Patrimoine, Histoire et Multimédia

Découvrir l'histoire et le patrimoine du Québec et des Francos-Américains aux XIXe et XXe siècles par Vicky Lapointe


Poster un commentaire

La famille Martineau quitte le Québec pour le Dakota du Nord [1885]

Le Progrès de l’Est, 16 juin 1885

« Ste Edwige de Clifton
-Notre paroisse vient de perdre l’un de ses citoyens les plus estimés et respectés. M. Guillaume Martineau, établi ici depuis plus de vingt-cinq ans, est parti la semaine dernière, avec sa famille, pour le Dakota, où il a un de ses frères [note: Adrien?] qui l’y a précédé il y a environ trente ans et a amassé une jolie fortune. Un de ses fils, l’aîné, est à l’école à Pembina depuis quatorze mois. Il va se fixer dans les environs de Neche, comté Pembina, à environ sept milles de la frontière du Canada. Il est parti d’ici jeudi dernier, devant s’arrêter en route à St. Marcel, comté Richelieu, où demeure la famille de son épouse, née Dumonlin. Il a dû se remettre en route lundi pour continuer son long voyage, viâ Winnipeg. Avant son départ, ses nombreux amis lui ont présenté de forts jolis cadeaux, comme marque de reconnaissance pour ses nombreux services et comme souvenir. Il a été fort touché de cette expression de sympathie et c’est à peine s’il a pu remercier ceux qui s’empressaient autour de lui, tant l’émotion s’était emparé de lui. Il m’a prié d’offrir ses remerciements les plus sincères à ses bons amis, M. le curé Lussier en tête, et de leur dire qu’il emporte d’eux tous le meilleur souvenir. Dans sa personne, le canton de Clifton perd l’un de ses habitants les plus intelligents et influents. Espérons que la séparation ne sera point pour toujours. Dans tous les cas, si elle cause ici un vide difficile à remplir, les Canadiens-français de là-bas peuvent se féliciter de l’acquisition qu’ils vont faire. Nous souhaitons à notre ami succès, prospérité, bonheur dans sa nouvelle patrie, et nous lui disons: à revoir!  »

Guillaume Martineau a épousé Rosalie Fonteneau dit Dumoulin à Saint-Marcel-sur-Richelieu le 10 septembre 1860. Le couple a élevé ses enfants à Sainte-Edwidge-de-Clifton.

Le recensement canadien de 1891 indique qu’une partie de la famille était déjà revenue à Sainte-Edwidge-de-Clifton.

L’arbre généalogique de la famille est en ligne (j’ignore s’il est complet).  Il donne quant même un aperçu de l’éparpillement des enfants de Rosalie et Guillaume aux États-Unis et au Canada: Romain au Dakota du Nord, Josaphat en Alberta et Aglaé à Sainte-Edwidge. Les écrits de Romain sur le Dakota ont servi à la rédaction du livre ‘Footprints from the past : St. Joseph’s Parish, 1848-1983, St. Anthony’s Parish, 1883-1983, Leroy-Bathgate, North Dakota‘.

Des bénévoles ont transcrit en 2012 les épitaphes des tombes du cimetière de Sainte-Edwidge-de-Clifton. Rosalie Dumoulin serait décédée le 1er avril 1922 et Guillaume Martineau le 29 avril 1923.

Billets reliés
John F. Vachon, photographe [États-Unis, 1914-1975]

Jour national des Canadiens-français à l’exposition de Chicago [1933]

La St-Jean-Baptiste à Minneapolis, Minnesota, en 1883

Parti sans laisser d’adresse [Coaticook, juillet 1891]


1 commentaire

Sergueï Rachmaninov donne un récital à Montréal en 1920

La Patrie, 28 février 1920

La Patrie, 28 février 1920

La Patrie, 1er mars 1920

RACHMANINOFF AU MAJESTE

Le maître Rachmaninoff, modeste et si distingué, a reçu une ovation bien mérité quand, hier après-midi, il apparaissait au His Majesty. Le célèbre pianiste et compositeur russe était déjà connu à Montréal, et il revenait devant un auditoire conquis à son art, depuis sa première visite.

Le récital a débuté par une étude, Opus 3, de Pagnanini-Schumann et une sonate, Opus 58, de Chopin, rendues avec une maîtrise parfaite.Les quatres études de Chopin ont suivi. Le charme et la délicatesse de ces oeuvres ont apru dans toute leur grâce exquise et leur finesse prenante sous les doigts de Rachmaninoff et par son âme exprimée fortement.

Le grand artiste russe est aussi un auteur. Les tableaux de Rachmaninoff ont été rendus […], il va sans dire, avec une perfection que bien d’autres ne réussiraient jamais égaler.

Une étude de Rubinstein, une de Seriabine, deux de Listz et une de Paynanini-Listz terminaient le programme.

Rachmaninoff a été spécialement applaudi pour la danse des gnomes de Listz et la Campanella de Pagnanini-Listz. En rappel, l’artiste a rendu l’une de ses oeuvres et le rideau s’est fermé sous un tonnerre d’applaudissements.

Billets reliés
Edith Piaf donne un spectacle au Monument national [Montréal, 1948]

Sarah Bernhardt suscite la colère du clergé [Québec, 4 et 5 décembre 1905]

Une bourse pour le prodige André Mathieu [1936]

La voix magnifique de Mlle Eugénie Tessier [1887]


Poster un commentaire

Décédée à cause d’une boule de neige

Le Progrès de l’Est, 2 avril 1886

-On s’est ému à bon droit en ville de la fin tragique de la jeune fille Adélaïde Raymond, âgée de 22 ans, originaire de Rimouski, et employée à la fabrique Paton, morte avant-hier des suites d’une concussion du cerveau, causée par une boule de neige qui lui avait été lancée, il y a huit jours, à la sortie de la fabrique, et l’avait atteinte dans l’oreille. L’enquête s’est continuée hier soir, à l’hôtel Desruisseaux, quartier-Est. On avait attendu le retour du Dr Paré qui était absent hier à Weedon.

Fille de William Raymond et Virginie Thibeault, âgée de 23 ans au moment du décès, selon l’acte de sépulture (paroisse Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke).

Le Progrès de l’Est, 6 avril 1886

-On rapporte que le gars qui a lancé la boule de neige à la tête de l’infortunée fille Raymond, est un jeune Lefebvre, qu’on rencontre rarement, paraît-il, sans le trouver avec quelque projectile à la main. Il y a deux versions touchant le cas actuel. Les uns disent que c’est un morceau de glace, détaché du sabot d’un cheval, qui a été lancé à la tête de la victime. Quelle leçon pour l’auteur de ce méfait! Quel remords il devra éprouver toute sa vie à la pensée de ce moment d’oubli! L’autre jour, M. A. Paton, le directeur de la manufacture, a fait aux employés une leçon qui produira probablement de bons fruits. A bas cette pratique barbare et stupide des boules de neige!

Billets
Drame à Saint-Alban, 23 février 1890

Une voiture électrique à Sherbrooke en 1912

L’explosion d’un colis cause un décès à Sherbrooke [1913]

Explosion dans une usine d’obus [Sherbrooke, 1917]

11 conseils pour éviter les effets pernicieux du patinage [1866]


Poster un commentaire

Boissonneau alias Gendron [Détroit, 1825]

Le Canadien, 9 février 1825

Boissonneau alias Gendron – Nous apprenons qu’une personne de la paroisse Ste. Anne du Détroit de Michigan, dans les États-Unis, a fait application à une personne de cette ville pour prendre des informations relativement à François Gendron. Cet homme a été condamné à mort en cette ville en 1817, pour sacrilège et vol avec effraction, mais à reçu son pardon. Il paraît qu’il s’est établi dans la paroisse ci-dessus mentionnée, sous le nom de Boisonneau, et par une conduite insinuante et sans doute exemplaire a gagné la faveur de Messire Richard, Prêtre, curé de l’endroit, qui le fit Bedeau et sacristain de l’église. Il n’est pas improbable que la réforme dans les principes de cette personne peut être assez bien établie pour lui assurer la continuité de sa charge actuelle, et peut l’emporter sur la mauvaise impression que la connaissance de sa conduite précédente pourrait autrement produire. – Canadian Spectator.

Billets reliés
Alexandre Hamelin n’est plus! [Détroit, 1849]

Dévoilement d’une statue de Robert Cavelier de LaSalle à Chicago [1889]

Ann Wiley, bourreau (1775, Détroit)

Statue et plaques commémoratives de l’expédition de Lamothe Cadillac à Détroit en 1701


Poster un commentaire

Une inondation en Beauce [1917]


Les Beaucerons ont vécu plusieurs inondations au cours de leur histoire, particulièrement au printemps, à la fonte des glaces. Mais la plus désastreuse de ces inondations s’est déroulée en plein été.

« L’Action catholique, 1er août 1917

L’INONDATION CAUSE UN DÉSASTRE INCALCULABLE DANS LES VILLAGES DE BEAUCE
__
STE-MARIE ET SCOTT SONT RAVAGÉS – NOMBRE DE MAISONS SONT INONDÉES ET EMPORTÉES PAR LES FLOTS. – LES RÉCOLTES SONT DÉTRUITES. – NOMBREUX SAUVETAGES. – UNE PERTE DE PRÈS DE DEUX MILLIONS

L’EAU A COMMENCÉ À SE RETIRER HIER SOIR.
__

La nouvelle inondation de la Beauce résultant des pluies torentielles de lundi est la plus désastreuse que l’on ait enregistré depuis longtemps. Les pertes matérielles sont énormes; le bois seulement, qui a été emporté et qui descend actuellement au gré des flots dans le Saint-Laurent, est évalué à plus d’un million.

L’endroit qui a le plus souffert des dégâts est le village de Sainte-Marie de Beauce que la crue des eaux a presqu’entièrement inondé. L’eau a atteint même les rues les plus reculées. Nombre de personnes surprises dans leur demeure par les flots sans cesse augmentant de volume, eurent toutes les peines du monde à s’échapper; beaucoup n’y réussirent qu’avec des canots. Nombre d’habitations ont été partiellement démolies, la force du courant ayant renversé leur base. Dans les basses-cours, les bestiaux, à maints endroits, ont péri.

Entre Sainte-Marie et la jonction de Scott, la voie du Quebec Central est couverte de 11 pieds d’eau. Le pont de Valley Jonction, emporté par le courant, est descendu jusqu’à Sainte-Marie et a frappé le pont en fer de cette localité, qui a été endommagé.

Impression | Église Sainte-Marie-de-la-Beauce, Sainte-Marie-de-la-Beauce, QC | MP-0000.1080.13

Église Sainte-Marie-de-la-Beauce, Sainte-Marie-de-la-Beauce, QC vers 1910.

Les rues de Sainte-Marie de la Beauce sont changées en torrents et en cascades, et un grand nombre de maisons se sont écroulées dans les flots tumultueux. On ne rapporte pas encore de pertes de vies, mais des familles entières se sont refugiées aux étages supérieurs ou sur les toits, complètement isolées et sans moyens de sauvetage, et l’eau monte toujours, avec une rapidité stupéfiante. Comme les fils de téléphone ont été entraînés dans la chute des poteaux, il ne reste plus d’autres moyens de communication que le chemin du roi, encore qu’il faille y circuler très lentement jusqu’à la partie inondée, tout détrempé qu’il est par les fortes pluies de ces derniers jours.

Pendant un certain temps, l’eau montait à raison d’un pouce par dix minutes. Elle a atteint, chose unique, les endroits les plus élevés de Sainte-Marie. La plupart des maisons sont remplies et ceinturées d’eau. L’une des premières à s’écrouler fut celle de Madame Marie Morissette, sur les rives de la rivière Chaudière, et ses débris flottent sur les eaux. Madame Morissette fut aperçue flottant sur l’eau, et M. Ernest Mercier, accourant dans un canot, put maintenir la malheureuse par les cheveux dix minutes, jusqu’à ce qu’une autre embarcation vint lui prête main-forte. On dit qu’il y a déjà eu cinq sauvetages aussi dramatiques que celui-là.

Toutes les communications, téléphoniques, télégraphiques ou par chemins de fer sont interrompues. On ne peut atteindre que le village de Scott où la situation est tout aussi désastreuse, sinon plus, qu’à Sainte-Marie. A Scott, toutes les maisons ont été inondées jusqu’au premier étage, et la population dût chercher refuge sur les hauteurs environnantes. La plupart des habitants de la localité n’ont rien sauvé ou à peu près. Ils ont passé la nuit dans des granges qui offraient quelque sécurité contre les flots. Beaucoup d’habitations ont été emportées. Il y en a quelques-unes, aujourd’hui, sur la voie du Quebec Central, qui est recouverte, aussi, de grandes quantités de bois de pulpe. On ne rapporte pas de pertes de vies mais il y a eu de nombreux sauvetages et beaucoup l’ont échappé belle.

Le Québec Central ne fait aujourd’hui qu’un service local jusqu’à Scott et continuera plus loin, à mesure que les conditions le permettront. L’eau a commencé à se retirer et on espère que ce soir, la rivière Chaudière aura repris son cours normal. Un convoi du Quebec Central quittera Lévis à 3.40 heures cet après-midi pour Sherbrooke, par le Grand-Tronc afin d’accomoder les passagers de Sherbrooke à Leeds. On estime que l’eau a monté, hier à raison d’un pied par heure.

LES PERTES DE BOIS

On estime les pertes de bois seulement à plus d’un million. Toutes les estacades se sont rompues et des centaines de mille cordes de bois de pulpe et de billots s’en vont à la dérive sur le Saint-Laurent. Le fleuve en était tellement rempli, hier, que la navigation devint un moment impossible et plusieurs navires durent jetés [sic] l’ancre. A la Chaudière, entre une heure et trois heures, hier après-midi, il y avait tellement de bois que l’on aurait pu traverser la rivière à pied sec. Les compagnies qui subissent des pertes sont la Brown Corporation, la Cie Breakey, la Cie Atkinson et la Cie H. B. Howard. L’une des propriétaires est d’avis que l’écluse du lac Mégantic a dû se briser pour qu’une telle inondation ait eu lieu.

De l’avis des vieux Beaucerons une inondation aussi désastreuse ne s’est pas vue depuis longtemps. On se demande un peu partout à quoi l’attribuer. Sans doute elle est due tout d’abord aux pluies torrentielles et au déboisement de la région, mais on se demande si le flottage du bois sur la rivière ne se fait pas dans des conditions qui sont en grande partie cause de ce désastre.

[…]  »
Pour en savoir plus sur l’histoire des inondations en Beauce, lisez: « 1773 à aujourd’hui : catastrophes hydrologiques en Beauce » par Fernand Grenier, Cap-aux-Diamants : la revue d’histoire du Québec, n° 82, 2005, p. 14-19.

Billets reliés
Une arrestation qui tourne au drame [Beauce, 1877]

Détresse dans le comté de Beauce [1837]

100 Polonaises viennent travailler à Saint-Georges-de-Beauce [mai 1947]

Le patrimoine religieux de Sainte-Marie de Beauce


Poster un commentaire

Plaidoyer pour les bibliothèques paroissiales [Ayer’s Cliff, 1901]

Le Progrès de l’Est, 9 avril 1901

Ayer’s Flat [Note: auj. Ayer’s Cliff]
-Les citoyens du village de Ayer’s Flat viennent de jeter les bases d’une bibliothèque publique avec une centaine de volumes. C’est un humble commencement mais digne d’un bel éloge. Quand les autres municipalités en feront-elles autant? Toutes les paroisses devraient avoir leur bibliothèque publique avec quelques centaines de volumes sur les arts, les sciences usuelles, l’agriculture, l’histoire, la géographie, etc, l’histoire et la géographie, de notre pays devant y tenir la première place ainsi que les bons écrits de tout genre des hommes de lettres canadiens. L’établissement de petites bibliothèques paroissiales serait aisé si l’on voulait s’en donner la peine et montrer un peu de bonne volonté.

Billets reliés
Une visite de la bibliothèque municipale de Montréal en 1943

Un criminel américain capturé en Estrie [19 août 1913]

Parti sans laisser d’adresse [Coaticook, juillet 1891]

Inauguration de la bibliothèque Saint-Sulpice de Montréal [1915]


1 commentaire

A la recherche de tourtereaux [St-Jean, 1909]

La Patrie, 21 septembre 1909

« A LA RECHERCHE DE TOURTEREAUX

LA POLICE DE SAINT-JEAN TENTE DE RETRACER DEUX JEUNES AMOUREUX PARTIS DEPUIS HIER
_
(Spécial à la PATRIE)

SAINT-Jean, Qué., – Un jeune amoureux vient de quitter la ville. M. Philias Lefebvre, journalier de cette ville, âgé de 19 ans, est le déserteur, et il est parti avec une jeune fille de 15 ans, nommé Mina Boissonneault, fille de Mme veuve E, Boissonnault, de cette ville. La fillette travaillait depuis 15 jours comme fille de chambre de l’hôtel Balmoral, tenu par M. Hilaire Cartier. Elle recevait depuis quelques mois, malgré sa mère, les visites assez fréquentes du jeune galant, et l’on croit qu’ils avaient comploté ce départ inattendu. Ils ont quitté St-Jean, hier matin, vers 6 heures, pour St-Hyacinthe, par la voie de St-Lambert, car ils ont pris des billets pour ce dernier endroit. Mme Boissonnault est dans la désolation et c’est en sanglotant qu’elle nous a raconté cette triste affaire. Elle s’est adressée aux autorités policières pour faire arrêter les déserteurs et le grand connétable Massé a télégraphié à St-Lambert et St-Hyacinthe, demandant la surveillance de ses confrères.

Billets reliés
A la recherche de son mari [Saguenay, 1902]

L’ex-député Joseph-Octave Morin est porté disparu [Abitibi, 1920]

Recherchée par son père [Woonsocket, Rhode Island 1931]

Décédé après six jours de mariage [1900]

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 591 autres abonnés