Publications en libre accès du CRILCQ

Par Vicky Lapointe

Le plus récent bulletin du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal (LHPM) nous informe que le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ) diffuse en libre accès certaines de ses publications. Ces ouvrages, en format PDF, font partie des collections suivantes: Cahiers de l’espace de Saint-Denys-Garneau, Contemporanéités, Isberg (représentations du Nord), Prégnance, Référence, Séminaires, Interlignes, Études et Convergences. Acédez à ces collections (d’abord publiées par Codicille éditeur et Nota Bene) en cliquant sur le lien suivant: http://www.crilcq.org/collections/

Parmi les ouvrages disponibles:

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Capture d’écran site internet du CRILCQ

D’autres publications portent sur les oeuvres de Gaston Morin, Réjean Ducharme, Gabrielle Roy, Angéline de Montbrun, etc

Suggestions de lecture
La lecture des mauvais livres [1880]

Décès de l’ethnologue Jean-Claude Dupont

Mise à l’index du roman Les demi-civilisés de Jean-Charles Harvey [25 juillet 1934]

Anastasie ou la censure du cinéma au Québec

Celina Géhu et David Lapierre

par Vicky Lapointe

Ce nom a tout de suite attiré mon attention. Qui pouvait bien être Célina Géhu, décédée à Sainte-Justine, Dorchester (auj. Bellechasse) le 22 janvier 1912 à l’âge de 68 ans? Géhu est un nom de famille assez rare au Québec. Les Géhu ont laissé des traces dans les registres paroissiaux catholiques en Gaspésie et dans les régions de Montmagny et de Bellechasse. C’est un patronyme dont l’orthographe a varié au fil des ans: Géhu, Jehu, Jegue, Jaigue, Gegu, Gagné, etc.

  1. Les Géhu
  2. David Lapierre
  3. Des Géhu en Nouvelle-Angleterre
  4. En résumé

1. Les Géhu

Louis, l’ancêtre des Géhu du Québec, a épousé Marie-Louise Blais à Berthier-sur-Mer le 18 février 1765. Selon Nos Origines, il serait né vers 1736 à Pleurtuit, Ille-et-Vilaine (France). Je n’ai pas trouvé de traces de ce breton dans le Fichier Origine, qui recense les « émigrants français et étrangers établis au Québec des origines à 1865 ». Peut-être Louis Géhu était-il un soldat ayant participé à la guerre de Sept ans?


Louis Géhu et Marie-Louise Blais ont eu au moins sept enfants: Louise (Etienne Renaud), Louis (Madeleine Boulay), Marie (Charles Couture), Julien (Marcelline De La Durantaye, Marie-Reine Fournier), Louis-Jean, Marie-Marguerite et Véronique. Louis-Jean est décédé en bas âge et Louis ne semble pas avoir eu d’enfant. Par contre, Julien est le père d’au moins neuf enfants, dont Michel et Julien.

Revenons à Célina Géhu. Âgée de 68 ans à son décès, elle serait donc née vers 1844. La consultation du site web du Programme de recherche démographique historique (PRDH) ne m’a pas permis de connaître sa date et son lieu de naissance.

Elle s’est mariée à au moins deux reprises: la première fois avec David Lapierre (date et lieu inconnus) et la seconde fois avec Jean « Johny » Richard à Sainte-Justine le 8 janvier 1884.

J’ai laissé il y a quelques jours un message sur le forum de Nos Origines pour trouver plus d’informations sur le mariage de Célina Géhu et de David Lapierre. Une participante, Jacynthe, m’a fait remarquer que Célina apparaissait dans les recensements canadiens de 1852,  de 1871 et de 1891. Je tiens à remercier une autre participante, Renée, pour son aide.

Voyons maintenant ce que nous apprennent les recensements canadiens à propos de Célina Géhu.

Recensement canadien 1852 L’Islet
Julien Gaigue 42 ans
Geneviève Fournier 41 ans
Magloire Gaigue 15 ans
Célina Gaigue 12 ans
Geneviève Gaigue 10 ans
Philomène Gaigue 10 ans
Déline Gaigue 5 ans
Séraphine Gaigue 3 ans

Recensement de 1861- où est-elle?

Recensement canadien 1871 St-Gervais
Michel Gégu 55 ans
Philomène Gégu 27 ans
Michel Gégu 19 ans
Télévine? Gégu 10 ans
Adéline Gégu 22 ans
Célina Gégu 31 ans
Adélard Gégu 5 mois

Recensement de 1881, où est-elle?

Recensement canadien 1891 Ste-Justine
Jean Richard 45 ans
Delina Richard 45 ans
Recensement canadien 1901 Ste-Justine
Jean Richard 55 ans
Célina Richard 56 ans (née le 15 mai 1845)
Recensement canadien 1911 Ste-Justine
Jean Richard 65 ans
Célina Richard 68 ans (née le 1? mai 1842)

Célina est donc née entre 1840 et 1845. Le dépouillement des actes de baptêmes de Montmagny – indiqué comme son lieu de naissance dans le recensement canadien de 1911 – n’a pas permis de confirmer cette information. Les recensements de 1901 et 1911 nous apprennent par contre qu’elle parlait français et anglais. Dans quelles circonstances a-t-elle acquise sa maîtrise de l’anglais? Sainte-Justine est située près de la frontière du Maine, mais il s’agit d’un village essentiellement francophone. Aurait-elle séjournée en Nouvelle-Angleterre?

2. David Lapierre

Le premier mari de Célina Géhu, David Lapierre, est décédé à Sainte-Justine le 25 janvier 1882 à l’âge de 53 ans. Il serait donc né vers 1829. La consultation du PRDH permet de repérer un candidat intéressant, soit David Denis (Denis dit Lapierre) né à Saint-Gervais en 1826. Il a épousé à Saint-Sylvestre de Lotbinière le 3 octobre 1848 Marguerite Gautron dit Larochelle. Leurs enfants sont nés à St-Sylvestre, Saint-Ferdinand-d’Halifax et Sainte-Sophie. En 1871, les Lapierre résident à Sainte-Justine. Au décès de David et Anna à St-Léonard d’Aston en 1875, il est écrit dans les registres que leur mère, Marguerite, est décédée. David Lapierre est donc devenu veuf entre 1871 et 1875.

Je ne trouve pas David Lapierre dans le recensement canadien de 1881. Peut-être son nom a-t-il mal été indexé ou bien au moment du recensement, était-il à l’extérieur du pays, par exemple en Nouvelle-Angleterre?

Sa fille Marguerite est décédée à Concord, New Hampshire, en 1911. Elle a épousé, probablement aux États-Unis, Peter Daily ou Dailey.

3. Des Géhu en Nouvelle-Angleterre

Un peu plus tôt, je vous ai parlé de Michel Géhu, fils de Louis Géhu et de Marie-Louise Blais. Célina habite chez lui à Saint-Gervais en 1871. Il s’agit probablement de son oncle. En 1874, Michel réside en Nouvelle-Angleterre. Deux de ses enfants décèderont dans cette partie du monde soit  Marie, à Fall River, Massachusetts,  le 11 décembre 1874 puis  son fils Michel (Micheal), inhumé à Seymour,  Connecticut, en 1916. Sur le site Find a grave, on trouve deux Gehu inhumés à Seymour, soit Mary A (Agnès?), femme de Michael (d. 1926) et Edouard (d. 1914).

4. En résumé

Je recherche les informations suivantes:

Date et lieu de naissance de Célina Géhu (entre 1840 et 1845) .

Lieu et date du mariage de Célina Géhu et David Lapierre (peut-être en Nouvelle-Angleterre).

Lieu et date de décès de Marguerite Gautron dit Larochelle, épouse de David Lapierre (entre 1871 et 1875).

À suivre…

Hommage à Claude Lapointe (1934-2016)

par Vicky Lapointe

Mon grand-oncle Claude Lapointe est né à Sainte-Justine, comté de Bellechasse, Québec, le 31 décembre 1934, fils d’Évangéliste Lapointe et d’Elise Lessard. Baptisé Jean-Claude, tout le monde l’appelait Claude. Il était le 12e d’une famille de quinze enfants.

Claude a passé son enfance sur la terre du 6e rang de Sainte-Justine où Evangéliste et Elise s’étaient établis peu après leur mariage en 1914. C’était l’époque où toute la famille, même les enfants, participaient aux travaux agricoles.

Claude et son frère Adrien à Ste-Justine.  Années 40.
Claude et son frère Adrien à Ste-Justine. Années 40.

En 1944, Evangéliste décède. Trois ans plus tard, mon arrière-grand-mère vend la terre familiale et fait l’acquisition d’une maison au coeur du village.

Claude vers 1950. Maison d'Elise à Sainte-Justine.
Claude vers 1950. Maison d’Elise à Sainte-Justine.

La forêt a toujours été un élément très important dans la vie de Claude.

Il a travaillé pendant quelques années en Ontario, conduisant de la machinerie lourde dans le bois. Puis il est retourné au Québec pour prendre soin de sa mère.

Aimant la nature, il a été propriétaire d’une érablière et de deux lots à bois.

Cabane à sucre de Claude.
Cabane à sucre de Claude.

Le 10 décembre 1999, il a épousé à Sainte-Justine Monique Côté qui a pris soin de lui de façon admirable ces dernières années.

Claude, Monique et Lucille, soeur de Claude.
Claude, Monique et Lucille, soeur de Claude.

Il est décédé chez lui, à Sainte-Justine, le 21 mai 2016, après une longue lutte contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA).

Chronologie de Montréal

Par Vicky Lapointe

Je vais vous présenter brièvement aujourd’hui deux ressources en ligne sur l’histoire de Montréal.

D’abord, le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal (LHPM) de l’UQAM a mis en ligne une chronologie de l’histoire de Montréal. Cette liste contient (pour le moment) plus de 1547 événements  répartis en six thèmes: Population, Économie, Société, Politique, Espace et culture. Certains éphémérides sont accompagnés d’une illustration.

Pour découvrir cette ressource, cliquez ici.

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Capture d’écran Chronologie de Montréal

Ensuite, pour approfondir les événements présentés, le LHPM vous suggère de consulter sa Bibliographie sur l’histoire de Montréal qui recense près de 15 000 articles, articles d’encyclopédie, chapitres, ouvrages, pages web, rapports, thèses ou mémoires.

En somme, deux belles ressources pour s’initier à l’histoire de Montréal et qui continueront d’être bonifiées dans les mois à venir.

Autres billets à lire

Indexation collaborative

Bilan du Siècle

Adhémar Bases de données du Groupe de recherche sur Montréal Propriété, bâti et population à Montréal, 1642-1805

Décès de l’ethnologue Jean-Claude Dupont

par Vicky Lapointe

La Société québécoise d’ethnologie a annoncé le 17 mai le décès de l’ethnologue québécois Jean-Claude Dupont (1934-2016).

Pour en savoir plus sur sa contribution à l’ethnologie québécoise, je vous invite à lire cet article de la SQE, Hommage à Jean-Claude Dupont, publié en 2015.

BANQ a numérisé et mis en ligne sept de ses livres sur les légendes du Québec:

  • Contes de bûcherons

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406261

  • Le légendaire de la Beauce

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406264

  • Légendes du Saint-Laurent : récits des voyageurs

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406244

  • Légendes du coeur du Québec

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406245

  • Légendes des villages

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406246

  • Légendes de la Gaspésie et des Iles de la Madeleine

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406268

  • Légendes de la Côte-Nord : de Tadoussac à Blanc-Sablon

http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2406271

 

 

Inhumé dans la partie du cimetière paroissial réservée ad hoc [St-Anselme, 1881]

Par Vicky Lapointe

Aujourd’hui, je vais vous raconter un drame vécu par la famille Aubin de Saint-Anselme, Québec, en 1881.

Denis Aubin et Esther Giasson se sont mariés à St-Anselme le 10 novembre 1855.Le recensement canadien de 1871 à St-Anselme nous apprend que Denis Aubin et sa femme étaient analphabètes. Denis cultivait la terre pour faire vivre sa famille composée de six enfants soit Esther (14 ans), Séraphin (10 ans), François (8 ans), Marie (6 ans), Louis (4 ans) et Rozalie (3 ans).

10 ans plus tard, le 6 avril plus précisément, le recenseur s’est de nouveau arrêté chez les Aubin. La famille demeure toujours à Saint-Anselme. Une fillette s’est ajoutée à la famille, Louise, née vers 1875. L’âge indiqué pour Louis, soit 17 ans, est inexact. Les garçons aident leur père sur la ferme. Les deux plus jeunes, Rose (Rozalie) et Louise vont à l’école. L’autre soeur, Marie, 18 ans, est atteinte d’aliénation mentale.

Quelques semaines plus tard, Louis, 14 ans, est retrouvé pendu dans une grange appartenant à sa famille. Le coroner, le Dr A. Morisset concluera à un suicide.

Louis avait vu le jour le 27 décembre 1866 à St-Anselme.

Dans son édition du 27 octobre 1881, Le Canadien qualifie la famille Aubin de « mendiants ». Le drame s’expliquerait par « la misère et l’abrutissement ». Le journaliste a-t-il lu le rapport du coroner? A-t-il parlé à des paroissiens de Saint-Anselme? On l’ignore.

L’inhumation a eu lieu le 26 octobre à Saint-Anselme. Notez que Louis Aubin a été inhumé « dans la partie du cimetière paroissial réservée ad hoc » (la section non consacrée) après permission du coroner.

Registres paroisse Saint-Anselme, S33, 19e feuillet. Family Search.

Sources consultées:

Base de données Les enquêtes des coroners des districts judiciaires de Beauce, 1862-1947, de Charlevoix, 1862-1944, de Montmagny, 1862-1952, de Québec, 1765-1930 et de Saint-François (Sherbrooke), 1900-1954 (BANQ)

Le Canadien, 27 octobre 1881

Autres billets à lire

Histoires montréalaises

Le 15-18 est une émission consacrée à l’actualité et diffusée du lundi au vendredi sur les ondes d’ICI Radio-Canada dans la région de Montréal (CBF-FM). Chaque mercredi, les auditeurs peuvent entendre la chronique du journaliste et historien Jean-François Nadeau  sur l’histoire de Montréal. Découvrez (ou redécouvrez) des gens, des lieux et des événements qui ont marqué l’histoire de cette ville qui célébrera l’an prochain son 375e anniversaire de fondation. Vous pouvez écouter ces chroniques sur le site de Radio-Canada et voir des images des lieux visités par Jean-François Nadeau et l’animatrice Annie Desrochers à l’adresse suivante: http://ici.radio-canada.ca/emissions/le_15_18/2015-2016/en-route-vers-le-375e/ Autre option: ce lien-ci. Les chroniques sont alors classées par mois de diffusion.

Les chroniques déjà diffusées portaient sur le tunnel du mont Royal, le microbiologiste Armand Frappier, les musées de cire, la prison du Pied-du-Courant, les incendies de 1852, l’écrivain et journaliste Arthur Buies, le village des Tanneries, le faubourg à m’lasse, les duels,  etc.

Bonne écoute!

Vicky

radiocan
Site internet du 15-18 Ici Radio-Canada

 

Décormag et autres publications en ligne

Depuis plusieurs années, la Bibliothèque et archives nationales du Québec (BANQ) numérise et met en ligne des journaux et revues historiques. Neuf nouveaux titres sont maintenant disponibles. Il s’agit de L’Album musical (1882-1884), Les ateliers d’arts graphiques (1947-1949), La Seigneurie (1965-, publié à Boucherville), La Relève (1934-1941), Le Bulletin / Chambre de commerce du district de Montréal (1899-1949), la Femme (1908-1910) ainsi que le célèbre Décormag (1972-1987 et 1987-2012).

Ajoutons à cette liste Décormag collection (1987) . Vous devinerez qu’il s’agit d’un magazine dédié à la décoration. TVA Publications a annoncé l’an passé qu’il allait en cesser la publication. Consulter cette publication permet de voir l’évolution des tendances en décoration, en architecture, mais aussi en matière de publicité. Rappelez-vous l’époque où les cigarettiers pouvaient librement s’annoncer dans les médias… Je ne vous en dis pas plus, allez faire un tour sur le site de la BANQ.

Autre voyage dans le temps: Allô Police. Google a numérisé il y a plusieurs années des exemplaires publiés entre 1953 et 1956. Toute un incursion dans le monde des criminels!

Bonne lecture!

Vicky

Les archives du Séminaire de Québec

Les Musées de la civilisation de Québec ont mis en ligne une nouvelle vidéo dans le cadre de la série Chantiers des archives. Cette fois-ci, on se penche sur la conservation des archives du Séminaire de Québec, archives inscrites au registre Mémoire du monde de l’UNESCO. La vidéo est à la fin de ce billet.

Pour en savoir plus sur le séminaire de Québec, consultez cet article de l’Encyclopédie du patrimoine de l’Amérique française.

L’utilisation de Youtube pour la diffusion de l’histoire et du patrimoine du Québec a été évoquées sur ce blogue à plusieurs reprises: Vidéos sur l’histoire et le patrimoine du Québec sur YoutubeYoutube: vidéos du Festival interculturel du conte du QuébecRestauration du livre d’écrou de la prison Pied-du-Courant de MontréalLes îles du Saint-Laurent et les Paysages de la Nouvelle-France et Félix Leclerc raconte… les légendes du Québec.

Bon visionnement!

Octave Chabot, de Ste-Justine à la Floride (1872-1939)

par Vicky Lapointe

Octave Chabot est né à Sainte-Justine, comté de Dorchester (auj. Bellechasse) le 26 novembre 1872, fils de Ferdinand Chabot, cultivateur, et de Luce Goulet (mariage à St-Vital de Lambton le 11 février 1861). Il s’agit d’un des neveux de mon arrière-arrière-grand-mère Obéline Tanguay.

Ferdinand Chabot décède à l’âge de 39 ans le 4 avril 1879, laissant une veuve et trois enfants, Octave (14 ans), Clovis (8 ans) et Olympe (4 ans). Plusieurs enfants du couple sont morts en bas âge. Lors du recensement de 1881 , la famille Chabot réside encore à Sainte-Justine, mais selon les données des recensements américains, elle quitte le Québec en 1882 ou en 1883, comme bien des Canadiens français.

Grâce au site de Family Search, on en sait plus sur certaines étapes du parcours d’Octave Chabot aux États-Unis.  En traversant la frontière les Chabot font la transition entre un milieu agricole et campagnard à un milieu urbain et manufacturier.

En 1900, Lucie Goulet Chabot et son fils Octave habitent à Cohoes city, comté d’Albany, état de New York, New York. Ils sont locataires d’un appartement rue Saratoga Il est précisé que madame Chabot a eu 15 enfants, dont trois sont vivants. Madame Chabot ne peut ni lire, écrire ou parler l’anglais. On en déduit que le français reste pour elle la langue de tous les jours. Plusieurs francophones, attirés par les emplois dans les manufactures, habitent à Cohoes. En 2003, Donald J. Cosgro a retranscrit une liste des personnes décédées dans cette ville en 1899-1900. Plusieurs noms francophones y figurent (Cliquez ici pour consulter cette liste). Revenons à Octave. Le recensement nous apprend qu’il peut lire et parler l’anglais, mais pas écrire dans cette langue. Il exerce le métier de ‘winder (dévideur?) – Knitting mill’. Il est naturalisé citoyen américain.

Au même domicile, on retrouve Olympia Poisson et son fils William. Nous supposons donc qu’il s’agit de la soeur d’Octave. Le recensement ne nous fournit pas le nom de son mari, mais il nous révèle qu’elle travaille elle aussi dans une filature et occupe le même type d’emploi que son frère soit ‘winder’, qu’elle est mariée depuis cinq ans et qu’elle a donné naissance à trois enfants dont un seul est encore vivant, William, né en août 1897. Leurs voisins portent des patronymes francophones: Ducharme, Paradis, Fontaine, Deslauriers et Giroux.

Dévideuse (cone winder) à Indian Orchard, Massachusetts, 29 juin 1916 par Lewis Wickes Hine, Bibliothèque du Congrès.
Dévideuse (cone winder) à Indian Orchard, Massachusetts, 29 juin 1916 par Lewis Wickes Hine, Bibliothèque du Congrès.

Quelques années plus tard, c’est la première Guerre mondiale qui débute. C’est la conscription aux États-Unis. Octave, puisqu’il a moins de 46 ans, mais plus de 18 ans, remplit sa carte d’enregistrement en septembre 1918 au Massachusetts, où il demeure maintenant. Au 629 River St, Boston, plus précisément. Il déclare avoir un problème de vision ‘eyesight defection’.  Il est un travailleur du textile à la Peerless Mills Co de Boston. Son plus proche parent est Clovis Chabot, habitant au 152 Congress St Cohoes Albany New York. il n’est pas fait mention de sa mère, peut-être est-elle décédée.

Publicité de la Peerless Knitting Mills Co publiée dans le Boston Evening Transcription du 8 mai 1912.
Publicité de la Peerless Knitting Mills Co publiée dans le Boston Evening Transcript du 8 mai 1912.

Voyons maintenant ce que nous apprend le recensement américain de 1920. Octave Chabot est alors résident de Brooklyn, New York, rue Stanhope. Il est pensionnaire chez Roderick Champagne et son épouse Mary. Célibataire, il est ‘winder’ dans une manufacture de tricot.

Lors du recensement américain suivant, qui a eu lieu en 1930, Octave n’habite plus New York, mais Allentown, Pennsylvania. Il est pensionnaire chez John A. Bonner. Il est ‘knitter’ dans une manufacture.

Le parcours professionnel d’Octave est constant. Il fait partie pendant plusieurs décennies de la main-d’oeuvre des manufactures, déménageant là où se trouve le travail.

Octave Chabot décède le 15 juin 1939 à Orange Park, comté de Clay, Floride, le 15 juin 1939. il n’a jamais été marié.

Sources: United States Census, 1900, United States Census, 1920, United States Census, 1930, United States World War I Draft Registration Cards, 1917-1918, Florida Deaths, 1877-1939 et Québec, registres paroissiaux catholiques, 1621-1979 Family Search.