joséphine et son frère Joseph ainsi que leurs familles habitaient à Barford, Stanstead.

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Des loups-cerviers aperçus à Québec en 1868

 « Manière de prendre le loup-cervier au Labrador », gravure tirée de L'opinion publique, Vol. 2, no. 20, pp. 241 (18 mai 1871) Source: Wikipédia

« Manière de prendre le loup-cervier au Labrador », gravure tirée de L’opinion publique, Vol. 2, no. 20, pp. 241 (18 mai 1871) Source: Wikipédia

Le Canadien, 23 septembre 1868

LOUP SERVIER – Un nouveau loup cervier a été tué dans le faubourg St. Jean, ces jours derniers. C’est M. Walker, qui demeure au coteau Ste. Geneviève qui a donné ce coup de grâce à l’animal. L’animal poursuivi par plusieurs personnes s’était réfugié dans sa cour.

Le Journal de Québec, 26 septembre 1868

Hier matin, vers 6 heures, un loup-cervier, a traversé le fleuve vis-à-vis les moulins à vapeur de MM. Ritchie et Cull. M. John Ritchie, l’un des propriétaires, vit venir l’animal qui nageait comme un poisson et se prépara à lui faire une réception digne de lui. Il ne lui donna pas le temps de gagner terre. Il s’avança quelques pas dans l’eau pour le recevoir, et quand il fut à sa portée il lui lança une pierre si habilement sur la tête que l’animal n’en demanda pas plus. Après avoir battu l’eau quelques instants il expira. C’est le troisième loup cervier qui visite cette localité depuis quelques temps. Deux ont eu le sort de ce dernier et un a pu s’échapper.

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La sorcière de Beaumont

La femme Nollet se mêlait aussi de nécromancie et passait généralement dans l’esprit des habitans pour la plus grande sorcière du Canada.[…] recourbée sur elle-même et traînant avec peine ses soixante-et-quinze-années, lorsqu’elle vous regardait, au travers de son immense coiffe blanche, avec son oeil terne et verd, sa bouche béante et édentée, elle ressemblait assez à ces magots que l’imagination vive de nos jeunes filles a placés sur leurs roues de fortune pour dicter, avec leur balai, accompagnement indispensable d’une sorcière, leurs succès futurs en amour.

C’est ainsi que Philippe-Ignace de Gaspé décrit dans L’Influence d’un Livre (1837) celle que l’on surnommait la sorcière de Beaumont.

Son père, Philippe-Joseph Aubert de Gaspé, a aussi consacré quelques pages à cette singulière femme dans Les Anciens Canadiens (1863).

Arrivé à la paroisse de Beaumont, il me parla de la mère Nolette, la femme savante, la sorcière qui connaissait le passé, le présent et l’avenir; le tout appuyé d’histoires merveilleuses de curés, de seigneurs, de dos blancs et d’habits a poches qu’elle avait rembarrés.

Pierre-Georges Roy, dans  À travers l’histoire de Beaumont, reproduit ce qu’a écrit Aubert de Gaspé dans Les Anciens Canadiens à propos de la femme Nolet.

Dans un article du Dictionnaire biographique canadien consacré à Philippe-Joseph Aubert de Gaspé, Luc Lacourcière indique que la femme Nolet  est décédée en 1819. La consultation des registres de Beaumont permet de retracer un acte de sépulture qui pourrait correspondre à ce que l’on cherche, soit celui de Marie-Joseph Nollet, 88 ans, fille de feu Jacques Nollet et de feue Marie Colombe, décédée en 1819. S’agit-il de la sorcière de Beaumont?

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Une visite du musée de la Province (futur MNBAQ) [Québec, 1933]

La légende de la montagne à Fournier (Matapédia, 6 juin 1831)

Fait divers (un peu macabre)… tiré des voûtes de l’histoire (St-Vallier, 1763)

11. Luc Lacourcière: recueillir et transmettre le patrimoine populaire


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Les naufragés du Granicus [Ile d’Anticosti, 1828-1829]

L’île d’Anticosti est surnommée le cimetière du Saint-Laurent à cause des 400 naufrages au large de ses côtes.

En 1829, lors d’une tempête, des Madelinots y trouvèrent refuge. Ce qu’ils découvrirent sur l’île dû les marquer pour longtemps.

Voici l’histoire du Granicus.

Coeurs sensibles, s’abstenir.

La Minerve, 25 juin 1829

NAUFRAGE DÉPLORABLE

Québec 22 Mai

Nous avons extrait les détails suivants d’une lettre reçue ici samedi de M. Dawson, agent du bureau de Lloyds aux îles de la Magdelaine.

Vers la fin de mai, un nombre d’habitans des îles à la Magdelaine, se réunirent pour aller en mer, et furent assaillis par une tempête, à la hauteur de l’extrémité nord-est de l’île d’Anticosti, et la glace les força de chercher un abri, à l’endroit où ils savaient que Godin tenait un des postes d’approvisionnement. En débarquant ils apperçurent sur le rivage une chalouppe, qui n’avait reçu aucun dommage. Ils avancèrent jusqu’à la maison, et en y entrant ils furent frappés d’horreur, à la vue de plusieurs cadavres humains, d’une quantité d’ossemens et de chair en putréfaction. En examinant avec plus d’attention, ils distinguèrent les corps de 12 à 13 personnes, 2 femmes, 3 enfans et 7 hommes. Le dernier survivant paraissait être mort de faim et de froid dans son hamac, et d’après son apparence il semblait être un homme au-dessus du commun des matelots. Son nom était B. Harrington, comme on le verra plus bas. Les gens commencèrent par rassembler les valises et autres articles qui étaient dans la maison et enterrèrent les restes des corps et une grande boite d’ossements proprement arrangés, qui se trouvait dans un coin de la chambre. Sur le foyer il y avait un chaudron dans lequel on avait fait cuir de la chair et il en restait un morceau au fond du vase. Ensuite ils furent dans un petit appenti, où ils furent surpris de trouver cinq autres corps, suspendus, par une corde attachée en travers à quelques poutres; les entrailles avaient été tirées des corps, et il n’en restait guère autre chose que des squelettes, la chair paraissant en avoir été coupée. Ils n’enterrèrent pas ces corps, et partirent avec la chaloupe pour les îles de la Magdelaine.

D’après toutes les circonstances connues de ce naufrage, il ne peut presque y avoir de doute que ce vaisseau ne soit la braque Granicus, capt. Martin, qui fit voile de ce port pour Cork, le 29 octobre vers le même temps que le John Howard et le Shamrock, pour le même port, et dont on n’a pas encore entendu parler.

M. Godin qui gardait ce poste était venu à Québec l’automne dernier, en conséquence de certaines difficultés, n’y est pas retourné.

Extrait de la lettre de M. Dawson, en date du 4 juin:-
« Depuis ma lettre d’hier, j’ai vu un jong [sic], apporté de la scène de mort, à Anticosti, en dedans duquel se trouve l’inscription suivante « married J.S. to A.S. 16th april 1822; » et l’on a découvert un papier qui accompagnait les souverains dont j’ai parlé, avec la note suivante écrite au crayon – « Monsieur, – Vous trouverez 48 souverains dans un ceinturon, qui est dans mon hamac; envoyez-les en Angleterre à Mary Harrington, Barrack Street, Cove, vu qu’ils appartiennent à son fils.
B. Harrington.

Mgr Charles Guay a consacré quelques pages fort intéressantes à l’affaire du Granicus dans ses Lettres sur l’Ile d’Anticosti (PDF) p.130 à 140. Il rapporte le témoignage du capitaine Benoît Giasson qui faisait partie du groupe de Madelinots ayant découvert les victimes du Granicus. L’homme au hamac, le dernier à mourir,  est décrit comme étant « un mulâtre, de couleur assez noire, ayant plus de six pieds, aux épaules colossales. Il paraissait avoir joui d’une force herculéenne ».

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La colonisation de l’île d’Anticosti réussira-t-elle? [1878]

Le sorcier de l’île d’Anticosti: la légende (XIXe siècle) Première partie

Le sorcier de l’île d’Anticosti: l’homme derrière la légende (XIXe siècle) Deuxième partie

Un chocolatier français à l’Ile d’Anticosti, Henri Menier

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